Ne pas abdiquer devant l’outrage de 1982

Le 17 avril 1982, la proclamation de la Loi constitutionnelle — signée par la reine et par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau — marquait l’aboutissement d’une opération de rapatriement unilatéral effectuée sans l’assentiment du Québec, rappellent les auteurs.
Photo: Ron Poling La Presse canadienne Le 17 avril 1982, la proclamation de la Loi constitutionnelle — signée par la reine et par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau — marquait l’aboutissement d’une opération de rapatriement unilatéral effectuée sans l’assentiment du Québec, rappellent les auteurs.

Lettre ouverte à Philippe Couillard

 

Il y a 35 ans, le 17 avril 1982, la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 portait une atteinte sans précédent à l’autonomie législative, constitutionnelle et politique du Québec au sein de la fédération canadienne.

 

Aboutissement d’une opération de rapatriement unilatéral effectuée sans l’assentiment du Québec et au mépris de son refus clairement exprimé d’y consentir, l’entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1982 et de la Charte canadienne des droits et libertés constituait un véritable outrage politique infligé à l’endroit de la nation québécoise tout entière. Ce moment constitutionnel était, et demeure aujourd’hui, aussi antidémocratique qu’illégitime.

 

Au surplus, ce coup de force constituait pour le Québec, comme le soulignait René Lévesque à l’époque, une véritable réduction à l’impuissance sur son propre territoire. En 1982, la Charte canadienne des droits et libertés est venue usurper le pouvoir souverain du peuple québécois de faire ses propres lois pour placer l’Assemblée nationale du Québec sous la tutelle judiciaire permanente de la Cour suprême du Canada — tout particulièrement en matière de langue et d’éducation. N’est-il pas important de rappeler que la Loi constitutionnelle de 1982 modifiait de façon implicite d’importantes dispositions de la Charte de la langue française, et ce, sans le consentement de l’Assemblée nationale ?

 

La proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 et l’adoption par le Parlement du Royaume-Uni de la Loi sur le Canada quelques mois plus tôt ont contrevenu et contreviennent toujours de manière manifeste aux principes fondamentaux en droit international que sont l’égalité des peuples et le droit des peuples à l’autodétermination. Pourtant, il est essentiel de réaffirmer, comme le fait la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec, que « [le] peuple québécois peut, en fait et en droit, disposer de lui-même », qu’« [il] est titulaire des droits universellement reconnus en vertu du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes » et qu’« [il] a le droit inaliénable de choisir librement le régime politique et le statut juridique du Québec ».

 

Contrecarrer le droit québécois

 

Depuis 35 ans, la Charte canadienne est de plus en plus fréquemment invoquée pour contrecarrer le droit québécois au nom d’une idéologie néolibérale, relativiste et communautarisante, qui s’inscrit en faux avec la réalité sociale beaucoup plus républicaine, universaliste et convergente de ses assises démocratiques. De la mise en pièces de la Charte de la langue française jusqu’à la tourmente des accommodements raisonnables, cette Charte canadienne n’en finit pas de s’opposer à la pourtant légitime expression démocratique d’un peuple québécois qui cherche à assurer son avenir et à assumer son identité, tout cela au nom d’une interprétation confisquée des droits fondamentaux ancrée dans le multiculturalisme et l’individualisme, qui n’est pourtant ni la seule ni la sienne.

 

À l’époque du rapatriement, le chef libéral Claude Ryan avait joint sa voix à celle de René Lévesque pour dénoncer le coup d’État constitutionnel de Pierre Elliott Trudeau. Tous vos prédécesseurs à l’Assemblée nationale, même les plus ardents fédéralistes parmi nos premiers ministres libéraux des dernières années — incluant Robert Bourassa et Jean Charest —, ont condamné ce sombre épisode de l’histoire canadienne, quelles que soient leurs opinions sur la question nationale. Jeudi dernier, vous rompiez avec eux en refusant de renouveler la condamnation systématiquement prononcée par notre Assemblée nationale de cet événement traumatique, alors même que la motion proposée à cet effet était identique à celle que votre parti avait appuyée il y a cinq ans. Pourtant, rien ne s’est amélioré depuis 1982 : le Québec n’a obtenu aucune reconnaissance constitutionnelle de son statut de société distincte ni le moindre pouvoir constitutionnel supplémentaire (pouvoirs qu’il réclame pourtant depuis le gouvernement libéral de Jean Lesage sous la Révolution tranquille).

