L’islamophobie selon Pascal Bruckner

Pascal Bruckner trouve admirable la «civilisation islamique classique» et son «art des jardins, anticipation géométrique du paradis à venir».
Photo: Lionel Bonaventure Agence France-Presse Pascal Bruckner trouve admirable la «civilisation islamique classique» et son «art des jardins, anticipation géométrique du paradis à venir».

Les manifestations pour ou contre le projet libéral de motion condamnant l’islamophobie au Parlement canadien montrent à quel point le sujet est brûlant. L’essayiste français Pascal Bruckner fait un lien entre islamophobie et culpabilité dans son livre Un racisme imaginaire. Il y souligne : « Partout la lutte des races semble supplanter la lutte des classes, comme le redoutait déjà Raymond Aron, il y a soixante ans. » Quelle idée a-t-il donc derrière la tête ?

Photo: Ji-Elle / CC L’essayiste français Pascal Bruckner

Bruckner rappelle, avec une délectation à peine dissimulée, l’effondrement du communisme en Europe de l’Est, voire la remise en cause de tant de définitions du progressisme en Occident. Il estime qu’en prenant la place de la gauche, championne de la cause des défavorisés quels qu’ils soient, l’antiracisme est « devenu la religion civile des temps modernes ». Pour lui, ce nouveau paradigme « ne cesse de racialiser toute forme de conflit ethnique, politique, sexuel ou religieux ».


Raisonnement inattaquable ?

 

L’essayiste se laisse lui-même influencer par le système de valeurs en question qui déterminerait une vision du monde inédite et de la véracité de laquelle il doute. Il en adopte le vocabulaire, même s’il en pervertit le sens. Il déclare : « Nous aimerions qualifier l’accusation “d’islamophobie” de “racisme imaginaire”. » L’affirmation s’appuie sur un raisonnement inattaquable, du moins en apparence.

 

Le voici : « La critique d’une religion relève de l’esprit d’examen, mais certainement pas de la discrimination. Frapper un fidèle est un délit. Discuter d’un article de foi, d’un point de doctrine, est un droit. Confondre les deux constitue un amalgame insupportable. » Cela est certes vrai en théorie. Mais, en pratique, réfuter une idée à laquelle des gens tiennent comme à la vie, cela exclut-il toujours le mépris de ceux qui la professent ? L’expérience humaine permet au moins d’en douter.

 

Bruckner refuse d’admettre ce doute. Curieusement, il avoue que « délégitimer le terme d’islamophobie », l’objet même de son livre, risque d’apparaître comme un combat perdu d’avance. Le mot, signale-t-il, « est entré dans le lexique mondial ». Il persiste toutefois à « détraquer cette mécanique trop bien huilée ». Pour un homme qui s’emploie à critiquer une religion ou du moins l’intégrisme qui parfois l’exprime, la détermination et l’opiniâtreté font penser à une attirance inavouée vers une sorte de sacré.

 

L’« admirable civilisation islamique classique »

 

Résolument laïque, son entreprise de démystification n’élude tout de même pas l’interrogation métaphysique. L’essayiste laisse échapper cette pensée à la fois la plus belle et la plus raisonnable de l’ouvrage : « La religion n’est pas morte, loin de là, mais elle doit garder en notre vie la place de l’énigme, non du dogme. » Ce qui lui permet d’écrire une phrase qui, cette fois, tient hélas plus du rhéteur que du philosophe : « J’aime tellement l’islam que j’en voudrais au moins dix, au moins cent. »

 

Par précaution oratoire, Bruckner trouve « admirable » ce qu’il appelle « la civilisation islamique classique ». Il s’émeut devant « l’art des jardins, anticipation géométrique du paradis à venir, la symétrie des croyants inclinés par une horloge implacable à l’heure de la prière, la véhémence métaphysique tempérée par la culture du compromis et du syncrétisme ». Cependant, il reproche à son compatriote Emmanuel Todd, historien et anthropologue, de considérer l’islam actuel comme « la religion des opprimés ».

 

La motion contre l’islamophobie à laquelle a songé, ici, le gouvernement de Justin Trudeau, après la tuerie dans une mosquée à Québec, correspond à la défense, en Occident, par plusieurs libéraux et par l’ensemble de la gauche, de la masse dépréciée des musulmans issus de l’immigration. Devant pareille ouverture d’esprit, Bruckner a une réplique fracassante : « L’anticolonialisme, un demi-siècle après la décolonisation, est le cache-misère des soldats désoeuvrés du progressisme. »

 

Voir dans la dénonciation de l’islamophobie la culpabilité que l’Occident, en mal de progressisme, ressentirait en retard, après avoir jadis colonisé ou du moins dominé le monde musulman, est une attitude navrante. Elle désole d’autant que l’essayiste pense que nul n’a « vaincu » le dernier « monstre » qui hante l’Occident : « sa détestation de soi ».

 

Étrangement, la remise en cause de l’accusation, jugée polémique, d’islamophobie débouche, chez l’altier Bruckner, sur le procès du progressisme occidental.

Un racisme imaginaire. Islamophobie et culpabilité

★★★

Pascal Bruckner, Grasset, Paris, 2017, 272 pages

13 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 13 mars 2017 10 h 29

    Quel progrès?


