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    Saskatchewan: démission inattendue de Brad Wall

    11 août 2017 |La Presse canadienne | Canada
    Brad Wall a annoncé sa démission jeudi matin en affirmant qu’après 10 ans au pouvoir, il était temps de renouveler le parti et la province.
    Photo: Jennifer Graham La Presse Canadienne Brad Wall a annoncé sa démission jeudi matin en affirmant qu’après 10 ans au pouvoir, il était temps de renouveler le parti et la province.

    Regina — Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a annoncé jeudi matin son départ de la vie politique après une décennie à la tête de la province.

     

    M. Wall, âgé de 51 ans, a d’abord annoncé sa décision-surprise dans une vidéo publiée en ligne, jeudi matin, affirmant qu’après 10 ans, il était temps de renouveler le parti et la province. Le chef du Parti saskatchewanais demeurera en poste jusqu’à ce que son successeur soit choisi.

     

    « La Saskatchewan a besoin d’un renouveau, d’un regard neuf à sa tête, a indiqué M. Wall jeudi matin. Cette décision a été très difficile […] mais le moment est venu. »

     

    Plus tard en conférence de presse, à Regina, M. Wall a expliqué qu’il avait pris cette décision à la fin de juin, après en avoir discuté avec sa femme Tami. « Peu importe ce que je ferai ensuite — et je n’ai pour l’instant aucun projet précis —, cette fonction aura été la plus grande fierté de ma vie professionnelle. »

     

    Son parti et lui ont remporté les trois dernières élections générales depuis 2007 ; la dernière fois, en 2016, ils ont fait élire 51 des 61 députés à l’Assemblée législative. Le Parti saskatchewanais (centre droit), fondé en 1997 par des dissidents libéraux et progressistes-conservateurs, a obtenu plus de 50 % des voix exprimées à chacun de ces scrutins.

     

    Déclarations mordantes

     

    M. Wall était régulièrement le plus populaire des premiers ministres provinciaux du Canada dans les sondages d’opinion, et ses déclarations tranchées, notamment sur Twitter, faisaient souvent le tour du pays.

     

    Mais la gronde s’est installée au cours des derniers mois dans sa province, notamment après la présentation d’un budget d’austérité au printemps.

     

    La province doit composer avec la chute vertigineuse des prix des ressources naturelles, qui a occasionné un déficit annuel de 1,3 milliard. Le gouvernement a fait des coupes dans les budgets de l’éducation et les subsides aux municipalités, et augmenté la taxe de vente provinciale, qui s’applique dorénavant aux vêtements pour les enfants et aux repas au restaurant, notamment. Le gouvernement Wall a aussi fermé la société provinciale de transport par autocars.

     

    En mai, dans un sondage mené après le budget du printemps, le Parti saskatchewanais tirait de l’arrière par neuf points de pourcentage face au Nouveau Parti démocratique, parti de l’opposition pourtant orphelin de chef.

     

    Pendant ce temps, M. Wall multipliait les combats à l’extérieur de la province, tantôt pour vilipender les opposants aux oléoducs — notamment le maire de Montréal et les Québécois « bénéficiaires de la péréquation » —, tantôt pour contester l’intention d’Ottawa de forcer les provinces à adopter des mesures pour imposer un juste prix au carbone.

     

    En novembre 2015, au lendemain des attentats meurtriers à Paris, M. Wall avait aussi demandé au gouvernement Trudeau de reconsidérer sa décision d’accueillir 25 000 réfugiés syriens. Il craignait alors que les vérifications de sécurité ne soient pas adéquates.

     

    Le premier ministre a aussi vertement critiqué cette année la décision d’Ottawa de verser des indemnités à Omar Khadr, jeune Canadien détenu à la prison américaine de Guantánamo. Selon lui, le gouvernement canadien aurait dû aller jusqu’au bout dans le processus judiciaire.

     

    Une vie en politique

     

    M. Wall a estimé jeudi qu’il laissait la province en meilleure santé que lorsqu’il en a pris les rênes, il y a 10 ans, après quatre gouvernements néodémocrates.

     

    Diplômé en administration publique de l’Université de la Saskatchewan, M. Wall a fait son entrée à l’Assemblée législative en 1999 sous la bannière du tout nouveau Parti saskatchewanais, et il a été élu chef de la formation après la défaite électorale crève-coeur de 2003. Sous sa gouverne, le parti a obtenu sa première victoire en 2007, puis a été reporté au pouvoir en 2011 et en 2016.

     

    Le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, avec qui il avait eu des différends majeurs au sujet du juste prix qui devrait être imposé au carbone, a remercié M. Wall pour « les nombreuses années qu’il a consacrées à servir la Saskatchewan et notre pays ».













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