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    Le potentiel des saillies végétalisées

    Et si on transformait les saillies en jardin de pluie ou en aire de biorétention?

    Lise Gobeille
    16 septembre 2017 | Lise Gobeille lgobeille@ledevoir.com | Jardinage | Chroniques

    Depuis quelques années, des saillies végétalisées sont apparues à l’angle de nombreuses rues de Montréal afin de ralentir la circulation. Elles remplissent fort bien cet objectif et, en plus, elles embellissent la ville.

     

    Mais ne serait-il pas possible qu’elles jouent un plus grand rôle dans la gestion de l’eau de ruissellement ? Car les épisodes de pluies abondantes sont de plus en plus fréquents et, dans certains secteurs, les réseaux d’aqueduc sont rapidement surchargés.

     

    Comment pourraient-elles jouer ce rôle? Si on transformait les saillies végétalisées, dans les endroits où cela se prête, en jardin de pluie ou en aire de biorétention ayant une entrée pour l’eau de ruissellement sur la rue. L’eau, en étant absorbée par les plantes et en percolant à travers le sol, réduirait la charge sur les réseaux d’aqueduc et serait de plus décontaminée. Les jardins de pluie sont une phytotechnologie de plus en plus utilisée en milieu urbain.

     

    J’ai mené ma petite enquête, qui n’est évidemment pas exhaustive, mais qui donne néanmoins une idée de la situation à Montréal.

    Photo: Lise Gobeille Une noue végétalisée capte l’eau de la rue Basile-Routhier, dans Ahuntsic–Cartierville. Elle a été conçue le long du pavillon d’accueil du Parcours Gouin par le Groupe Rousseau Lefebvre.

    Une étude sur le Plateau

     

    Dans Rosemont–La Petite-Patrie, il se conçoit actuellement une grande quantité de saillies. Étant donné que cet arrondissement a connu des refoulements d’égouts lors de pluies abondantes, je l’ai contacté en premier

     

    «Nos saillies ont un système de gestion des eaux pluviales. L’eau qui ruisselle des trottoirs y est dirigée et certaines saillies ont un trop-plein en cas de pluie abondante. [Toutefois,] la nature du sol dans Rosemont, du roc, ne permet pas la gestion des eaux pluviales de toute une rue à travers l’aménagement de saillies, mais l’aménagement des espaces de verdure entre les trottoirs et la rue permet de réduire la quantité d’eau envoyée aux égouts », explique Marie-Claude Perreault, chargée de communication de l’arrondissement.

     

    Dans le Plateau-Mont-Royal, où il y a également beaucoup de saillies, une étude au sujet de l’évaluation de l’impact des saillies sur le territoire de l’arrondissement à l’égard des eaux de ruissellement et des îlots de chaleur a été confiée cette année à l’École polytechnique.

     

    L’arrondissement en attend les résultats pour 2018, ce qui lui permettra de valider ses interventions et d’évaluer les prochaines, m’a expliqué Catherine Piazon, chargée de communication.

     

    Innovation à Saint-Laurent

     

    Jusqu’à maintenant, il semble que Saint-Laurent soit l’arrondissement qui a le plus innové dans ce domaine. On y a réalisé au cours des trois dernières années quatre jardins de pluie sur rue, deux dans des quartiers anciens et deux dans de nouveaux développements.

     

    Comme l’explique leur directeur des travaux publics, François Lapalme, au téléphone, « nous sommes encore en phase expérimentale. Nous avons un programme de suivi léger, mais aucun problème de colmatage ou d’entretien n’a été remarqué jusqu’à maintenant. Même l’hiver n’est pas un problème. Nous limitons la quantité de sel employé dans ces rues et les équipements de déneigement n’ont jamais rien endommagé ».

     

    Un peu plus vers l’est, dans Ahuntsic-Cartierville, des entrées pour l’eau de ruissellement ont été aménagées il y a quelques années dans la rue Chabanel, sur le terre-plein végétalisé, mais aucun suivi n’a été réalisé, dit la chargée de communication Émilie Miskdjian.

     

    Dernièrement, une noue végétalisée qui capte l’eau de la rue Basile-Routhier a été conçue le long du pavillon d’accueil du Parcours Gouin. Un projet réussi et à voir, si on s’intéresse au sujet. En plus, le pavillon est magnifique.

     

    L’avis de deux experts

     

    Au bout du fil, Mario R. Gendron, ingénieur civil et chef d’entreprise chez Vinci Consultants, une entreprise qui se spécialise dans la gestion durable de l’eau de ruissellement, soutient « qu’il n’y a aucune raison technique de ne pas réaliser des saillies ayant une aire de biorétention. C’est plutôt une question de choix de stratégie de gestion de la part de la Ville ».

