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    Chrétien et Clinton critiquent Trump sans le nommer

    Les deux vieux amis discutent des bienfaits de l’ouverture et de la diversité

    5 octobre 2017 |Éric Desrosiers | Canada
    Jean Chrétien et Bill Clinton avaient visiblement beaucoup de plaisir à se retrouver sur scène, mercredi soir, devant la salle bondée du Palais des Congrès de Montréal.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean Chrétien et Bill Clinton avaient visiblement beaucoup de plaisir à se retrouver sur scène, mercredi soir, devant la salle bondée du Palais des Congrès de Montréal.

    L’ex-président des États-Unis Bill Clinton et l’ancien premier ministre canadien Jean Chrétien se sont retrouvés mercredi soir à Montréal comme deux vieux amis pour parler des bienfaits du commerce, célébrer l’ouverture et la diversité culturelle et en appeler à plus de confiance entre personnes de bonne volonté sans jamais mentionner une seule fois le nom de celui auquel tout le monde pensait.

     

    Les deux hommes avaient visiblement beaucoup de plaisir ensemble sur scène devant la salle bondée du Palais des Congrès de Montréal, où le Conseil canado-américain des affaires avait organisé leurs retrouvailles.

     

    Toujours volubile à 83 ans, Jean Chrétien a multiplié les anecdotes que les deux hommes ont en commun. Souvent amusé, parfois ému, Bill Clinton, 71 ans, a plusieurs fois tendu la main pour la poser sur le bras de son compère.

     

    Interrogés par l’ambassadeur américain au Canada du temps où ils étaient tous les deux à la tête de leur pays, Gordon Giffin, ils ont abordé pendant plus d’une heure diverses questions d’actualité en s’en tenant, autant que possible, à des généralités, au point même de ne jamais nommer l’actuel occupant de la Maison-Blanche.

     

    Cela ne les a pas empêchés de défendre avec insistance une vision du monde aux antipodes de celle affichée jusqu’à présent par Donald Trump. Un autre ancien président américain, Barack Obama, avait employé la même méthode lors de sa propre conférence à Montréal au mois de juin.

     

    L’ALENA

     

    Sur le commerce, par exemple, les deux hommes se sont dits fiers d’avoir présidé à l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994.

     

    Le commerce a été un fantastique créateur de richesse, a déclaré Jean Chrétien tout en admettant qu’il fallait maintenant trouver le moyen de mieux en assurer le partage. Il est vrai qu’à 23 ans, le traité est aujourd’hui « une vieille chose » qui a sûrement besoin d’être adaptée à la nouvelle réalité économique, a admis Bill Clinton. Mais il s’est dit convaincu qu’avec de la bonne volonté, on pouvait trouver une entente gagnant-gagnant.

     

    Selon Jean Chrétien, le Canada et les États-Unis sont un exemple pour le reste du monde de l’enrichissement économique et culturel que constitue l’accueil d’immigrants.

     

    Harmonie canadienne

     

    Répétant des commentaires qu’il avait déjà tenus à la fin des années 1990, Bill Clinton a déclaré que la capacité de la fédération canadienne de faire cohabiter harmonieusement les anglophones et les francophones est tellement admirable qu’un vote pour la souveraineté du Québec au référendum de 1995 aurait été une tragédie.

     

    Revenant à aujourd’hui, l’ancien président a déploré la montée des « tribalismes » de toutes sortes et dénoncé ceux qui en profitent et les nourrissent au détriment « du plus grand nombre, de nos enfants et de nos petits-enfants ».

     

    Jean Chrétien a attribué le secret de son amitié avec Bill Clinton au fait que les deux hommes se sont tout de suite reconnus comme « deux politiciens professionnels » qui se sentaient investis par le pouvoir des urnes de la responsabilité de rendre la société meilleure pour tous.

     

    « Nous avons eu nos désaccords, mais je n’ai jamais douté de sa bonne foi », a renchéri l’ex-président américain avec sa voix voilée et son accent de l’Arkansas. Aujourd’hui, « il nous faudrait redonner l’exemple de personnes capables d’être en désaccord tout en continuant de se faire confiance. »













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