 

La vulnérabilité culturelle et politique du Québec au sein de l’ordre constitutionnel canadien n’a fait que s’accroître durant les 35 dernières années. En votre qualité de premier ministre du Québec, de chef du gouvernement de la nation québécoise, vous avez la responsabilité de condamner le geste antidémocratique et illégitime qui a été posé en 1982. Mais jeudi dernier, au contraire, vous en avez fait l’apologie. Jeudi dernier, vous avez commis un affront. Vous avez fait un affront à l’Assemblée nationale. Un affront à vos prédécesseurs. Un affront au peuple québécois. Cet affront, nous ne pouvons que le dénoncer.

 

Affaiblir le Québec

 

Depuis votre arrivée au pouvoir, vous avez contribué à affaiblir le Québec au sein de la fédération canadienne en proposant vous-même une vision de plus en plus réductrice de notre capacité d’action législative, politique et économique. Dans vos négociations avec le gouvernement du Canada, vous abdiquez sans combattre : de Muskrat Falls à Bombardier, en passant par les suites de l’arrêt Jordan (une autre suite de la Charte canadienne) et votre évidente préférence pour le multiculturalisme canadien illustré par les projets de loi nos 59 et 62 sur la liberté d’expression et les accommodements raisonnables.

 

Certes, il est tout à fait légitime pour un gouvernement de promouvoir un programme politique. Mais aucun premier ministre avant vous n’a fait passer un tel programme (de soumission complète !) avant la mission plus grande de tout chef d’État : la défense et la promotion de la nation qu’il a pour devoir de mener.

 

Depuis votre assermentation, de plus en plus de Québécois s’interrogent : agissez-vous en premier ministre du Québec ou en émissaire du Canada au Québec ? Jeudi dernier, par votre refus de condamner l’outrage constitutionnel de 1982, vous avez répondu de manière on ne peut plus claire à cette question. Le peuple québécois doit en prendre acte.

Ajout 20 avril: après publication, les auteurs de la lettre ont reçu le soutien de Bernard Landry, premier ministre du Québec de 2001 à 2003, qui souhaite être ajouté à la liste des signataires.

* La lettre est cosignée par :
​Claude André, enseignant en sciences politiques
Jérôme Blanchet-Gravel, essayiste et historien
Henri Brun, professeur de droit (Université Laval)
George Brunel, Organisation des Nations Unies (retraité)
Pierre Cloutier, avocat
Michèle Doat
François Doyon, philosophe
Lionel Alain Dupuis
Diane Dutka, avocate (retraitée)
Maxime Laporte, avocat
Gabriel Meunier, avocat
Simon-Pierre Savard-Tremblay, essayiste et sociologue
André Sirois, avocat à l'Organisation des Nations Unies

32 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 20 avril 2017 03 h 00

    De " sauveur" à fossoyeur du Québec


    Jamais je n'aurais pensé que j'aurais été aussi peu fier d'un Premier ministre du Québec. Jamais je n'aurais pensé que mon Premier ministre aurait pu démontrer autant de lâcheté. Au lendemain des élections partielles de décembre 2016 le capitaine Couillard partait en voyage et s'autoproclamait, de façon tout à fait présomptueuse, être le " sauveur" du Québec. Plusieurs personnes dont l'économiste Pierre Fortin l'ont magistralement ramené à l'ordre tant et si bien qu'il a su momentanément revenir les deux pieds sur terre. Pourtant le 17 avril 2017 M. Couillard nous a encore démontré qu'il pouvait encore avoir la tête dans les nuages. Après 35 ans d'une belle unanimité à l'Assemblée nationale le capitaine Couillard est reparti en balloune et a décidé qu'il était maintenant temps d'enterrer les revendications légitimes de tout un peuple! Jamais Claude Ryan, ni Robert Bourassa, ni Jean Charest n'auraient osé faire une telle traîtrise aux générations futures. Voilà pourquoi j'estime que Christian Couillard s'est pour le moins mérité cette fois le titre de "grand chevalier fossoyeur"du Québec. Honte à vous M. Couillard vous qui n'avez pas su préserver l'esprit nationaliste de vos ancêtres. Mais surtout honte à ceux qui vous ont fait confiance et qui vous ont élu.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Claude Bariteau - Abonné 20 avril 2017 08 h 39

      Les auteurs ciblent le PM Couillard et rappellent un passé récent de résolutions avançant que le gouvernement du Québec a dans la gorge le coup de force de 1982.

