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    Faut-il craindre les pesticides naturels?

    Heureusement pour nos enfants, pour nous, pour les animaux et pour l’environnement, on ne trouve depuis 2003 que des pesticides peu toxiques sur les tablettes des jardineries, des Rona et autres magasins vendant des produits pour les plantes. Néanmoins, même s’ils ne contiennent que des ingrédients naturels, certains doivent être utilisés avec précaution ; en fait, même la fabrication de certains produits maison peut être hasardeuse. Pour nous en parler : Pierre-Olivier Duval, agent régional de conformité et application de la loi de Santé Canada.

    Photo: Lise Gobeille Plusieurs pesticides d’origine naturelle sont vendus dans les commerces. Tous sont dotés d’un mode d’emploi qu’il est important de suivre, car certains peuvent comporter des risques.

    Y a-t-il des risques associés à l’utilisation de certains pesticides commerciaux d’origine naturelle ?

     

    Comme pour les pesticides de synthèse, il peut y avoir des risques. Par exemple, la terre diatomée, ou Insectigone, est un insecticide couramment vendu pour le contrôle des insectes rampants, tels que les perce-oreilles, les coquerelles, les fourmis…

     

    Ce produit composé de coquillages marins broyés n’a rien de dangereux ; toutefois, cette fine poudre, si elle est respirée lors de l’application, irrite les voies respiratoires. Il y a aussi de plus en plus de produits à base de bactéries et de champignons sur le marché, qu’il est important d’utiliser avec diligence.

     

    Y a-t-il également des risques avec les produits fabriqués à la maison ?

     

    Un produit à base de savon de vaisselle ne comporte aucun risque. Mais la fabrication d’une décoction de rhubarbe, oui, car quand on fait bouillir les feuilles, il se dégage des vapeurs d’acide oxalique. Un acide organique très toxique. Il est donc recommandé de faire la préparation à l’extérieur.

     

    Il y a aussi l’extraction de la pyréthrine des fleurs de chrysanthème avec du kérosène qui, c’est le moins qu’on puisse dire, est plutôt hasardeux. Puis, il y a toujours le risque d’avoir des contenants mal identifiés et que des enfants mettent la main dessus. [La décoction de rhubarbe est utilisée contre les insectes piqueurs-suceurs, comme les araignées microscopiques et les pucerons, et plusieurs insectes à carapace molle, comme les cloportes. Quant à la pyréthrine, elle est efficace contre tous les insectes, mais attention, elle est toxique pour les poissons.]

     

    Est-ce imprudent d’acheter des pesticides sur Internet ?

     

    Cela comporte des risques, car il s’agit parfois de produits retirés du marché canadien à cause de leur toxicité, ou encore de produits qui ne sont pas homologués au Canada. Or la loi canadienne exige d’acheter seulement des produits homologués par l’Agence canadienne de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), et ce, même pour les biopesticides.

     

    On a pu voir, notamment sur Kijiji et sur Les Pac, que des gens vendent des produits miracle extrêmement nocifs sans aucun conseil ni indication d’utilisation. Ces produits concentrés et toxiques sont destinés aux agriculteurs.

     

    Quelles seraient vos recommandations générales concernant les pesticides ?

    Je recommande de n’employer les pesticides qu’en dernier recours. On doit d’abord avoir de bonnes méthodes culturales. La lutte intégrée est une bonne pratique à adopter. [La lutte intégrée combine différents moyens, comme de bonnes pratiques culturales, l’utilisation de barrières physiques (ex. le voile) et, en dernier recours, les pesticides.]

    Photo: Lise Gobeille Pierre-Olivier Duval recommande d’utiliser des pesticides en dernier recours seulement.
     

    On devrait se procurer uniquement la quantité de produit dont on a besoin et ne jamais acheter sur Internet. De plus, il est important de respecter le mode d’emploi ; doubler une dose ne sert absolument à rien. Finalement, il faut bien suivre les recommandations inscrites sur le contenant.

