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    Deux joueurs de l’agriculture urbaine actuelle

    MicroHabitat et La Boite maraîchère misent sur la production locale sans pesticides

    Lise Gobeille
    8 juillet 2017 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques

    L’un offre un service clé en main pour des projets d’agriculture urbaine, l’autre a développé un modèle de production agricole intensive en conteneur. Le premier s’adresse aux particuliers, aux restaurateurs et aux écoles, et le second aux épiceries, aux agriculteurs et aux entreprises. Ces deux jeunes entreprises, MicroHabitat et La Boîte maraîchère misent sur la production locale sans pesticide à des échelles toutefois bien différentes.

     

    Qui sont-elles ?

     

    MicroHabitat, c’est deux jeunes, Alexandre Ferrari-Roy, bac en sciences environnementales et agricoles, et Orlane Panet-Gigon, bac en administration. Complémentaires dans leur formation, ces amis de longue date ont eu envie d’encourager les citadins à se réapproprier leur nourriture, mais aussi de verdir la ville en transformant des espaces inutilisés en potagers. Leur force, un service personnalisé qui va du tout compris à la simple installation.

    Photo: Lise Gobeille Récolte de basilic, d’estragon, de kale, de ciboulette et de feuilles de capucine au restaurant Rouge Gorge
     

    Restaurant et école

     

    Pour vivre l’expérience de leur entreprise, j’ai rejoint le duo sur le toit du restaurant Rouge-Gorge de l’avenue du Mont-Royal à Montréal. Le potager est installé juste à côté des cuisines. Un circuit on ne peut plus court. Tout y est cultivé en sacs de géotextile. Les poivrons shishito poussent avec les carottes et les oignons, le kale Dazzling Blue est marié aux radis : nous favorisons le compagnonnage quand c’est possible, m’explique Alexandre. Tous les légumes et les fines herbes sont cultivés avec un engrais à base d’algues, le Stimyla, et sans pesticides. J’ai été impressionnée par la luxuriance des plantes, est-ce cet engrais ? Leur mélange de sols ? Les deux ?

    Photo: Lise Gobeille Orlane Panet-Gigon de MicroHabitat et Julien de l’école primaire Arc-en-ciel font l’arrosage du basilic et en récoltent les feuilles pour que l’élève puisse faire du pesto.

    Les récoltes ne couvrent pas tous les besoins de la cuisine, mais l’été dernier, aucun basilic et aucune menthe ou fleur de capucines n’a été achetée. Ici, le suivi est serré et tout ce qui est récolté est pesé et noté, ainsi on sait à la fin de la saison, la valeur des récoltes. Ensuite, moi et Orlane avons jasé tout en marchant pour nous rendre jusqu’à l’école primaire Arc-en-ciel sur la rue Laval. C’est à ce moment que j’ai appris qu’ils ont également un potager en sacs au collège Jean Eudes, à l’école Selwyn House, à la Caisse Desjardins Cité-du-Nord, au siège de Fondaction de la CSN… et qu’ils participent aux activités du 375e en donnant des ateliers d’agriculture urbaine dans les ruelles vertes. À l’école Arc-en-ciel, les sacs de production de légumes sont installés au niveau du trottoir derrière une petite clôture. Une partie des plants ont été semés en classe lors d’ateliers animés par MicroHabitat. Pendant que nous regardons les superbes aubergines, Julien et David, deux jeunes de l’école, arrivent accompagnés de leurs parents. Ils sont ici afin d’avoir les recommandations pour la semaine où ils feront l’entretien et la récolte cet été. Enthousiastes, ils font l’arrosage avec Orlane et récoltent du basilic pour que Julien puisse faire du pesto. Les bienfaits du jardinage pour les jeunes ont été démontrés dans de multiples études : développement de connaissances scientifiques, compétences sociales, amélioration des performances scolaires… Aux États-Unis, actuellement plus du quart des écoles ont leur jardin potager. La Californie a même un programme appelé « A Garden in Every School ». Ce dernier encourage les écoles à incorporer le jardinage dans le curriculum et fournit du soutien et des ressources sur le Web.