      À première vue, c'est de bonne guerre. Or, ce coup de force n'était pas le premier. Il y en a eu un en 1836 qui rappela que les ressortissants français et les autres habitants du Bas-Canada s'activaient sur un territoire militairement occupé par la Grande-Bretagne et géré en sous-produit britannique.

      Ce sous-produit prit forme en 1840 par l'union des Bas et Haut Canada et s'élargit en 1867 par la création du Dominion of Canada, une entité supra-colonial à laquelle Londres laissa ses pouvoirs d'occupation militaire et d'encadrement des autochtones et des entités coloniales subalternes.

      Cette occupation a toujours cours et les entités subalternes, dont celle du Québec qui s'est quelque peu affranchie en 1962, furent reconfirmées subalternes en 1982 par Pierre Elliott Trudeau, ce PM qui s'était donné comme mission de corriger l'impair de Lester B. Pearson dans un contexte international sensible à la décolonisation. Depuis, l'entité provinciale québécoise fut remoulée selon les termes définis en 1982.

      Aussi, voir dans la position du PM Couillard le refus du passé de la part d'un émissaire du Canada ne doit pas négliger que les autres PM du Québec, qui ont composé différemment avec ce Canada, ne sont pas parvenus à être autre chose que des gestionnaires provinciaux.

      Aussi m'apparaît-il fondamental de lire l'histoire des habitants du Québec, d'hier comme d'aujourd'hui, comme celle d'habitants d'un territoire militairement occupé et la province de Québec au sein du Canada comme une entité subalterne sous le contrôle canadien avec des gestionnaires locaux qui s'apparentent, quels qu'ils soient, à des gestionnaires, émissaires ou non, de l'ordre canadien.

      Des résolutions ne changent rien à cette réalité. Seul peut le faire le rejet politique de l'ordre canadien imposé au Québec.

    • Michel Blondin - Abonné 21 avril 2017 18 h 02

      "Honte à vous M. Couillard vous qui n'avez pas su préserver l'esprit nationaliste de vos ancêtres. Mais surtout honte à ceux qui vous ont fait confiance et qui vous ont élu."

      J'ajouterais, monsieur Tremblay, que les députés du parti libéral du Québec qui ont voté contre cette résolution sont de honteux et déshonorants politiciens. Ils ont acquis le titre de cocus content de la politique coloniale fédéraliste.

      Ce geste vous marque à vie comme ce qu'il y a de pires coubettes politiciennes. Vous mériteriez, si je n'étais pas si démocrate et pacifiste, un pied politicien aux antipodes du sourire.

      Un politicien provincialiste s'abstiendrait au moins de voter par son absence.

      En droit constitutionnel, celui qui perd la bataille des mots perdra la guerre pour tout un peuple.

      Quelle inconscience!

      Sinon, ayez au moins le courage de défaire l'autorité qui vous pèse de Couillard.

  • Michel Lebel - Abonné 20 avril 2017 03 h 30

    Un fait!


    Le verbe est ici plutôt haut! Trop pour être pleinement vrai! Je me demande bien combien de Québécois se sentent, de nos jours, outragés par la Loi constitutionnelle de 82. Peu, à mon avis. Il faut bien reconnaître un fait: cette Loi ne pouvait jamais répondre aux demandes des souverainistes: quand on veut la totale...!


    Michel Lebel

    • Jean-François Trottier - Abonné 20 avril 2017 07 h 40

      M. Lebel,
      votre commentaire rappelle les belles années de P E Trudeau qui refusait la moindre concession aux provinces sous prétexte que la plus minime tenait du "crypto-séparatisme". Ces mots, on les a entendus pendant plus de 20 ans!

      Vous oubliez semble-t-il la grande tournée de Trudeau pour rallier toutes les forces possibles et contrer l'accord du lac Meech. Il a fini par trouver bien sûr, et coulé l'accord malgré l'opinion générale plus que majoritaire, ce qui a repoussé le Québec au rang de province vraiment comme les autres du point de vue administratif. Restent d'amusantes différences folkloriques, juste assez pour dire que le Canada est "tellement tolérant ma chère". Une farce.

