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    Concert de blâmes à Ottawa sur la fin d’Énergie Est

    6 octobre 2017 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

    « Triste journée », ont déploré les conservateurs. « Belle journée », ont clamé les bloquistes. Le gouvernement libéral, lui, a expliqué l’abandon de l’oléoduc Énergie Est comme une simple décision d’affaires, lui permettant du coup de se laver les mains de la responsabilité de l’annulation de ce projet controversé.

     

    Si TransCanada a renoncé à construire un oléoduc de l’Alberta vers le Nouveau-Brunswick, c’est parce que le marché a changé. « TransCanada a pris une décision commerciale basée sur les conditions du marché », a martelé le premier ministre Justin Trudeau aux Communes.

     

    Ainsi, fait-on remarquer, le prix du pétrole a baissé — le baril de brut se vendait 105 $US lorsque le projet d’Énergie Est a été lancé en 2013 et il oscille aujourd’hui autour de 50 $US. De plus, les capacités de transport ont augmenté, a fait valoir le gouvernement, en citant l’expansion du pipeline TransMountain sur la côte ouest, le remplacement de la ligne 3 vers le Wisconsin et le projet Keystone XL qui a été approuvé par Donald Trump, mais qui est toujours en attente d’autres autorisations aux États-Unis.

     

    Rien à voir, donc, avec le processus d’évaluation environnementale d’Ottawa pour ce genre de projets énergétiques, a insisté à son tour le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.

     

    Or TransCanada a indiqué qu’il avait pris sa décision à la suite d’« une analyse approfondie des nouvelles exigences » de l’Office national de l’énergie. Ce qui fait dire aux conservateurs que l’abandon d’Énergie Est n’était pas « une décision soudaine » de la pétrolière mais plutôt « le résultat de politiques énergétiques désastreuses » du gouvernement Trudeau. En janvier 2016, les libéraux ont modifié le processus d’évaluation environnementale pour notamment tenir compte des émissions de gaz à effet de serre en amont. Une nouvelle condition imposée aux pétrolières canadiennes, mais pas aux étrangères, comme celles de l’Arabie saoudite ou du Venezuela qui exportent leur pétrole au Canada, ont dénoncé les conservateurs.

     

    « En changeant en cours de route les règles, M. Trudeau établit un double standard : très sévère pour le pétrole canadien, mais on ferme les yeux envers le pétrole étranger », a critiqué le député Gérard Deltell, qui a présenté son parti comme le seul qui défende les emplois et les entreprises du secteur énergétique. M. Deltell est même allé jusqu’à inviter TransCanada à tenter à nouveau sa chance le jour où les conservateurs formeraient le gouvernement.

     

    Le ministre Carr a cependant vivement rejeté les reproches de ses rivaux, rappelant que les projets de TransMountain et de la ligne 3 avaient été approuvés par l’ONE et le fédéral en vertu des nouvelles règles de 2016. « Rien n’a changé depuis qu’on a annoncé ces principes et approuvé deux projets d’infrastructure majeurs. »

     

    L’annonce n’a pas fait que des malheureux à Ottawa, le bloquiste Luc Thériault saluant une victoire « pour ceux qui se sont mobilisés et qui ont cru à la démocratie participative et à la mobilisation citoyenne ».

     

    Le néodémocrate Guy Caron croit aussi que TransCanada s’est résigné faute d’acceptabilité sociale de son projet. Mais le parti s’est montré archi-timide, jeudi, en refusant de donner son opinion sur cette décision pour se contenter de constater lui aussi une « décision d’affaires ».

     

    Pour sa part, la première ministre albertaine, Rachel Notley, s’est dite « extrêmement déçue » de l’abandon du projet, qui aurait « bénéficié à tout le Canada ». Elle a toutefois appelé l’ONE à offrir une meilleure prévisibilité des règles d’évaluation environnementale.

     

    Son homologue néo-brunswickois Brian Gallant était tout aussi désolé. Mais il y voit également une décision d’affaires avant tout, car ses multiples conversations avec le gouvernement Trudeau — de qui il est très proche — l’avaient porté à croire, dit-il, que le projet serait approuvé.













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