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    La p'tite biblio C'est l'histoire d'une petite bibliothèque sauvage installée devant une porte. Des feuilles, des bouquins y sont laissés puis voyagent, épiés par la propriétaire de cet «hôtel de passe» pour mots. En découlent d'autres histoires, de voisinage celles-là, que vous raconte ici Catherine Lalonde.

    Paranoïa d’une gâtée pourrie

    11 octobre 2016 08h39 |Catherine Lalonde | La p'tite biblio
    Photo: Getty images

    Quiconque écrit, dès qu’il publie, cherche un lecteur. Un lecteur ou mille : un seul cœur touché pile revaut pour certains poètes des heures à plancher sur une feuille quand d’autres écrivains souhaitent légion d’admirateurs. Mais le geste reste le même : tendre des mots écrits vers l’autre, les lancer comme des plaques de Pioneer, feuilles et colle, vers l’ailleurs, en attente d’un extra-intime qui les comprendrait.

     

    Les journalistes ne sont pas étrangers à cette quête. J’en suis. Et un peu paranoïaque également depuis que je crois trouver dans la p’tite biblio des présents en réponse à certains de mes articles, certaines pages de ce blogue, même certains statuts Facebook.

     

    Hasard, coïncidence, narcissisme aigu ou hommage d’un subtil stalker fort en lectures ? J’étais déjà à noter les étranges synchronicités de certaines arrivées de livres quand, après avoir écrit l’article nécrologique sur Claire Martin (la viande froide, comme on le dit dans le jargon, aussi porteur de tout le cynisme actif du journalisme…) et m’en voulant de découvrir cette dame seulement à sa mort, j’ai cueilli non pas un, mais deux de ses bouquins, devenus rares, des rayons. Fight Club de Palahniuk a suivi la publication de ma critique de son dernier roman; Lunar Park d’Easton Ellis, mon interrogation sur le fait de devoir lire ou non American Psycho; et ainsi de suite.

     

    Il en faut moins pour enflammer mon imagination, et j’ai depuis multiplié et croisé les liens de cette théorie conspirationniste autour de ma production. Si, cette semaine, après avoir ragé en public que personne ne m’ait parlé plus tôt des livres d’Emmanuelle Bayamack-Tam, dont le Si tout n’a pas péri avec mon innocence (P.O.L/Folio) vient de profondément me secouer, je trouve deux ouvrages de deux autres des trop rares auteures femmes de P.O.L (Julia Deck et Julie Wolkenstein), je crois désormais que c’est un cadeau personnel d’une grande finesse.

     

    Et si je trouve deux Carol Oates AVANT la publication de la critique de son dernier livre, je me sens visée, en plus de me mettre à soupçonner mon admirateur d’être télépathe.

     

    Est-ce grave, docteur ?

     

    Bof.

     

    Pourquoi pas un peu de paranoïa positive, puisque dans la foulée je me sens gâtée pourrie, et choyée ?

     

     

     













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