     

    Emboîtés

     

    Après les habitations et les piscines, voilà la production en conteneurs ! « Le secret de la solution de La Boite maraîchère réside dans l’utilisation de conteneurs complètement recyclés et adaptés à la culture hydroponique pour une production intensive, explique Julien Loiseau, cofondateur et responsable de la production et de la recherche et développement. Nos installations sont entièrement protégées des aléas climatiques et permettent une réduction de la consommation d’énergie et d’eau de 80 % à 90 % par rapport aux serres conventionnelles, en plus d’offrir la possibilité de les superposer. »

    Photo: Lise Gobeille Production en conteneur de laitue, de persil et de moutarde éclairée par de la lumiere Sollum par La Boite maraîchère
     

    Pour le moment, l’équipe produit en petit volume de la roquette, de la coriandre, plusieurs types de laitues… mais à terme, de nombreux autres produits seront cultivés. L’objectif est de sortir chaque semaine de 1200 à 1500 plants par semaine par conteneur. Richard Giunta, cofondateur et président du développement des affaires, m’explique qu’ils ont fait le tour de la planète du monde de l’hydroponie et des serres afin de développer ce modèle à la fine pointe. Production hydroponique N.F.T. (Nutrient Film Technique) sur étagères ; lumière DEL, plus la Sollum, une nouvelle lumière qui reproduit le soleil ; substrat de perles bleues appelées Water Pearl développé par l’Université McGill et déshumidification de l’air avec récupération de l’eau qui retourne dans le système d’arrosage, et j’en oublie sûrement. Ce modèle, c’est le 1.0. Pour le 2.0, ils passent à la production verticale et ajoutent la production de fraises et de champignons, et pour le 3.0, ils visent l’aquaponie circulaire. Selon les fondateurs, la production d’un conteneur de 12 mètres carrés équivaut à celle d’une ferme de 0,4 hectare. Toutefois, pour la même période, le conteneur donnerait un rendement 145 fois plus important. Ce type de production répond à une demande en croissance pour les produits locaux et sans pesticides. De plus, les effets sur l’environnement et les impacts écologiques seraient moindres qu’en agriculture traditionnelle, car les conteneurs occupent une faible surface et la production nécessite moins de ressources.

    Dans la bibliothèque Mon très grand herbier du Québec
    Jérôme Carrier
    Illustrations d’Alex Richard
    Les éditions Auzou Montréal, 2017, 96 pages


    Un grand et bel ouvrage documentaire pour découvrir 72 arbres et plantes du Québec, à l’aide de textes simples, de superbes photographies et de magnifiques illustrations botaniques. À la fin du livre, on découvre comment faire son propre herbier. Une chouette activité à faire au cours de l’été avec les enfants ! À partir de 6 ans.


    L’atelier des bouquets. Inspiration et conception
    Carmel Sabourin Goldstein
    Photos de Julia C.Vona
    Flammarion Québec Montréal, 2017, 256 pages


    J’ai savouré ce magnifique livre qui donne envie de partir sur-le-champ ramasser des branches dans les ruelles, dans son jardin, dans sa boîte à fleurs pour se faire de jolis bouquets. L’auteure propose des arrangements dans un style très libre, déconstruit et organique avec un look fraîchement cueilli. Elle sait capturer l’essence de la fleur, sa personnalité, sa couleur, son mouvement et sa texture. Les irrégularités du jardin anglais, la végétation abondante, les volumes, les trop et les peu sont ses sources d’inspiration. Son livre est né du désir de rendre cet art accessible à tous, pour donner envie d’avoir des fleurs dans sa vie. Dans la première partie, elle présente des notions de base pour les accessoires, les vases, la cueillette, et des trucs pour l’harmonisation des couleurs, des formes et des textures. Dans la deuxième, elle propose des recettes classiques ou originales mettant en vedettes des fleurs du mois de mai à octobre. Mais aussi, elle nous amène à la découverte de fermes florales et de producteurs passionnés de fleurs coupées du Québec qu’elle aime et admire. Inspirant et beau, un pur plaisir à feuilleter.












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