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    New York

    Nouvelles stations de métro vers l’est de Manhattan

    Après 90 ans, l’attente porte ses fruits dans la Grosse Pomme

    24 décembre 2016 | Catherine Triomphe - Agence France-Presse à New York | Voyage
    Photo: Jewel Samad Agence France-Presse

    Les New-Yorkais n’y croyaient plus : évoquée depuis près d’un siècle, l’extension vers l’est de Manhattan de leur métro, l’un des plus chargés au monde, va enfin prendre corps avec l’ouverture, le 1er janvier, de trois nouvelles stations.

     

    « Finie la claustrophobie qui vous saisissait » en descendant sur les quais sombres du subway, rétrécis par une enfilade de poteaux d’acier noir, a promis le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo : les nouvelles stations de la Second Avenue Line seront tout en espace et en clarté et « vaudront le déplacement rien que pour les oeuvres d’art » créées par quatre artistes contemporains.

     

    Parmi eux, le célèbre Chuck Close a conçu, pour la nouvelle station de la 86e Rue, 12 portraits géants en mosaïque aux traits du compositeur Philip Glass, ou encore de la défunte légende du rock Lou Reed. De quoi faire oublier peut-être le calvaire qu’aura été ce chantier, plus grande extension du métro new-yorkais en plus de 50 ans.

     

    Le gouverneur démocrate qui, comme Donald Trump, a fait de la rénovation des infrastructures un leitmotiv, aura mis ces derniers mois toute son énergie pour que la date limite du 31 décembre soit tenue. L’idée d’une ligne de métro longeant la 2e Avenue remonte à 1929. Reportée une première fois par la crise des années 1930, elle revient après la guerre.

     

    La célèbre télésérie Mad Men, au décor planté dans la Grosse Pomme des années 1960, évoque ce projet interminable : un agent immobilier y explique à l’une des héroïnes que son appartement de l’Upper East Side quadruplera de valeur avec l’ouverture de la ligne…

     

    Échaudés par des décennies d’attente, beaucoup de New-Yorkais doutent toujours de l’ouverture imminente des stations des 72e, 86e et 96e Rues, qui relieront le très résidentiel quartier de l’Upper East Side à Coney Island, à Brooklyn, avec sa plage et son célèbre parc d’attractions. « Je leur donne 50 % de chances » d’ouvrir le 1er janvier, dit Jane Gaillard, décoratrice de l’Upper East Side. Je vis dans le quartier depuis 1967 et on n’a jamais arrêté d’en parler. »

     

    La première mégapole américaine et ses 8,5 millions d’habitants ont pourtant bien besoin d’un réseau élargi. Le trafic de passagers n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Si on est loin des fréquentations des grands métros asiatiques de Tokyo, Pékin ou Séoul, le new-yorkais et ses 422 stations ouvertes 24 heures sur 24 ont recensé en 2015 près de 1,8 milliard de voyages, un record depuis 1948, devant Paris ou Londres.

     

    Mais l’essentiel du réseau, ouvert en 1904, date d’avant 1940. Et depuis, les investissements autres que ceux de maintenance ont été rares et pas toujours réussis : ainsi, la station du nouveau quartier des Hudson Yards, inaugurée en septembre 2015, a vite connu des infiltrations d’eau.

     

    Quand, dans les années 1970, Séoul construisait son métro, la ville de New York était, elle, au bord de la faillite. Le métro s’est rapidement dégradé, accumulant un retard qu’elle n’a toujours pas rattrapé.

     

    Ainsi, nombreux sont les détracteurs du nouveau tronçon : ils soulignent que, malgré les 4,4 milliards de dollars investis et les 200 000 passagers attendus chaque jour, l’amélioration ne sera qu’infime.

     

    « Ça ne permettra pas aux gens de monter et descendre la 2e Avenue, c’est complètement trompeur d’appeler ça la Second Avenue Line », déplore Valerie Mason, présidente d’une association de riverains.













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