Un ordre professionnel des enseignants?

Les enseignants résistent depuis longtemps à ce projet de création d’un ordre professionnel, et ce, pour des raisons évidentes : ils refusent de devoir se donner des règles qui, évidemment, vont augmenter leur autonomie professionnelle, mais aussi les obliger à assumer ces lourdes responsabilités qui viennent avec elle ! La majorité d’entre eux préfèrent le statut actuel de fonctionnaires, bien inscrit dans la tradition syndicale qui s’est imposée ici (dans les années 1970) dans un contexte de lutte des classes. Cette situation toxique a laissé les séquelles nocives qui ont grandement débilité le statut de la profession enseignante ! Cette emprise syndicale a en effet favorisé la monopolisation étatique de notre système scolaire où le rôle de l’enseignant a été réduit à celui d’exécutant, de passeur de programme, plutôt qu’à celui de passeur de culture. Il est donc urgent d’agir, et le temps est venu de méditer sur cet état de fait et de refonder le rôle de l’enseignant dans une perspective plus respectueuse de ses compétences et de sa liberté d’action.

14 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 12 août 2017 07 h 36

    Quel discours primaire!!

    "...la tradition syndcale qui s'est imposée ici... Cette situation toxique..."

    M. Poulin,
    Ce que vous dites au sujet des "passeurs de programme" est passablement vrai et déplorable, mais ça ne vous autorise pas à passer votre petit venin de la droite-à-grand-papa.
    Les maudits syndicats, les fonctionnaires paresseux, pas prêts à assumer de lourdes responsabilités, faut vraiment avoir rien à penser!

    La prise de pouvoir de Québec sur l'esprit et la lettre des programmes n'a rien à voir avec lers syndicats, mais avec des politicailleurs obnubilés par la théorie que quelques pédagogues scientistes leurs ont vendue, au mépris des enseignants ET des étudiants. Votre argumentation d'une minceur famélique n'y changera rien, le problème est beaucoup plus haut et que ce que vous dites.

    La maladie est dans le haut appareil et sa volonté ridicule (ou paranoïaque) de centraliser l'enseignement jusqu'à chaque mot utilisé, chaque geste, à la limite de la pensée. Elle ne vient pas du tout de la base, ni des syndicats.

    La folie a été de croire plus Piaget que l'enseignant qui vit jusque dans ses fibres l'évolution de chacun de ses élèves.
    Piaget et consorts, j'aime bien. L'enseignement qui en découle, lui, est pourri jusqu'à l'os.
    Dans la foulée j'ajoute que des jugements comme le vôtre le sont tout autant.

    Il suffit de voir comment le Collège des Médecins a le pire des comportement protectionniste envers ses membres pour comprendre que votre charge Don Quichottienne contre les syndicats est farfelue.
    Dans les faits un changement de statut ne fera pas grand-chose pour qui que ce soit. C'est sur la volonté de laisser l'initiative aux enseignants, et ce depuis le ministère, que le mouvement doit venir.

    Il faut augmenter largement le salaire des enseignants du primaire pour attirer les meilleurs éléments, compléter la formation des profs du secondaire par des cours de spécialisation, et ramener les psys et orthopédagogues que Couillard-le-démagogue a sortis.

    • Christiane Gervais - Abonnée 12 août 2017 15 h 06

      Oui un texte anti-syndical, lui-même sorti, dirait-on, des années 70!

      Que le ministère et les directions d'école fournissent aux enseignants les outils dont ils ont besoin, et regardez-les aller, ils font déjà des miracles avec le peu qu'on leur donne!

    • Cyril Dionne - Abonné 12 août 2017 17 h 12

      Depuis la mise en place d'un Ordre des enseignants en Ontario, la qualité de l'éducation dans les école ontariennes est en chute libre. Le tout est reflété dans les résultats des tests de PISA pour les écoles ontariennes. Le Québec est de loin supérieur sur ces mêmes tests. C'est ben pour dire.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 12 août 2017 08 h 16

    Est-ce les médecins auraient accepté d'être membres d'une corporation professionnelle si les administrateurs d'hôpitaux étaient plus nombreux à siéger au conseil de discipline professionnel que les médecins eux-mêmes? Voilà pourtant le genre de piège à cons qu'on offre si généreusement aux enseignants.
    Comme si la tâche de l'enseignant n'était pas assez difficile, pris constamment entre l'arbre et l'écorce entre parents et enfants souvent revendicateurs et des directions d'écoles submergées par leurs propres tâches et parfois tentées d'aller au plus court. Est-ce vraiment nécessaire de rajouter une nouvelle épée de Damoclès suspendue en permanence au-dessus de leur tête? Je peux vous garantir que l'incompétence administrative dans la gestion d'une école à énormément plus de conséquences dans la gestion des classes de toute une équipe d'enseignants. Qu'attend-on pour créer un ordre professionnel de directeurs d'école?
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Cyril Dionne - Abonné 12 août 2017 17 h 07

      Je suis enseignant en Ontario. Nous avons un Ordre des enseignants qui est presque inutile. Néanmoins, nous avons une forte cotisation à payer chaque année et pourquoi?

      Est-ce que celle-ci améliore la qualité de l’éducation dans les salles de classe? Non. Est-ce que celle-ci incite une participation active de la part des parents dans le parcours et cheminement pédagogique de leurs enfants? Non. Est-ce que celle voit à ce que les enseignants aient les meilleures qualifications dans la salle de classe pour une pédagogie qui se doit de refléter la nouvelle ère des savoirs technologiques? Non.

