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    Montréal poursuit son combat contre l’agrile du frêne

    La Ville espère sauver quelque 50 000 arbres sur le domaine public

    21 avril 2017 |Jeanne Corriveau | Montréal
    La Ville poursuit le traitement des frênes afin de les protéger contre l’agrile. Au cours de l’été 2016, quelque 27 500 frênes ont été traités, et 37 000 autres le seront en 2017.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La Ville poursuit le traitement des frênes afin de les protéger contre l’agrile. Au cours de l’été 2016, quelque 27 500 frênes ont été traités, et 37 000 autres le seront en 2017.

    Montréal a abattu 5379 frênes publics l’an dernier en raison de l’agrile, un insecte ravageur originaire d’Asie. Malgré l’ampleur des coupes d’arbres, soit plus de 15 000 frênes depuis 2011, la Ville estime que la mortalité massive observée dans d’autres villes nord-américaines a pu être évitée à Montréal. Elle pense ainsi pouvoir sauver quelque 50 000 frênes sur le domaine public.

     

    C’est que la Ville poursuit le traitement des frênes au TreeAzin afin de les protéger contre l’agrile. Au cours de l’été 2016, quelque 27 500 frênes ont ainsi reçu l’insecticide botanique, et 37 000 autres seront traités en 2017. Sur le domaine privé, 4581 arbres ont été traités par l’entremise du programme de subvention de la Ville de Montréal.

    L’agrile du frêne L’agrile est un insecte vert métallique originaire d’Asie qui s’attaque aux frênes. Il a fait des ravages aux États-Unis et au Canada, où il a provoqué la perte de plus de 75 millions de frênes. Détecté à Carignan en 2008 et à Gatineau en 2010, l’agrile est apparu à Montréal en 2011, et son territoire n’a cessé de s’étendre depuis.

    « On a bon espoir qu’entre 50 000 et 60 000 arbres [publics] seront irrémédiablement sauvés », a soutenu le responsable du développement durable au comité exécutif, Réal Ménard, qui dressait jeudi son bilan annuel en matière de foresterie urbaine à Montréal. C’est donc plus de la moitié des 100 000 arbres du domaine public que la Ville croit pouvoir préserver.

     

    Réal Ménard avance que la stratégie du SLAM (Slow Ash Mortality), adoptée par la Ville de Montréal, a permis d’éviter les abattages massifs qu’ont connus des villes comme Detroit et Windsor, où les frênes ont été décimés. « On pense qu’on a relativement le contrôle », a-t-il dit. « Le scénario catastrophe annoncé par certains esprits lugubres ne s’est pas avéré. »

     

    Les 5379 frênes abattus l’an dernier dans les 19 arrondissements montréalais portent à 15 304 le nombre de frênes coupés sur le domaine public de 2012 à 2016 en raison de l’agrile. Au cours de la dernière année, 4087 arbres d’autres essences ont été abattus sur le territoire. La Ville ignore toutefois l’état de la situation dans les 15 villes liées de l’île de Montréal.

     

     

    L’arrondissement où le nombre de frênes abattus a été le plus élevé est celui de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles avec 778 arbres coupés, suivi d’Ahuntsic-Cartierville (671) et de Rosemont–La Petite-Patrie (520).

     

    Planter des arbres

     

    La Ville a par ailleurs poursuivi son programme de plantation d’arbres. Au cours de la dernière année, 16 143 arbres ont été plantés sur le domaine public et 13 000 arbres sur le domaine privé par Soverdi, a précisé M. Ménard.

     

    Ainsi, depuis le lancement en 2012 du Plan d’action canopée, 49 492 arbres ont été plantés sur le territoire montréalais. Rappelons que ce plan vise la plantation de 300 000 arbres d’ici 2025 à l’échelle de l’agglomération de Montréal, dont 120 000 sur le domaine public. L’agrile du frêne a toutefois freiné les efforts de la Ville, a admis Réal Ménard.

     

    En quatre ans, 23,4 millions ont été dépensés par la Ville pour la gestion de la forêt urbaine. Réal Ménard a d’ailleurs annoncé que la Ville injectera 900 000 $ pour aider les propriétaires privés à faire face aux dépenses d’abattage et de remplacement des frênes, jusqu’à concurrence de 4000 $ par propriété.

    Photo: Communauté métropolitaine de Montréal
     

    Des rues décimées

     

    L’opposition à l’Hôtel de Ville estime que la Ville a trop tardé avant d’agir contre l’agrile du frêne. « On a dormi au gaz. Ç’a des impacts majeurs », a soutenu le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet. « Il faut faire du rattrapage et ça nous coûte beaucoup plus cher que si on avait pris le taureau par les cornes dès l’arrivée de Denis Coderre [au pouvoir]. Cela fait en sorte que des rues entières sont défigurées. »

     

    Quant aux affirmations de Réal Ménard selon lesquelles Montréal a évité la mortalité massive de frênes constatée dans d’autres villes comme Detroit ou Windsor, Sylvain Ouellet croit que l’administration Coderre n’a pas un bilan enviable : « C’est sûr que quand on se compare aux pires, on peut toujours être mieux. »

     

    Projet Montréal reproche d’ailleurs à l’administration d’avoir repoussé dans le temps ses objectifs en matière de plantation d’arbres. Le Plan d’action canopée lancé en 2012 prévoyait la plantation de 65 000 arbres d’ici la fin de 2017, ce qui ne pourra être atteint.

     

    À Montréal, la présence de l’agrile avait d’abord été détectée dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve en 2011, mais depuis l’insecte ravageur a étendu son territoire au-delà des limites de la Communauté métropolitaine de Montréal.

     

    En février dernier, la Ville avait fait savoir que 292 frênes seraient coupés au parc Jean-Drapeau en 2016 et 2017 et que 61 frênes du parc du Mont-Royal devraient être abattus.













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