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    Les toits de Montréal sont de plus en plus productifs

    Vignes, tomates, piments et «tutti quanti» s’enracinent dans les hauteurs de la ville

    Lise Gobeille
    2 septembre 2017 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques

    Sans constituer encore une immense vague (même si on le souhaite) à Montréal, ces dernières années les toits verdissent et sont de plus en plus productifs. Pour cette chronique, je vous en fais découvrir trois, de dimensions et de vocations bien différentes. Le premier est cultivé par des citoyens, Philippe Chartier et Pascale Félizat. Le second est une vitrine d’expérimentation et de promotion des techniques en agriculture urbaine : le Palais des congrès. Quant au troisième, il s’agit du plus grand potager bio installé sur un toit de supermarché au pays : l’IGA de la famille Duchemin à Saint-Laurent.

    Photo: Lise Gobeille Melons, amaranthes et capucines chez Philippe et Pascale

    Pionniers du potager maison

     

    Pascale Félizat et Philippe Chartier sont parmi les précurseurs de la culture de légumes sur toit à Montréal. Depuis 2009, ils produisent dans des bacs de type biotop tomates, piments et tomatillos en assez grande quantité pour être autosuffisants en conserve. Ces bacs rectangulaires en plastique solide contiennent peu de terre, mais ont une réserve d’eau. Ils ont l’avantage d’avoir été conçus pour être installés en réseau. Ce dernier, connecté à une minuterie et à un système de fertirrigation, rend le jardin autonome. Cet été, le couple est même parti trois semaines sans s’inquiéter.

    Photo: Lise Gobeille Philippe Chartier dans son potager sur le toit

    Toutefois, ce système est dispendieux : chaque bac coûte 50 $ et, comme la quantité de terre est petite, une régie serrée de la fertilisation est essentielle. Le sol est amendé en mycorhize, en compost, en poudre de crabe et en fumier de poule chaque année. Pour la fertilisation, Félizat et Chartier utilisent actuellement des engrais de synthèses avec des suppléments d’algues liquides, pour une question de coût. Mais l’année prochaine, ils aimeraient passer au thé de compost. Aucun pesticide n’est nécessaire. Afin de diminuer le désherbage, un paillis commercial ou de fabrication maison est étendu. À part pour les quelques nouveautés achetées à la Fête des semences et au Rendez-vous horticole, ils sont également autosuffisants en graines, car chaque automne ils sélectionnent les plus beaux fruits et en conservent les semences. En conséquence, ils sont en train de développer des plantes parfaitement adaptées à leur microclimat. Les bacs sont installés selon les normes exigées par les assurances sur un toit récemment refait en membrane d’élastomère. Pour tous les deux, le plaisir, avant tout, est d’expérimenter et de cultiver des variétés que l’on ne trouve pas au supermarché d’à côté, comme la tomate andine cornue, les okras ou le papalo, aussi appelé coriandre bolivienne. Inspirant.

     

    Un laboratoire au-dessus du Palais des congrès

     

    Le 24 août dernier, le Palais des congrès inaugurait la quatrième phase du Laboratoire d’agriculture urbaine (AU/LAB) sur son toit, les vignes urbaines, avec pour partenaire Véronique Lemieux, fondatrice de Vignes en ville. Premier vignoble en ville sur un toit au Canada, il servira à faire de la recherche et à faire connaître la viticulture du Québec. Déjà cet été, AU/LAB a organisé des dégustations et des ateliers. L’installation comprend 80 plants présentant quatre cépages : Frontenac blanc, Frontenac noir, Marquette et Petite perle. Les plants sont actuellement cultivés en sacs, mais des bacs adaptés devront être développés.

    Photo: Lise Gobeille Le Palais des congrès a inauguré en août la quatrième phase du Laboratoire d’agriculture urbaine sur son toit, les vignes urbaines.

    Une innovation dans le substrat : au lieu d’utiliser du sable pour favoriser le drainage, du verre broyé recyclé a été employé. On expérimente également en n’utilisant aucun système d’arrosage automatisé. La première récolte aura lieu dans quatre ans. Comme la surface est petite, elle ne sera pas assez abondante pour que le Palais ait sa propre cuvée, mais elle pourra contribuer à celle d’autres vignobles, souligne Véronique Lemieux.

     

    Les trois autres phases comprennent Culti-VERT, avec cinq parcelles de toits végétalisés extensifs et un potager en bac, les abeilles pollinisatrices et VERTical, de la culture verticale sur échafaud. Le Palais, en soutenant les projets du Laboratoire, contribue à réduire les îlots de chaleur, permet à des congressistes et à la Maison du père de profiter de la récolte, contribue au développement urbain durable de Montréal et souhaite influencer d’autres propriétaires à verdir leurs toits. D’ailleurs, les responsables de la Caisse populaire et ceux du projet immobilier Humanité, des voisins, ont contacté le Palais pour savoir qui s’occupait de leur toit. C’est un début ! Puis, finalement, grâce à l’innovation en développement durable que représente le Laboratoire d’agriculture urbaine, le Palais a remporté, le 4 juillet 2017, le prestigieux AIPC Innovation Award, à l’occasion de la conférence annuelle de l’Association internationale des palais de congrès (AIPC). Un bel exemple qui démontre comment l’agriculture urbaine permet de se démarquer.

     

    Du toit aux étals

     

    Une autre excellente nouvelle ! Cet été, le supermarché IGA extra Famille Duchemin, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, a inauguré un immense potager bio sur son toit. Triplement unique, cet IGA est le tout premier marchand d’alimentation au Canada à vendre des légumes bios poussant sur son toit. Il est aussi le tout premier magasin à récupérer l’eau pour le système d’irrigation à partir de son système de déshumidification. Puis, avec ses 2323 m2, ce potager biologique est le plus grand sur un toit de supermarché au Canada. Le défi le plus important de ce projet sera de réussir la culture d’une trentaine de plantes potagères, dont certaines sont exigeantes, dans seulement 15 cm de terre, et ce, en production biologique. Ils ont d’ailleurs engagé un agronome pour les aider. Afin de favoriser la pollinisation, huit ruches d’abeilles ont été implantées par l’entreprise Alvéole, ce qui permettra la vente de près de 600 pots de miel. Ce projet novateur a été réalisé par La Ligne verte.


    Au jardin cette semaine Septembre est le mois idéal pour préparer une platebande : il fait beau et frais et c’est parfait pour nous et pour les plantes ! Depuis quelques années, j’ai adopté la technique du jardinier paresseux, tellement moins éreintante. Au lieu d’enlever le gazon et de retourner la terre, un travail pénible pour le dos, on étale simplement une couche de 7 à 10 feuilles de journal sur la zone que l’on souhaite aménager. On choisit Le Devoir de préférence, car on sait que ses encres ne sont pas toxiques. En mouillant les journaux, ils resteront en place plus facilement. Ensuite, on couvre le tout d’une couche de 20 cm de bonne terre exempte d’indésirables, et le tour est joué. Il ne reste plus qu’à planter, à mettre un paillis et à arroser.

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    Dans la bibliothèque Terrariums
    Mathilde Lelièvre
    Édition Solar
    2017, 96 pages


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