      Le principe du multuculturalisme est absolument axé en fonction des droits de l'individu, ce qui est un non-sens pour nous, humains grégaires. Chacun se reconnait par son appartenance à différents groupes, soit des associations, amis, une religion ou encore un langue commune et j'en passe. Ne pas reconnaître les communautés multiformes, c'est dans les faits isoler chaque individu dans ses orientations et décisions, principe de base du Libéralisme du 19ème siècle et du Néolibéralisme actuel.

      Entre autres, cette façon de faire rend l'individu seul responsable face aux campagnes de publicités tendancieuses de compagnies tout aussi vues commes des individus et tout aussi, mais pas plus, responsables, sauf lois toujours en retard de quelques années. C'est carrément révoltant.

      Trudeau était un dogmatique dangereux, il l'a prouvé à maintes reprises, et c'est sa peur maladive de toute différence qui a créé la situation actuelle de sclérose tant constitutionnelle que politique et budgétaire.

      Ce rapport de force perpétuel qui fait qu'Ottawa a toujours le dernier mot est devenu un jeu d'un peu de carotte, beaucoup de bâton par la faute de ce "penseur" sans le moindre sens humaniste.

      Votre réponse sous forme d'accusation date d'une génération.

    • André Chevalier - Abonné 20 avril 2017 08 h 02

      Vous ne pouvez pas nier que le rapatriement de la constitution tel qu'il s'est déroulé était une trahison des promesses de P.E. Trudeau à l'égard des aspirations légitimes des québécois.
      Ça, c'est un fait!

    • André Nadon - Abonné 20 avril 2017 09 h 18

      Encore dans le radotage,Monsieur Lebel.
      Tous savent que que les fédéralistes sont les seuls à ne pas vouloir la totale. La preuve: la Constitution de 1982 imposée au Québec et refusée par tous les gouvernements successifs jusqu'à la venue de Philippe Couillard, plus Canadian que Québécois, grand admirateur de la démocratique Arabie saoudite. Quelle ouverture d'esprit! La totale ,quoi!
      Prendre les intérêts du Québec, selon vous, c'est vouloir la totale. Félicitations pour la nuance et l'ouverture d'esprit.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 20 avril 2017 09 h 42


      « cette Loi ne pouvait jamais répondre aux demandes des souverainistes »M. Lebel

      Claude Ryan, Robert Bourassa et Jean Charest n’étaient pas des souverainistes que je sache. Il n’y a que Philippe Couillard pour se comporter comme un invertébré devant l’autocratie fédérale.

    • Claude Gélinas - Abonné 20 avril 2017 10 h 16

      Attention danger ! Par vos observations complaisantes , je constate avec respect que vous vous approchez dangereusement du titre du colonisé collaborateur.

      J'ajoute que le texte des auteurs devrait vous fournir une réponse satisfaisante à votre questionnement portant sont les conséquences du rapatriement du rapatriement sur les pouvoirs de l'Assemblée nationale dont notamment celle de voir la Loi 101 charcuter par les juges de la Cour suprême alors que ses modifications devraient incomber aux élus.

    • Bernard Dupuis - Abonné 20 avril 2017 11 h 15

      Un argument absurde.

      Ce n’est pas parce que la loi ne pouvait satisfaire les souverainistes que cela justifiait une démarche antidémocratique et illégitime. De plus, cela ne justifiait pas de placer « l’Assemblée nationale du Québec sous la tutelle judiciaire permanente de la Cour suprême du Canada ».

      Ce que votre sophisme met en valeur, c’est la négation des besoins et des droits légitimes de la nation québécoise. Au bout du compte, c’est la négation de la nation québécoise elle-même pour y substituer le nationalisme canadien, le canadianisme. Enfin, c’est valoriser le Québec comme société de second ordre réduite à être une petite entité dans le creuset monoculturel et monolingue américain.

      Les conséquences du sophisme de l’appel à la reconnaissance de l’impossible sont l’indifférence des citoyens relativement au fédéralisme lui-même et le rejet de la culture et de la langue française au profit du monoculturalisme anglophile. Il n’est plus rare des voir de jeunes Québécois, mais aussi des plus vieux, perdre confiance dans l’avenir de la culture et de la langue française et adopter de plus en plus le vocabulaire anglais et les calques de l’anglais.

