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    Le centre d’écologie et d’agriculture urbaine de Gatineau

    Pour la découverte, les rencontres, les jardins

    Lise Gobeille
    1 juillet 2017 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques
    Le Centre, ouvert il y a seulement deux ans, est installé sur le domaine de la ferme Moore. Son écurie, bâtiment patrimonial rénové, est un lieu superbe et vaste où on peut accueillir des événements.
    Photo: Lise Gobeille Le Centre, ouvert il y a seulement deux ans, est installé sur le domaine de la ferme Moore. Son écurie, bâtiment patrimonial rénové, est un lieu superbe et vaste où on peut accueillir des événements.

    Installé sur le domaine de la ferme Moore, le Centre d’écologie et d’agriculture urbaine de Gatineau a seulement deux ans, mais on lui souhaite une longue vie. Situé sur un lot de terrain exceptionnel de plus de 30 acres qui a vue sur la rivière des Outaouais, il comprend trois bâtiments patrimoniaux. Lieu de découvertes, de rencontres et de jardins, le Centre développe progressivement une gammation d’activités pédagogiques pour les 7 à 77 ans.

     

    Situé dans un des quartiers les plus densément peuplés de la ville de Gatineau, le Centre a vu le jour grâce à une association de citoyens qui s’est portée à la défense de la ferme Moore. Ce site champêtre, avec son boisé et ses bâtiments remarquables, offre de nombreuses possibilités pour des activités sur la nature : événements maraîchers, balades guidées, cours…

     

    Pour la communauté

     

    D’ailleurs, ce printemps, pour initier des groupes de toutes provenances à l’agriculture urbaine, ont été inaugurés les jardins pédagogiques. Déjà, plus de 23 écoles primaires sont venues au Centre au cours des derniers mois, explique l’enthousiaste fondateur et porte-parole du Centre, Claude Sirois. L’immense écurie, un des bâtiments patrimoniaux qui a été rénové, est un superbe lieu pour des rencontres, des conférences et de la formation. On peut y voir actuellement une petite exposition sur le frère Marie-Victorin.

     

    Guidée par M. Sirois et Majella Larochelle, responsable et concepteur des jardins écologiques, j’y ai fait une intéressante visite. Ces terrains, qui ont servi pendant des années de manège pour les chevaux, ont retrouvé après des décennies leur vocation d’origine, disent-ils fièrement. Tous les légumes y sont cultivés sans pesticides et sont vendus avec ceux d’autres producteurs locaux dans un des bâtiments patrimoniaux, le manège.

    Photo: Lise Gobeille Au jardin ethnobotanique sont mises en vedette des plantes destinées à la fabrication de tissus et de teintures et pour l’aménagement paysager.
     

    Quant aux jardins écologiques, ils prennent forme petit à petit, selon la disponibilité des bénévoles. En effet, au Centre, la majorité des tâches sont réalisées par ces derniers, sous la supervision de spécialistes, de sorte que la réalisation des jardins dépend d’eux. Quatre espaces distincts ayant chacun leur thématique forment les jardins écologiques. Au jardin nourricier sont présentées des plantes cultivées par nos ancêtres, tandis qu’au jardin médicinal, ce sont des plantes utilisées en médecine naturelle et traditionnelle et pour la fabrication de cosmétiques.

     

    Au jardin ethnobotanique sont mises en vedette des plantes destinées à la fabrication de tissus et de teintures et pour l’aménagement paysager. Et le dernier, le jardin écologique dédié à l’éditeur Fleurbec et à Gisèle Lamoureux, une membre renommée, priorise les plantes pour les papillons, les pollinisateurs, et pour les marais. Dans ces jardins, plus de 150 plantes utiles, dont plusieurs sont méconnues, peuvent être découvertes, souligne M. Larochelle.

     

    Sur les terrains de la ferme Moore ont également été aménagés une centaine de jardins communautaires qui permettent aux résidants des alentours de venir faire pousser des carottes, des tomates et du persil, seuls, en famille ou entre amis. De même que sur place, Apicentris, un groupe pour une apiculture durable, a des ruches et propose de la sensibilisation et de la formation théorique et pratique.

     

    Le domaine de la ferme Moore appartient à la Commission de la capitale nationale. Il a été pris en charge par la Coopérative de solidarité de la ferme Moore, qui s’est donné comme objectif de le mettre en valeur en créant le Centre d’écologie et d’agriculture urbaine. lafermemoore.ca

     

    La Ville de Montréal et la fondation Espace pour la vie ont annoncé un projet majeur de 14,5 millions au Jardin botanique de Montréal : « Le parcours de phytotechnologies ». Sept stations mettant en pratique des phytotechnologies seront intégrées au lieu grâce à la collaboration de scientifiques du Jardin botanique et de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV).

