Voyage en métro avec un poète

Les poèmes seront déclenchés par une borne située dans chacune des stations de métro.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les poèmes seront déclenchés par une borne située dans chacune des stations de métro.

On passe et on repasse dans le métro tous les jours, souvent comme des automates, la tête ailleurs. Le Festival de la poésie de Montréal s’est associé à la Société de transport de Montréal pour transformer ce passage en expérience poétique. Un nouveau balado, nommé Totemi, téléchargeable sur les téléphones intelligents, offre aux usagers 18 poèmes inédits associés à autant de stations de métro différentes, sur les lignes bleue, orange et verte.

« En sortant de chez soi ou du bureau, de l’épicerie ou de sa voiture et en arrivant dans la rue, durant quelques secondes, on ne remarque rien, de premier abord, il semble que rien ne se passe, ou du moins rien d’exceptionnel, rien de particulier. De premier abord, rien n’apparaît », dit le texte de René Lapierre, lu par Dany Boudreault. « À mille mètres sous le sol, la nuit se renverse et devient d’un blanc satiné », dit-il encore, dans la deuxième partie du poème. Et enfin, à la toute fin du poème, il propose : « Un lampadaire clignote au-dessus d’une entrée de métro et soudain, sans raison aucune, un bonheur secret, une paix infinie se déposent en vous. »

C’est en innu que Joséphine Bacon s’adresse pour sa part à nous, dans un poème accompagné d’une traduction en français. On s’y met dans la peau d’un vieux chasseur qui revient sur les lieux de son ancien campement. « Étendu, tu reposes ta fatigue. Tu ne regrettes pas ta vie. Ton enfance n’est pas morte », nous lit Dominique Quesnel. Douze poètes ont ainsi été mis à contribution pour écrire des textes inédits, qui sont lus par des comédiens, dans une réalisation signée Magneto. On y retrouvera donc les voix de Dany Boudreault, Catherine Chabot, Dominique Quesnel, disant des textes de Joséphine Bacon, Marjolaine Beauchamp, Jean-Marc Desgent, Toino Dumas, Ian Ferrier, René Gagnon, Flavia Garcia, René Lapierre, Laurance Ouellet Tremblay, Rodney Saint-Éloi, France Théoret, et Rosalie Trudel. Certains poèmes s’offrent en deux parties distinctes, à deux bornes différentes.

Les balados sont conçus à l’aide d’une nouvelle technologie. Les poèmes sont déclenchés par une borne située dans chacune des stations de métro. Ils seront accessibles du 13 novembre au 15 décembre 2017.

Pour ceux qui ne prennent pas le métro, les poèmes conçus pour Totemi pourront être entendus au Salon du livre de Montréal.

2 commentaires
  • Hélèyne D'Aigle - Abonnée 14 novembre 2017 04 h 27

    Poétique interruption !


    Initiative

    Noble savoureuse distraction

    Métro , boulot , dodo . . .

  • Bernard Terreault - Abonné 14 novembre 2017 13 h 44

    Poème pour le métro

    Dans la station d'métro passe le train
    Et nos amours
    Je m'en souviens si bien
    La joie venait toujours après l'chagrin

    Vienne le nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont et je demeure

    Les mains dans les mains restons face à face
    Tandis que dans
    Le tunnel de nos bras passe
    Des éternels regards la flèche si lasse.

    Vienne la nuit, sonne l'heure
    Les jours s'en vont et je demeure

    L'amour s'en va comme cette rame volante
    L'amour s'en va
    Comme la vie est lente
    Et comme l'Espérance est violente

    Vienne la nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont et je demeure

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passe
    Ni les amours reviennent
    Dans le plus proche bistro je noie ma peine.

    Vienne la nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont et je demeure