      Une jeune linguiste de l’Université de Montréal Anee-Marie Beaudoin-Bégin affirmait sur les ondes de Radio-Canada (Médium large du jeudi 13 avril) que l’anglais était devenu une langue beaucoup plus souple, beaucoup « plus riche » et beaucoup « plus moderne » que le français. C’est pourquoi il fallait cesser d’encourager les jeunes à apprendre le français standard.

      Votre sophisme est une incitation à paraphraser Clémence : « Baissez les yeux, baissez la tête, baissez les genoux… »

      Bernard Dupuis, 20/04/2017

    • André Joyal - Abonné 20 avril 2017 14 h 45

      «Je me demande bien combien de Québécois se sentent, de nos jours, outragés par la Loi constitutionnelle de 82. Peu, à mon avis».

      Est-ce à dire que la majorité des Québécois sont aussi ignorants que vous semblez l'être M. Lebel? Faudrait pas s'en vanter si c'est le cas. L'important pour les Québécois selon vous c'est: Go Habs go!

    • Michel Lebel - Abonné 20 avril 2017 14 h 46

      @ Richard Génois Chalifoux,

      Claude Ryan, Robert Bourassa et Jean Charest, des politiciens petitement provincialistes, sans largeur de vue, ne voyant que le court terme électoral(sauf Claude Ryan).
      Pour accepter le Canada, avec ses forces et faiblesses, il fut avoir une hauteur de vue. Ceci n'est pas de la complaisance, mais découle d'une certaine vision de la réalité politique. Chacun sa vision! Je préfère un grand pays plutôt que me limiter à un plus petit!

      M.L.

    • Michel Thériault - Abonné 20 avril 2017 17 h 46

      M. Lebel, avez-vous lu le livre "Portrait du colonisé" d'Albert Memmi ?
      Bonne lecture.

    • Marc Therrien - Abonné 20 avril 2017 17 h 54

      "Depuis votre assermentation, de plus en plus de Québécois s’interrogent : agissez-vous en premier ministre du Québec ou en émissaire du Canada au Québec ? Jeudi dernier, par votre refus de condamner l’outrage constitutionnel de 1982, vous avez répondu de manière on ne peut plus claire à cette question. Le peuple québécois doit en prendre acte."

      Ce que je comprends de ce que M. Lebel veut dire, c'est combien d'électeurs prendront acte de cet outrage aux prochaines élections. Combien se souviennent de 1982 et combien, qui comme moi qui était âgé de 16 ans en 1982 n’ont pas reçu par transmission intergénérationnelle ce traumatisme?

      Ce gouvernement prend de plus en plus de risques et ajoute des actes qui pour la grande majorité du lectorat du Devoir sont détestables. Espérons que ce lectorat est suffisamment volumineux et influent auprès du peuple québécois pour contribuer au congédiement de ce gouvernement en 2018. Sinon, de biens tristes humeurs continueront de remplir de jours en jours, d'années en années, les pages de ce journal.

      Hé misère! Oh malheur!

      Marc Therrien

    • Michel Lebel - Abonné 21 avril 2017 12 h 22

      @Marc Therrien et Michel Thériault,

      Il y a belle lurette que je sais que la grande majorité du lectorat du Devoir est d'obédience souverainiste et que tout ce qui vient, selon elle, du fédéral et du PLQ est honni par essence! Mais le lectorat du Devoir ne représente pas la majorité de la population québécoise!

      Sachez enfin M. Michel Thériault que j'ai bien lu ''Portait du colonisé'' de Memmi. Cet ouvrage, selon moi, ne s'applique pas à la situation québécoise. Ce fut notamment la grave erreur d'interprétation des membres du défunt FLQ et de ses sympathisants. Inutile donc de toujours référer à une pensée ou plutôt à une idéolgie qui s'apppliquait surtout à la décolonisation tiers-mondiste des années 60.


      Michel Lebel

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 avril 2017 17 h 58

      Monsieur Dupuis, contrairement à ce qu'affirment les auteurs, la loi constitutionnelle de 1982 ne place aucun gouvernement sous la tutelle judiciaire permanente de la Cour suprême du Canada. L'article 33 a été enchassé dans la charte canadienne précisément pour pallier le risque d'un gouvernement des juges. Il n'est pas un simple expédient dont Ottawa ou les provinces devraient s'excuser de l'utiliser mais la voie par laquelle ils peuvent faire prévaloir le privilège démocratique dont les parlements sont les lieux d'exercice. À qui voudrait prétendre que ce pouvoir est plutôt symbolique, il faudra rappeler que les gouvernements de Québec ne semblent partager cet avis, étant donné la fréquence avec laquelle ils l'ont utilisé. Philippe Couillard lui prête une telle efficience qu'il a parlé à son sujet de « bombe nucléaire », accréditant curieusement la thèse de ceux pour qui la souveraineté des gouvernements n'est qu'une permission que le Droit accorderait de s'écarter...

