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    Formule E

    Une saison touristique court-circuitée

    L’organisation de la course force des restaurateurs à démanteler leur terrasse

    14 juillet 2017 |Sarah R. Champagne | Montréal
    Des commerçants de la rue Ontario craignent que le démantèlement de leur terrasse, exigé par l’organisation de la course de Formule E, leur fasse perdre 85 % de leur chiffre d’affaires en pleine saison estivale.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Des commerçants de la rue Ontario craignent que le démantèlement de leur terrasse, exigé par l’organisation de la course de Formule E, leur fasse perdre 85 % de leur chiffre d’affaires en pleine saison estivale.

    Des commerçants de la rue Ontario sont forcés de démonter leur terrasse entre le 27 juillet et le 3 août pour la tenue de la course de Formule E. En pleine saison estivale, cette désinstallation leur fera perdre des dizaines de milliers de dollars, ont-ils dénoncé en conférence de presse jeudi.

     

    L’arrondissement de Ville-Marie a offert de rembourser la valeur du permis de terrasse pour ces huit jours. Les autorités ont également demandé à Montréal c’est électrique, qui organise l’événement, de rembourser jusqu’à 2000 $ en frais de démontage, d’entreposage et de réinstallation des terrasses.

     

    Mais cette somme ne suffira pas à compenser les pertes financières. « C’est une blague », a lancé Frédéric Cormier, propriétaire de la microbrasserie Station Ho.st. La clientèle assise en bordure de rue représente jusqu’à 85 % du chiffre d’affaires de M. Cormier durant les beaux jours. En ajoutant la main-d’oeuvre nécessaire au montage et au démontage de sa terrasse, il évalue qu’il perdra entre 20 000 $ et 30 000 $.

     

    « Et sûrement plus », a renchéri Luc Sénécal, copropriétaire de la brasserie Le Cheval blanc, en conférence de presse jeudi. L’embauche de travailleurs en pleine période des vacances de la construction pose en outre problème, soulignent-ils.

     

    La rue Ontario ne fait pas partie du tracé de cette course de voitures électriques. Elle constitue cependant « un axe de mobilité est-ouest essentiel, notamment pour les services d’urgence », plaide Anik de Repentigny, porte-parole de l’arrondissement de Ville-Marie. Quant au montant de la compensation, elle dit ne pas pouvoir « spéculer » sur cette question.

     

    Manque de communication

     

    Les commerçants du quartier ont aussi été surpris d’apprendre cette exigence par voie d’huissier. Il ne s’agit pas de s’opposer à la tenue de cette course, précisent-ils, mais ils dénoncent le « manque de planification » et de « transparence » de la Ville.

     

    « C’est exactement comme si on ne voulait pas nous entendre », affirme Victor Magalhaes du restaurant Le Barroso, qui devra lui aussi démonter sa terrasse.

     

    Accompagnés d’une résidente du quartier, Heidi Miller, en conférence de presse, ils ont proposé de détourner le trafic sur une autre artère moins commerciale, la rue Sherbrooke, par exemple.

     

    Le Devoir avait appris en juin dernier que la Poissonnerie La Mer, à l’angle de l’avenue Papineau et du boulevard René-Lévesque, serait forcée de fermer ses portes durant trois jours. L’administration municipale n’avait pas offert de compensation financière, même si le circuit de course allait bloquer tous les accès au commerce.

     

    Après l’envoi d’une mise en demeure, la Ville suggère de mettre en place une passerelle piétonne, ainsi qu’un stationnement alternatif, a indiqué le porte-parole de la poissonnerie, Alexander Meletakos.

     

    Des citoyens voisins du tracé ont aussi composé avec des travaux 24 heures par jour tous les jours, durant quelques semaines en mai. Exaspérés par le bruit des camions, même en pleine nuit, une vingtaine d’entre eux ont déposé des plaintes.













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