     

    Si un propriétaire utilise les services d’une entreprise pour l’entretien de sa pelouse, comment peut-il s’assurer que celle-ci n’emploie que des pesticides conformes à la réglementation ?

     

    Le propriétaire doit poser les questions suivantes : quels produits seront utilisés et quels sont leurs numéros d’homologation ? Comment seront-ils utilisés ? L’entreprise détient-elle un certificat du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ?

     

    Pour compléter sa recherche, on peut aussi télécharger sur son téléphone mobile l’application gratuite « Étiquettes de pesticides » conçue par Santé Canada. On y trouve de nombreuses informations sur les ingrédients et les usages permis. Lors d’une inspection, nous avons surpris des entreprises à utiliser des produits comme le Dursban, interdit depuis 2003, dont l’ingrédient actif est le chlorpyrifos. Les commerces en infraction sont passibles de sanctions administratives et pécuniaires importantes, et chaque année leurs noms sont publiés sur le site de Santé Canada.

    Dans la bibliothèque Déjoue les pièges de la nature
    Pascale Hédelin
    Illustré par Benjamin Strickler
    Éditeur Gulf Stream, 2017, 48 pages


    Ce livre-jeu est composé de dix planches aux dessins inspirés de la bande dessinée qui permettent de découvrir dix milieux naturels avec leur faune et leur flore. Dans chacune d’elles, l’enfant doit trouver huit pièges et quatre faux pièges. Certains sont faciles à voir, comme la cigogne au coeur de la forêt amazonienne ou le cactus dans l’Arctique, mais plusieurs donneront du fil à retordre même aux parents ! 8 ans et plus.

    Sanctions pécuniaires au Québec en 2017 Serge Jodoin paysagiste, Pelouse Santé et Entretien Rémi Fortier ont reçu chacun une amende de 8000 $ pour avoir utilisé deux produits antiparasitaires d’une façon non conforme au mode d’emploi inscrit sur l’étiquette.

    Mayfair Colony Farms, Les Associés DM Gestion antiparasitaire, Entreprises Demers 4 Saisons, Allaire et Fils, Weedman Laurentides-Lanaudière, Extermination et Fertilisation Poirier, Fertilisation du Nord et Entretien de pelouses Plus ont chacun reçu une amende de 4000 $ pour avoir utilisé un produit antiparasitaire d’une façon non conforme au mode d’emploi inscrit sur l’étiquette.

    Finalement, François Girard a reçu une amende de 12 000 $ pour avoir distribué sur Internet des produits antiparasitaires non homologués au Canada.

    Source : Santé Canada

    Formations, visites et ateliers La dynamique entreprise Les Urbainculteurs de la ville de Québec lance une série de formations, d’ateliers et de visites en agriculture urbaine. Trois journées de formation sont proposées, les 12 août, 9 septembre et 14 octobre, afin de se familiariser ou d’approfondir ses connaissances en agriculture urbaine. Puis, deux visites guidées d’une demi-journée sont organisées pour découvrir leurs surprenantes réalisations, les 11 et 18 août.

    Pour s’inscrire

    Au jardin cette semaine Vos iris de jardin, ou barbus, nommés ainsi parce qu’ils ont des poils sur leurs sépales retombants, n’ont pas eu une fantastique floraison ce printemps ? Peut-être est-il temps de les diviser. Au bout de quelques années, ces iris ont tendance à se dégarnir au centre, et même carrément de moins fleurir. Les diviser n’est pas trop laborieux et encourage la production de fleurs.

    Après la floraison, les iris tombent dans une sorte de dormance, ce qui correspond aux mois de juillet et d’août, et c’est à cette période qu’on en profite pour les diviser. Pour visualiser la méthode à utiliser, rendez-vous sur le site du Jardin botanique, qui l’explique étape par étape avec des dessins.

    Après la récolte des légumes, il est important de ne pas laisser d’espace de sol à nu, qu’il soit grand ou petit, car les indésirables s’y installent rapidement. Profitez-en pour faire des semis de légumes à croissance rapide, pour transplanter des plants ou encore pour semer un engrais vert afin de nourrir le sol !












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