    • Cyril Dionne - Abonné 21 avril 2017 18 h 51

      Si certains ne sont pas outragés par une constitution poussièreuse d'un ancien pays colonialiste, c'est qu'ils sont déjà assimilés. Une monarchie constitutionnelle n'est pas la liberté, mais la tyrannie à la "The Story of Us".

  • Michel Blondin - Abonné 20 avril 2017 09 h 07

    Vandalisme légal

    Notre histoire politique et juridique depuis l’Acte de Québec n’est que vandalisme légal.
    L’expression "vandalisme légal"a été utilisée pour la première fois pour expliquer ce que certains juristes et politiciens anglais ont tenté de démontrer, à savoir que nos lois héritées du Conseil souverain de la Nouvelle-France étaient défaillantes d’erreurs techniques.

    Pour démontrer l’absurdité de la chose, un professeur de droit de Laval, LN. Casault en a fait une démonstration magistrale. Il a, dans cette situation de saccage des droits, utilisé l’expression de "vandalisme légal". Assez magistrale pour que, sans doute, il ait été nommé juge en chef de la Cour supérieure du Québec.

    Si je fais une généralisation de la situation légale c’est qu’à tous ces moments propices où le Québec était en situation de domination, créé par exemple en 1982 par une sorte de coup d’État sous le juge en chef de la Cour suprême Boris Laskin et P. E. Trudeau alors premier ministre du Canada, des jugements-clé préfabriqués ont donné le coup de bélier à nos droits. Manigeances, en 1982, nécessaires au rapatriement de la constitution en isolant le Québec.
    C’est de cette manière que le Québec est cocu politiquement de ses droits. Il a été exclu du mariage anglaise. L’emploi des termes « outrage constitutionnel » est des plus avisés en droit pour décrire ce gâchis.
    Si Claude Ryan et Jean Charest, fédéralistes à tout crin ont signés pour dénoncer ce coup de force contre le Québec, Philippe Couillard de son refus, fait de cet acte une méprise de ses anciens collègues mais surtout, il commence à être comme premier ministre, une « bombe nucléaire » lui-même à retardement pour nos droits.

    Il faut répéter aux contradicteurs que nous sommes en situation non d’union législative mais d’union fédérative qui, force de coup, force de vandalisme légale, n’en est plus une.

  • Raynald Rouette - Abonné 20 avril 2017 10 h 30

    En 1982, les Québécois se sont vraiment fait flouer!


    Par le ROC (reste du Canada), cela n'est guère surprenant, c'est du pareil au même depuis la conquête.

    Ce qui s'ajoute à l'odieux, est le fait que leurs représentants francophones ont participés à cette opération politique et judiciaire.

    Le Canada une démocratie? Illusion totale!

  • Claude Gélinas - Abonné 20 avril 2017 10 h 32

    Soumission au Fédéral !

    À ce jour, par son manque de leadership et de détermination le PM a démontré son incapacité à défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Ne voulant pas apporter de l'eau au moulin des souverainistes le PM a choisi le camp de la mollesse et de la soumission. Garder profil bas et surtout ne pas hausser le ton pour ne pas déplaire au Grand frère qui ne se gêne pas pour imposer ses décisions.

    Les prédécesseurs libéraux du PM, je pense notamment à Claude Ryan, ne seraient pas fier de son attitude complaisante allant jusqu'à pousser l'injure envers son peuple en refusant de soutenir la motion dénonçant le rapatriement unilatéral de la Constitution. Un coup de force. Un mépris du Québec ourdi par des Québécois contre des Québécois.

    Pourtant, dans ses rapports avec le Fédéral, le PM serait bien insipiré de se rappeler l'enseignement du professeur Léon Dion :" Avec Ottawa , il faut négocier le couteau sous la gorge ". Et pour un médecin spécialiste cela peut se traduire par " un scalpel dans la main".

    En revanche, la bonne note dans ce Gouvernement pour celui qui sait se tenir debout face au Fédéral revient au Ministre de la santé.