     

    Ce printemps, la construction de la première station, « Les marais épurateurs », a commencé au Jardin aquatique. Son inauguration est prévue pour 2018. Pour celle-ci, on utilise une technique de marais épurateurs à travers lesquels l’eau circulera afin d’assurer sa qualité pour les bassins des plantes aquatiques.

     

    Dans le désordre, viendront ensuite une station des eaux pluviales et des îlots de chaleur dans le stationnement ; l’aménagement d’un mur vivant pour réduire la pollution par le bruit du côté de la rue Pie-IX ; la stabilisation des berges et des talus aux étangs ; un toit végétal et un marais filtrant aux Jardins-jeunes ; la décontamination des sols dans la zone de recherche de l’IRBV ; puis la maîtrise des plantes envahissantes près de la Maison de l’arbre Frédéric-Back.

     

    À chaque station, des maquettes et des animations expliqueront le fonctionnement des phytotechnologies afin que les visiteurs puissent faire des liens avec leur quotidien et s’en inspirer pour imaginer des applications dans leur milieu. Un projet ambitieux qui permettra de montrer que les phytotechnologies sont une excellente solution de rechange aux approches d’ingénierie conventionnelle.

     

    Pour sa 18e édition, le Festival international de jardins, les Playsages, vise à faire mieux comprendre notre rapport à la nature. Nous passons moins de temps à l’extérieur, en plein air, et nous observons souvent les paysages avec un outil électronique entre les mains et des écouteurs sur les oreilles. Chacun des six projets retenus par le jury répond à sa manière au défi lancé. Ils repensent nos façons de jouer dehors et ouvrent une discussion sur l’impact collectif de notre relation, désormais précaire, avec la nature.

     

    Les Playsages de l’édition 2017: L’escale, du Collectif Escargo du Canada ; The Woodstock, de l’Atelier YokYok de la France ; La chrysalide, des architectes-paysagistes Gabriel Lacombe et Virginie Roy-Mazoyer du Canada ; Paysage euphonique, de MANI du Canada ; Soundcloud, de l’architecte-paysagiste Johanna Ballhaus et de l’architecte Helen Wyss du Canada et de la Suisse ; et Haiku, des architectes Francisco A. Garcia Pérez et Alessandra Vignotto d’Espagne.


    Dans la bibliothèque Le temps du potager. De la culture bio à la permaculture, Xavier Mathias, Esprit Baraton, Flammarion, 2017, 270 pages

    Dans cette nouvelle édition, Xavier Mathias partage sa passion du potager et livre ses secrets pour une culture facile avec des méthodes respectueuses de l’environnement. Il explique les principes de la permaculture avec un ton humoristique qui m’a bien fait sourire. Son premier chapitre, qui décrit les gestes de base — préparation de sol, engrais vert, comment semer, que d’eau… — est excellent. C’est clair et bien expliqué. Viennent ensuite des fiches descriptives pour chaque plante avec toutes les informations nécessaires pour semer, entretenir, récolter, etc. Les sympathiques titres des chapitres donnent une bonne idée du ton utilisé tout au long du bouquin : les trésors souterrains, la tête en l’air avec les feuilles et les fruits, la tête dans les étoiles. Maraîcher bio en Touraine, producteur de semences et de plants et enseignant, l’auteur a de nombreuses années d’expérience pratique et en communication. Ce livre, un plaisir à regarder, est magnifiquement illustré par Laurent Bessol.


    Au jardin cette semaine Au potager, il y a une question qui crée toujours la polémique : doit-on ou non tailler les tomates indéterminées ? Eh bien, c’est une question de choix. Si vous taillez les pousses axillaires qui se développent à l’aisselle des feuilles, vous obtiendrez des fruits plus rapidement et de plus gros calibre. Toutefois, comme l’explique Xavier Mathias dans son livre Le temps du potager, les tomates sont des plantes naturellement buissonnantes et les conduire sur une ou deux tiges les fragilise. Certes, un plant non taillé donne des fruits plus petits et plus tard dans la saison, mais les tomates sont nettement moins fragiles aux maladies et moins exigeantes en arrosages, écrit-il. Donc, à vous de choisir, mais n’oubliez pas que si vous taillez, vous devez aussi tuteurer et attacher le plant.

    Aussi, il ne faudrait pas oublier de butter à 10 cm les délicieux haricots et pois mangetout, à rame ou nains, et pour les croquants petits pois, ce sera à 15 cm.












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