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    Du fleuve à la montagne

    Lise Gobeille
    17 octobre 2015 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques
    Photo: Lise Gobeille

    Un legs pour le 375e anniversaire de Montréal, la promenade Fleuve-Montagne est un projet innovateur et emballant. Réalisée pour encourager la marche et mettre en valeur les différents sites qu’elle traverse, sa conception permet aussi de multiplier les possibilités de verdissement et d’augmenter la biodiversité du secteur.

     

    Pour le moment, c’est au nord du tracé qu’auront lieu les projets importants de végétalisation, car dans sa partie sud, il y a peu d’emprise non aménagée. Toutefois, une concertation a lieu fin octobre afin de discuter, entre autres, de la façon dont riverains et citoyens pourraient participer à son verdissement.

     

    Un réseau

     

    Le circuit Fleuve-Montagne s’inscrit dans un réseau de promenades urbaines à venir et dans un courant mondial de réaménagement en faveur du piéton. On veut faire naître le plaisir de marcher au quotidien et agir en tant que levier pour donner à Montréal le rythme du piéton, précise Marie-Claude Séguin, architecte du paysage à la Ville de Montréal.

     

    « Chaque promenade aura son identité propre selon les lieux et les quartiers qu’elle traversera ; il n’est pas question de s’imposer. Le choix est ambitieux pour une première, car en reliant ces lieux iconiques du paysage montréalais, nous sommes dans une zone densément peuplée et habitée, et les emprises non aménagées sont rares. En plus, elle se doit d’être exemplaire, puisqu’elle donnera le ton aux suivantes. Le parcours de 3,8 kilomètres débute au musée Pointe-à-Callière, emprunte la place d’Youville, les rues McGill, Sainte-Catherine, McGill College, Sherbrooke et McTavish, pour culminer au pied du mont Royal. »

     

    Stratégie de végétalisation

     

    Pour faire entrer la biodiversité du mont Royal — ses oiseaux, sa végétation, ses insectes — dans la ville, une coulée verte descendant de la montagne a été imaginée. Bien réfléchie, la stratégie de végétalisation se déploie en trois points.

     

    D’abord, varier les strates herbacées, arbustives et arborescentes pour attirer la petite faune, les oiseaux et les insectes en ville ; ensuite, créer un gradient de plantes indigènes à partir du milieu naturel, donc près de la montagne sont plantées uniquement des espèces présentes sur le mont Royal, tandis que les espèces non indigènes sont graduellement introduites sur le parcours ; et finalement, aménager durablement, c’est-à-dire choisir des plantes tolérantes à la pollution, avoir des fosses de plantation de dix mètres cubes pour assurer la pérennité des arbres et avoir recours aux phytotechnologies pour la gestion des eaux pluviales.

     

    Une rue en partage, piétons, végétaux, autos

     

    L’objet d’un projet pilote innovant, la rue McTavish fait une place exceptionnelle aux piétons, mais aussi à la végétation, car s’y trouve la coulée verte. La vitesse de circulation sera limitée à 20 km/h, les piétons auront la priorité et le stationnement y sera interdit. Des trottoirs élargis permettront d’implanter les trois strates végétales et en particulier la plantation d’arbres à grand déploiement.

     

    C’est également sur ce tronçon que des phytotechnologies — l’exploitation des plantes pour résoudre des problèmes environnementaux — sont utilisées pour la gestion des eaux pluviales.

     

    Aménagements transitoires

     

    Comme le projet doit être livré pour l’anniversaire de la ville, mais que certains aménagements planifiés sont tributaires d’études plus longues sur la circulation, des installations transitoires seront implantées à certains endroits. Ce sera le cas de McGill College, où il était question de fermer le côté est de la rue à la circulation. Mais, à la suite d’une levée de boucliers, le projet est malheureusement en suspens.

     

    En attendant, une occupation incluant du verdissement sera réalisée sur les trottoirs et les espaces de stationnement. Sur la côte du Beaver Hall, où l’on souhaite retravailler la géométrie de la rue, et sur la place d’Youville, qui est déjà en travaux, seront aussi installés des aménagements réversibles.

     

    Trois jours de concertation

     

    La Ville de Montréal convie les citoyens et les riverains à participer à l’une des trois journées de concertation pour découvrir ce projet enthousiasmant.

     

    Le mercredi 21 octobre à la station de pompage d’Youville de la Pointe-à-Callière, 173, place D’Youville.

     

    Le jeudi 22 octobre au Green Café, 443, avenue Viger Ouest.

     

    Le mardi 27 octobre à la Maison Thomson, 3650, rue McTavish.

     

    Horaire des 3 journées : de 15 h à 19 h, portes ouvertes et échanges informels avec l’équipe du projet. De 19 h à 21 h : réunion publique.

     

    L’Arbre de l’année Québec

     

    Pour la première édition du concours L’Arbre de l’année Québec, l’heureux élu est un fantastique hêtre à grandes feuilles, un Fagus grandifolia de Sainte-Angèle-de-Monnoir. Parmi les quatre finissants sélectionnés par un jury, cet arbre, présenté par Denis Mercier, a su conquérir le coeur du public. Avec sa candidature, M. Mercier a joint ce texte significatif et touchant :

     

    « Tu as pris racine vers 1650 au milieu d’une forêt dont il ne reste aucune trace. Tes racines se sont diffusées au coeur des terres fertiles du Québec. Tu es témoin vivant de cette époque lointaine. […] Tu trônes à côté de cette jeune église centenaire. Autour de toi, le cimetière. Et toi, seul hêtre vivant parmi tous ces êtres disparus que tu as vu naître et mourir. Ton sol a été hydraté par tant de larmes de joie et de tristesse. »

     

    Maud Fillion, directrice générale des Amis du Jardin botanique de Montréal et membre du comité organisateur du concours, en explique l’objectif premier : « Avec l’Arbre de l’année, nous voulons faire valoir l’importance des relations qui existent entre les individus et leur environnement, pour ensuite les inciter à s’engager dans sa protection. »

     

    Apparu au début des années 2000 en République tchèque, ce chouette concours rejoint maintenant des centaines de milliers de personnes à travers le monde. Cette première édition québécoise a été lancée grâce à l’initiative des magazines et organismes de vulgarisation scientifique francophone. Merci à eux !

    Le circuit Fleuve-Montagne entraînera la transformation de la rue McTavish, qui fera une place exceptionnelle aux piétons. Les trottoirs seront élargis pour permettre la plantation de végétaux et d’arbres à grand déploiement, comme sur la maquette présentée ici. Un fantastique hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia), qui pousse à Sainte-Angèle-de-Monnoir, a été élu « Arbre de l’année Québec ».












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