     

    Il remarque néanmoins une ouverture et soutient « que les relations avec le Service de l’eau à la Ville de Montréal sont bonnes et que cela aide à faire progresser cette approche».

     

    Même son de cloche de la part de Michel Rousseau, architecte paysagiste, associé principal au Groupe Rousseau Lefebvre, qui réalise des projets de gestion des eaux pluviales. « On n’en est plus aux projets pilotes. La problématique la plus grande actuellement est les détritus [et non les techniques de gestion des eaux]. »

     

    Granby à l’avant-garde

    Photo: Ville de Granby Un jardin de pluie dans la rue Lansdowne, à Granby

    La Ville de Granby a été une des premières à aménager des jardins de pluie en milieu bâti en 2013. Au total, ils s’étalent sur 1,1 km le long de deux rues, soit les rues Saint-André et Lansdowne.

     

    Benoit Carbonneau, ingénieur et coordonnateur de la division ingénierie, explique : « Nous avions une problématique de refoulements de l’eau. Nous avons pris la décision de ne pas toucher au réseau, mais plutôt de créer des aires de biorétention. Si nous avions surdimensionné nos conduits, le coût aurait été de 3,7 millions, tandis que l’aménagement actuel a coûté 2,4 millions. Ce système a aussi l’avantage de contrôler la qualité de l’eau. »

     

    L’architecte paysagiste Danielle St-Jean, qui a collaboré à ce projet, ajoute : « Nous avons choisi le plus possible des végétaux indigènes, mais pour des questions esthétiques, certaines plantes ornementales ont été intégrées. La première année, il y a eu un peu plus d’entretien, car le paillis a dû être replacé après les pluies, mais maintenant, c’est l’équivalent d’une plate-bande normale. »

     

    Par ailleurs, tous les plans et devis ainsi que les plantations ont été réalisés à l’interne, ce qui a permis des économies.

     

    Et si on transformait les saillies en jardin de pluie ou aire de biorétention?

    Au jardin cette semaine Au potager, on récolte, on récolte, on récolte ! Il faut en profiter pendant qu’on a des herbes, des légumes et des fruits frais. Autant que possible, on transforme et on sèche tout ce qu’on peut pour se faire des réserves. On commence également à faire un peu de nettoyage : on arrache ce qui ne produit plus, on ameublit le sol, on refait les bordures… On prend ça doucement et on prend un peu d’avance pendant que le temps est agréable. Au jardin, on admire les annuelles qui sont à leur summum et surtout, on ne les néglige pas, pour en jouir le plus longtemps possible. En ce moment, à l’épicerie du coin et dans les jardineries, on trouve des chrysanthèmes annuels. Offrez-vous un cadeau en allant chercher du lait. J’ai un faible pour le gros chou décoratif, une annuelle d’automne. Même sous quelques centimètres de neige, il reste beau.
     
    Dans la bibliothèque Garden_Lab
    Structures et formes, # Été_2017

    Garden_Lab est un « mook » (un magazine en format de livre) à découvrir. Cette nouvelle revue française trimestrielle de 180 pages explore les jardins de demain en compagnie de celles et de ceux qui composent des univers créatifs, aussi bien pour la campagne que pour la ville. Une thématique différente à chaque numéro est abordée à travers quatre thèmes : le design, les influences, les explorateurs et l’ailleurs. On y rencontre des producteurs, des designers, de nouvelles plantes et bien plus. Non seulement elle est une source d’inspiration pour aménager son espace, mais on peut s’amuser à créer des décors de balcon sur sa plateforme web. Belle, intéressante, pratique… mais chère, à presque 30 $ l’exemplaire.

    Au calendrier C’est la saison des champignons !

    L’exposition annuelle de champignons du Cercle des mycologues de Montréal est une occasion en or de découvrir le monde complexe et étonnant des champignons. Plus de 200 espèces de champignons frais, récoltés dans la grande région de Montréal, identifiés et placés par groupes seront présentées. Vous avez des champignons sur votre terrain et voudriez les faire identifier ? Voici l’occasion. L’exposition a lieu au Complexe d’accueil du Jardin botanique de Montréal, le 24 septembre 2017 de 9 h à 18 h. Et c’est gratuit !

    Fête des récoltes/Projets éphémères du campus MIL (Université de Montréal)

    Samedi 23 septembre, le Campus MIL et On sème vous convient à venir célébrer l’abondance et la diversité du vivant. De nombreux thèmes seront abordés : conservation des semences, les plantes mellifères et les abeilles, l’art du bouturage, maquillage du jardin… De 11 h à 17 h, accès à partir du 400 avenue Atlantic.

     












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