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    Les vertus du jardin Notman

    Ce poumon vert en zone minéralisée, abritant des arbres centenaires ou rares, doit être protégé

    Lise Gobeille
    29 juillet 2017 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques

    Poumon vert en zone minéralisée abritant des arbres centenaires ou rares, l’espace derrière la Maison Notman, à l’angle des rues Milton et Clark à Montréal, doit être protégé. En plus de sa valeur historique exceptionnelle, il est également d’une grande valeur environnementale, sociale et paysagère pour le secteur. De plus, sa transformation en parc-jardin permettrait de faire connaître son histoire, de sensibiliser les citoyens à la nature et d’y tenir des activités culturelles et artistiques.

     

    Le jardin Notman, aussi appelé jardin de l’hospice St. Magaret, est actuellement une propriété privée. Depuis 2001, deux mouvements citoyens ont réussi à écarter des projets de construction et travaillent assidûment à sa conservation. Cet été, ils ont dû se mobiliser de nouveau, car les arbres risquent d’être rasés pour faire place à un projet immobilier. Ils demandent donc l’intervention urgente des gouvernements provincial et municipal pour sauver in extremis cet espace patrimonial.

     

    Valeur historique exceptionnelle

     

    Ce jardin de 1000 mètres carrés, jamais construit, est l’un des rares reliquats qui subsistent des anciens domaines bourgeois de la rue Sherbrooke du XIXe siècle. Cela montre tristement la valeur que notre société leur a accordée. Or ce terrain indissociable de la Maison Notman, mais qui en a été séparé en 1993 pour être vendu à des promoteurs, fait l’objet d’une longue histoire qui implique de nombreux personnages connus.
     

    Photo: Lise Gobeille Le jardin derrière la Maison Notman, situé aux limites du Plateau Mont-Royal et du centre-ville, est peuplé d'arbres remarquables, parmi lesquels font partie cinq érables argentés (Acer saccharinum).

    D’abord, il aurait accueilli le premier jardin botanique commercial du Québec (une jardinerie), le jardin Guilbault, entre 1831 et 1838. Ensuite, il fut la propriété de William Collis Meredith, juge en chef à la Cour supérieure, qui l’a vendu à Alexander Molson, son voisin, situé juste à l’est. Il est probable que le verger ou le jardin de la villa Molson ait occupé le site.

     

    Puis, le célèbre photographe William Notman l’occupa de 1876 à 1893, année où la maison et le jardin ont été vendus à George Alexander Drummond. Ce dernier en fit don aux soeurs de St. Margaret et y fit construire le premier hospice pour femmes au Canada. Déjà, à l’époque, on reconnaissait les bienfaits de la nature sur la santé mentale et physique, et le jardin réaménagé par lady Julia Drummond servait de lieu de repos aux résidents. Cette dernière était partisane du mouvement City Beautiful.

     

    La conservation de ce jardin, dernier témoin de l’époque, serait une occasion unique de rendre hommage aux jardins des villas qui constituaient autrefois le Golden Square Mile de la rue Sherbrooke. La reconstitution d’un tel jardin est réalisable, explique Roger Latour, naturaliste, car nous avons accès aux catalogues et aux articles horticoles de l’époque.

     

    Capital paysager irremplaçable

     

    D’abord, le jardin, situé aux limites du Plateau Mont-Royal et du centre-ville, joue un rôle fondamental d’oasis de verdure dans ce quartier densément construit. Ensuite, comme certains arbres sont de très grande taille, vu leur âge plus que respectable, leur présence est appréciée bien au-delà du site. Font partie de ces remarquables arbres cinq érables argentés (Acer saccharinum), trois chicots du Canada (Gymnocladus dioicus) et un if d’Europe de moindre envergure.

    Photo: Lise Gobeille Le naturaliste Roger Latour (à gauche) et Tony Antakly, président du Mouvement citoyen pour la préservation du jardin Notman, photographiés sur le balcon de l’ancien hospice.