      En fait, c’est une autre couche de bureaucratie, n’en déplaise à tous nos érudits libéraux. C’est le gouvernement qui paraît bien dans tout cela, pas les élèves. C’est au niveau du curriculum et bulletins standardisés qu’il y a tant à faire au Québec.

      Cyril Dionne

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 août 2017 07 h 21

      Pour M. Dionne.

      Étant enseignant en Ontario vous ne pouvez pas le savoir évidemment.

      Au Québec, les mots "érudits" et "libéraux" sont des antinomies. Ici, en éducation, les "z'érudits" sont des hauts fonctionnaires et leurs sbires pédagogues à la théorie sans faille, lisse comme un mur d'acier.

      Les libéraux sont des affairistes qui avaleront n'importe quoi en autant que le commerce fonctionne, discours ronflant à la Couillard en prime... question de vendre leur char usé à la corde.

  • Hélène Paulette - Abonnée 12 août 2017 11 h 06

    Toxique?

    La lutte des classes commence avec l'accès à l'éducation et, non, le syndicalisme n'est pas toxique en soi!

  • Jacques Tremblay - Inscrit 12 août 2017 11 h 06

    Une des plus grandes supercheries du système actuel d'éducation c'est de donner toujours plus de responsabilités aux enseignants sans leur fournir les ressources pédagogiques et organisationnelles nécessaires à l'atteinte de leurs nouvelles responsabilités. Et maintenant face à une organisation scolaire tout à fait déficiente dans l'atteinte de ses objectifs de réussites scolaires certains politiciens voudraient détourner l'attention de leurs propres incuries en voulant faire porter le bonnet d'âne aux enseignants. Faut-il rappeler l'évidence que les enseignants font ce qu'ils peuvent avec les élèves et les moyens qu'ils ont! Faut-il rappeler l'évidence que l'enseignant ne choisit pas les élèves qui entrent dans sa classe! Et on voudrait les rendre responsables de tout ce qui arrive dans leurs classes? À l'heure du redoublement quasi inexistant qui en plus s'accumule avec les années, à quel type de classe pensez-vous sont de plus en plus confrontés les enseignants? Le professionnel de la santé qui lui reçoit un client à la fois peut toujours le référer à un collègue lorsqu'il se sait incompétent pour répondre aux besoins de son client. Même chose pour l'avocat, le comptable agréé, le dentiste etc. Pendant ce temps l'enseignant reste dans sa classe avec ses problèmes pédagogiques et ses 32 élèves à la fois, et ce trois fois par jour, jour après jour, soir après soir, fin de semaine après fin de semaine. Des élèves aux niveaux d'apprentissage de plus en plus hétéroclites. Déjà la tâche de l'enseignant avant la réforme étaient une multi-tâches pédagogiques, éducationnelles, sociétal et administrative: par quel angélisme pouvions-nous penser que l'hétérogénéisation des classes finirait par augmenter la réussite de nos élèves et diminuer les critiques justifiées ou injustifiées des parents? Et maintenant tout cela serait la faute des enseignants qui ne seraient pas assez " professionnels? Tout cela pour déresponsabiliser ceux qui sont à la source même du problème.

    • Josée Duplessis - Abonnée 13 août 2017 09 h 42

      AH!!!! Comme vous auvez raison. Tout est dit et bien dit.
      Mais sourde sera l'oreille des libéraux qui ne verront dans cette proposition qui aura peut-être été soufflée à l'oreille des jeunes libéraux par le ministre de l'éducation lui-même affamé de reconnaissance sociale, qu'une chance d'avoir l' appui de la population.
      Enfin diront-ils, un gouvernement qui mettra au pas le milieu de l'éducation...
      Enfin un gouvernement qui protègera sa population contre les enseignants incompétents affirmeront-ils...
      Faisant du coup oublier ue la réussite scolaire passe par bien d'autres choses qu'un ordre professionnel.
      Ça passe par des ressources finacières adéquates, des ressources humaines importantes en nombre, une implication des parents à la maison, une intégration linguistique mieux ficelée à Montréal et j'en passe.
      Faisant oublier leurs multiples coupures et la saison de l'austérité.

      Mais de tout cela le ministère n'en a rien à cirer.
      Il a plutôt de la poudre aux yeux à jeter à son bon peuple.
      Nous ne sommes pas sortis de l'auberge comme disait Confucius....ou l'autre.

  • Roxane Bertrand - Abonnée 12 août 2017 20 h 21

    Un enseignant et un système

    À l'heure actuel les enseignants sont soumis à leurs directions et leur commission scolaire...qui elles sont soumises à leur budget!

    Il en résulte, à mes yeux, des enseignants à bout de souffle, des decrocheurs et une diminution de la qualité d'enseignement.

    Personne, à l'exception des gens de bonnes volonté dans ce système, n'est du côté des enfants et de leur parents.

    • Josée Duplessis - Abonnée 13 août 2017 09 h 46

      Je m'excuse Mme Bertrand.
      Les enseignants sont depuis toujours des enfants.
      Je suis enseignante et les enfants sont la raison de notre présence, notre implication et notre acharnement à obtenir des ressources appropriées afin d'exercer notre mission du mieux possible.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 13 août 2017 15 h 32

      @ Mme Duplessis
      Merci Madame Duplessis d'être une de ses personnes de bonne volonté prête à se battre pour le bien être des enfants.

      Pour avoir côtoyé plusieurs enseignantes, il est plus difficile de se battre pour les enfants que de tout simplement suivre sa convention collective et de standardiser les enfants.