Tout le monde debout, voici l’hymne national!

Le dernier courroux de Trump (avant les autres, qui ne devraient pas tarder) concerne les joueurs de football américains qui refusent de se lever lors de l’exécution de l’hymne national au début des parties. Loin de moi l’idée d’entrer dans le débat, mais cela me donne l’occasion de remettre en question certaines pratiques saugrenues auxquelles nous nous sommes habitués sans ronchonner.

 

Exemple : l’habitude d’applaudir le pilote à chaque atterrissage. L’humoriste Pierre Desproges, qui lui aussi trouvait cette pratique grotesque, s’est déjà demandé pourquoi on n’applaudirait pas aussi le plombier lorsque celui-ci réussit à déboucher la toilette. Il a bien fait son travail, comme le pilote ? Vous l’avez payé ! Tout comme le pilote. Merci, bonjour. Même logique, même combat.

 

Depuis une éternité — durant laquelle on nous a présenté les parties de hockey, de football, et bien d’autres —, on a pris l’habitude de nous faire entendre l’hymne national des équipes qui s’affrontent sur le terrain. Démarrer en grande pompe la moindre joute (jusqu’à la plus minable) avec l’hymne national du Canada et le Star-Spangled Banner — quand l’équipe adverse est américaine — ajoute vraisemblablement du gallon à la rencontre sportive, mais n’ennoblit pas pour autant ces chants solennels créés à l’origine pour honorer la patrie et ses défenseurs.

 

Hors le plaisir de voir Ginette Reno chanter durant trois minutes sur mon écran plat, je ne vois réellement pas où est l’intérêt de jouer l’Ô Canada au Centre Bell lors des matchs de hockey et jamais lorsqu’on entre faire nos emplettes à Canada Tire, ou chez Costco ? En vertu de quel principe les événements sportifs seraient-ils plus patriotiques que nos visites chez l’épicier ou le quincaillier ? Un coup parti, vu la quantité d’articles importés d’Asie que l’on trouve dans nos échoppes, je suggérerai que l’on y joue aussi le Kimi oa yo — l’hymne national japonais — ou peut-être aussi La marche des volontaires — l’hymne chinois —, dont les paroles ne devraient pas déplaire à Donald Trump, puisqu’elles disent : « Debout ! C’est avec notre chair que nous allons bâtir notre NOUVELLE GRANDE MURAILLE ! »

4 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 13 octobre 2017 09 h 01

    Bravo Stanké

    Le sport professionnel est une énorme business qui veut se donner une image patriotique, virile et martiale, pour mieux vendre son produit, comme s'il contribuait à faire en pays plus fort, alors qu'il encourage au contraire à rester effoiré dans un Lazyboy.
    Si les gouvernements avaient un peu le sens de l'honneur national, ils défendraient l'utilisation de l'hymne national à des fins commerciales.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 octobre 2017 09 h 06

    Je vous appuie

    Si vous enclenchez une campagne pour interdire l'utilisation des hymnes nationaux à des fins commerciales, je signe tout de suite. Dès l'âge de 17 ans, je m'étais demandé qu'est-ce que l'hymne national vient faire là?

  • Michel Lebel - Abonné 13 octobre 2017 12 h 01

    Une vieille recette!

    Vous oubliez une chose, M. Stanké: les jeux sportifs de masse sont éminemment politiques. Ils servent à endormir le peuple ou l'exhalter pour une ou des causes. Du pain et des jeux, c'est la vieille recette des Romains et elle marche toujours!

    M.L.

  • Hermel Cyr - Abonné 13 octobre 2017 16 h 12

    Tout à fait d'accord....

    J'ai toujours éprouvé un énorme malhaise devant cette "habitude" saugrenue de faire "abaisser en se levant" les partisans sportifs devant les hymnes nationaux.

    Je suis indépendantiste, mais aucunement nationaliste. Si le Québec devenait pays indépendant, j'aurais honte de demander à tous ces gens à se lever (ça ressemblel plus à une prosternation) devant l'État !

    Tellement rétrograde !