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    Otages canado-américains libérés après cinq ans de détention en Afghanistan

    Le secret entoure le sauvetage du couple Boyle-Coleman et de leurs trois enfants

    13 octobre 2017 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Caitlan Coleman et son mari Joshua Boyle avec leurs 2 enfants en 2016
    Photo: Taliban Media via Associated Press Caitlan Coleman et son mari Joshua Boyle avec leurs 2 enfants en 2016

    Ils avaient disparu soudainement, il y a cinq ans, dans les montagnes d’Afghanistan. Ils ont été libérés tout aussi inopinément cette semaine. Le Canadien Joshua Boyle, son épouse américaine, Caitlan Coleman, et leurs trois enfants — tous nés en captivité, sous l’emprise du réseau terroriste Haqqani — ont retrouvé leur liberté dans des circonstances qui demeuraient nébuleuses jeudi.

     

    La nouvelle est venue des autorités pakistanaises, qui annonçaient jeudi matin avoir secouru la famille avec l’aide de renseignements récoltés par les Américains. Les ravisseurs des Boyle ont traversé la frontière pakistanaise mercredi depuis l’Afghanistan, et la voiture dans laquelle ils se trouvaient a été interceptée par les forces pakistanaises, a confirmé le Haut-commissaire du Pakistan au Canada, Tariq Azim Khan, au réseauCTV. En matinée, le diplomate avait personnellement félicité les parents de Joshua Boyle, dans un courriel obtenu par Le Devoir, en se réjouissant que leur patience ait « enfin été récompensée ».

     

    Il était à peu près 1 h 30, jeudi matin, lorsque Patrick et Linda Boyle ont entendu la voix de leur fils pour la première fois depuis sa disparition en octobre 2012. Joshua a alors annoncé à ses parents qu’il pourrait les retrouver dans « quelques jours » et que ses enfants avaient hâte de rencontrer leurs grands-parents, ont confié ces derniers au Toronto Star jeudi. Des coups de feu ont été échangés lors de la libération, a confirmé le Haut-commissaire pakistanais, et Joshua Boyle aurait été blessé par des éclets de shrapnel, mais serait néanmoins en santé, selon ses parents.

     

    Le gouvernement canadien a été avare de détails. « Je ne peux pas décrire les circonstances de la libération de la famille en raison de leur sécurité », a plaidé la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui venait d’arriver à Mexico avec le premier ministre Justin Trudeau. Le Haut-commissaire pakistanais a précisé qu’ils avaient été transportés à l’ambassade américaine à Islamabad. « Le Canada a travaillé activement avec les gouvernements des États-Unis, de l’Afghanistan et du Pakistan », a insisté la ministre Freeland, en révélant que le premier ministre Trudeau avait discuté de cette libération lors de sa rencontre avec le président américain, Donald Trump, la veille. Les autorités canadiennes n’ont cependant confirmé la libération de la famille que plusieurs heures après que l’ont fait les Pakistanais et les Américains. M. Trudeau n’en a pas non plus fait mention lors de sa conférence de presse à Washington mercredi.

     

    « Hier, le gouvernement des États-Unis, en collaboration avec le gouvernement du Pakistan, a assuré la libération de la famille Boyle-Coleman au Pakistan, a annoncé Donald Trump jeudi matin. Aujourd’hui, ils sont libres. »

     

    Il était impossible jeudi de savoir quand le couple et leurs enfants seraient de retour en Amérique du Nord, ou s’ils rentreraient au Canada ou aux États-Unis. Le gouvernement canadien n’a pas voulu le préciser, pas plus que le rôle qu’il a joué dans cette opération de sauvetage.

     

    Joshua Boyle aurait cependant refusé de monter à bord d’un avion militaire américain à destination des États-Unis, selon CNN, craignant d’être la cible d’accusations ou d’une arrestation en raison de son passé. M. Boyle a été brièvement marié à la soeur d’Omar Khadr en 2009. Zaynab Khadr a été la cible d’une enquête de la GRC en 2005, mais n’a jamais fait l’objet d’accusations. Son passeport a été suspendu après qu’elle l’eut plusieurs fois rapporté volé. Elle a déjà défendu les positions d’al-Qaïda.

     

    La ministre Freeland a martelé que M. Boyle ne faisait l’objet d’aucune enquête. Le Canada n’a pas payé de rançon, a-t-elle ajouté.

     

    Le réseau Haqqani n’a pas l’habitude d’assassiner ses otages, préférant s’en servir pour négocier des rançons ou pour obtenir en échange la libération de membres de son organisation, une demande réitérée pendant la captivité des Boyle-Coleman. Un représentant américain a assuré àCNNqu’il ne détenait aucune preuve que des membres du groupe Haqqani emprisonnés par le gouvernement afghan aient été relâchés dans le cadre d’un échange de prisonniers.

     

    Disparition mystérieuse

     

    Joshua Boyle, 34 ans, et Caitlan Coleman, 31 ans, avaient communiqué pour la dernière fois avec les parents de M. Boyle le 8 octobre 2012 alors qu’ils se trouvaient à l’ouest de Kaboul. Ils venaient de voyager en sac à dos en Russie, au Kazakhstan, au Tajikistan et au Kirghizistan. Mme Coleman était enceinte de cinq mois lorsque le couple a décidé d’ajouter l’Afghanistan à son itinéraire. Caitlan Coleman a accouché en captivité, avant d’avoir deux autres enfants pendant son emprisonnement. La dernière, une petite fille, est née il y a deux mois.

     

    Joshua Boyle s’avouait en 2009 fasciné par le terrorisme, le contre-terrorisme et la sécurité. Ce qui l’a mené à rencontrer Zaynab Khadr. Les autorités américaines avaient nié l’an dernier que son enlèvement soit lié à sa relation avec Mme Khadr, parlant plutôt d’une « horrible coïncidence ».

     

    M. Boyle et Mme Coleman se sont rencontrés sur Internet et se sont mariés en 2011.













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