    Témoin d’une autre époque, l’un des majestueux érables argentés âgés de 125 à 150 ans pourrait avoir été planté par la famille Molson, souligne Tony Antakly, président du Mouvement citoyen pour la préservation du jardin Notman. Quant aux chicots, de plus en plus couramment utilisés aujourd’hui comme arbres de rue, ils étaient rarement plantés à l’époque à cause de leur rusticité limite. Il est donc exceptionnel de voir des spécimens de cette taille et de cet âge à Montréal.

     

    Quand on pénètre dans ce jardin abandonné depuis plus de deux décennies, on ne peut qu’être impressionné par ce miniboisé naturel qui forme une voûte au-dessus de nos têtes, d’autant plus qu’on se trouve dans une zone extrêmement minéralisée. Enfin, le jardin contribue grandement à mettre en valeur l’ancien hospice et les autres bâtiments aux alentours et fait contrepoids à la station-service asphaltée à l’est de la rue Clark.

     

    Rôle environnemental essentiel

     

    Ce boisé, même s’il est de petite taille avec ses arbres, ses arbustes et autres végétaux, est bénéfique pour la société. Sa disparition entraînerait la perte de nombreux services écosystémiques essentiels en milieu urbain, tels que la réduction des îlots de chaleur, l’absorption des eaux pluviales, la réduction de la pollution, etc. Cette perte aurait inévitablement un impact sur la santé des citoyens et sur le Plan d’action canopée 2012-2021 visant l’atteinte de 25 % de canopée pour Montréal d’ici 2025.

     

    Les grands arbres, avec leur importante surface foliaire, sont les plus efficaces pour fournir ces services, et on les trouve presque uniquement dans les parcs urbains. Les couper serait une grave erreur.

     

    Importante valeur sociale

     

    L’attachement des citoyens du quartier à cet espace vert a pris de l’ampleur au fil des années et des projets qu’ils ont élaborés. Les associations dynamiques qu’ils ont créées pour sa protection, notamment le Groupe de défense de la Maison Notman et le Mouvement citoyen pour la sauvegarde du jardin Notman, en sont la preuve.

     

    La création du jardin permettrait la réalisation de nombreux projets qu’ils ont imaginés, tels que la présentation de photos de William Notman, l’ouverture d’un centre d’interprétation de la nature dans l’ancien garage et l’organisation d’activités artistiques et culturelles… Entre autres, maintenant que la Maison Notman abrite la Maison du Web avec ses start-up, le jardin pourrait servir pour des présentations d’art numérique.

     

    Il semble même que, lors du choix par les concepteurs de l’emplacement de l’hospice au milieu du terrain, selon un rapport effectué pour le compte du ministère de la Culture en 2000, ces derniers souhaitaient déjà offrir un coin de verdure à la communauté ! Alors, ne serait-il pas temps de régler ce dossier et d’offrir ce jardin chargé d’histoire à Montréal pour son 375e anniversaire ?

     

    Pour soutenir la sauvegarde du jardin Notman, on peut signer la pétition à jardinnotman.weebly.com ; pour suivre les activités, on se rend à facebook.com/JardinNotman.


    Au jardin cette semaine Dernière semaine pour ajouter du compost ou tout type d’engrais contenant beaucoup d’azote au pied des vivaces au feuillage persistant, des arbustes ou des arbres. Pourquoi ? Parce que bientôt, déjà, nous serons en période d’aoûtement, ce qui signifie que la plante commence à s’endurcir pour l’hiver. Donc, on ne veut surtout pas favoriser la formation de feuillage et de branches tendres qui n’auraient pas le temps de se préparer pour le froid.

    Toutefois, pour tout ce qui est plantes annuelles, aucun souci. D’ailleurs, comme nous avons encore de nombreuses semaines pour profiter de nos annuelles d’ornement, il n’est pas trop tard pour les pincer afin d’encourager la formation de branches secondaires. On obtient ainsi des plants plus trapus, plus denses.

    Qu’est-ce que le pinçage ? On enlève simplement les quatre ou les deux dernières feuilles sur la tige. Si vous utilisez un taille-bordure ou une tondeuse à fouet, il faut être prudent lorsque vous êtes proche de jeunes arbres en particulier, car leur écorce est tendre. C’est pourquoi il est préférable de mettre à leur pied une bonne couche de paillis pour éviter de les endommager.












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