    Un des problèmes dans ce débat est la définition même du progrès. Vaste question: par exemples, entres autres, l'abandon de la pratique religieuse en Occident est-il un progrès? La liberté d'expression qui permet de tout dire, écrire ou voir est-il un progrès? Le culte de la consommation est-il un progrès? Le droit au suicide est-il un progrès, etc.? Est-ce que l'Occident connaît une décadence morale? Plusieurs le pensent, dont plusieurs musulmans. Il n'y a pas de doute, nous vivons une période trrouble. Est-ce la fin d'un monde?


    Michel Lebel

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 13 mars 2017 12 h 25

      Plus modestement peut-on se demander si l'utilisation d'un mot , islamophobie, qui fait l'amalgame entre l'attitude envers une doctrine et l'attitude envers les adeptes de cette doctrine , est un progrès sachant que la condamnation toujours justifiée de l'une entraîne la condamation injustifiée de l'autre ? Pour moi la réponse à cette question est claire.

      Pierre Leyraud

  • Serge Morin - Inscrit 13 mars 2017 11 h 16

    Cette critique serait valable si ce n'était le petit arrière-goût de mépris persistant.

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 13 mars 2017 11 h 43

    Quel progressisme ?

    Il est clair, à la lecture de vos deux derniers paragraphes, que vous identifiez 'un Occident en mal de progressime ' avec ' le progressisme occidental 'et que la contradiction que vous attribuez à P Bruckner est est uniquement dans votre confusion.
    Cela dit, il est vrai que ce qu'il est convenu d'appeler progressisime a délaissé le terrain des luttes sociales pour aller sur le terrain des luttes de reconnaissances identitaires et culturelles. Ces deux terrains n'étaient pas nécessairement disjoints et on peut penser que dans la séparation de fait que l'on constate entre ces deux terrains de luttes une certaine culpabilité post anti-coloniale a joué un rôle.
    Quand à l'islamophobie et à l'usage qui est fait du mot il me semble de plus en plus difficile de penser que:
    -compte tenu des multiples clarifications faites sur le sens du mot.
    -compte tenu qu'on dispose de tout le vocabulaire pour désigner ce qui est anti-musiulman et uniquement anti-musulman,
    ceux qui continue à utiliser ce mot de manière non-critique procède à un amalgame dangeureux pour la liberté d'expression.

    Pierre Leyraud

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 mars 2017 17 h 25

    Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire

    Pascal Bruckner accuse la Gauche d’être castratrice et d’étouffer la critique de l’Islam.

    La réalité est toute autre.

    En Occident et ailleurs, le fondamentalisme islamiste se propage grâce aux sommes colossales qu’y consacre l’Arabie saoudite.

    Cette expansion s’est faite avec la complicité du grand capital. En effet, celui-ci cultive ses liens avec la dictature saoudienne en raison des lucratifs contrats d’armement qu’elle accorde et en raison de la fuite des capitaux orchestrée dans les pétromonarchies au profit de nos économies.

    Au sein des pays occidentaux, les mouvements de Droite instrumentalisent la crainte légitime d’attentats terroristes alors que dans les faits, le djihadisme se nourrit de l’indignation provoquée dans les pays arabes par la guerre coloniale menée par Israël en Palestine et par la série de guerres prédatrices de l’Occident dans des pays producteurs de pétrole.

    M. Bruckner ne réalise pas que la propagande haineuse dirigée contre les Musulmans de nos pays — propagande haineuse qu’il condamne — s’alimente d’un discours victimisant auquel il contribue.

    Selon la thèse de M. Bruckner, le terme d’islamophobie anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour but de bâillonner les Occidentaux.

    S’il est vrai que certains imams radicaux ont tenté de museler ceux qui les critiquent en les accusant d’islamophobie, il faut préciser que cette tactique n’a jamais réussi.

    En France comme au Québec, la jurisprudence est du côté de la liberté d’expression et même du droit au blasphème et non du côté des ‘islamo-gauchistes’.

    Des millions de personnes alimentent déjà les médias sociaux de propos haineux à l’égard de l’Islam et des Musulmans. Au point que certains d’entre nous se sentent investis de la mission de les ‘punir’ pour ce qu’on leur reproche.

    En somme, la thèse de Pascal Bruckner, c’est une vue de l’esprit. C’est brillant mais complètement à côté de la réalité.

    • Diane Boissinot - Abonnée 14 mars 2017 00 h 10

      La réalité, c'est Alain Finkielkraut qui la décrit dans son livre «L’identité malheureuse» (p.115): «Pour la première fois dans l’histoire de l’immigration, l’accueilli refuse à l’accueillant, quel qu’il soit, la faculté d’incarner le pays d’accueil.»

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 14 mars 2017 07 h 27

      Vous écrivez"Selon la thèse de M. Bruckner, le terme d’islamophobie anéantit toute parole critique envers l’islam. Il a pour but de bâillonner les Occidentaux."et vous semblez douter de cette thèse. Pourtant dans le texte de M Lapierre quand on lit '
      Le voici : « La critique d’une religion relève de l’esprit d’examen, mais certainement pas de la discrimination. Frapper un fidèle est un délit. Discuter d’un article de foi, d’un point de doctrine, est un droit. Confondre les deux constitue un amalgame insupportable. » Cela est certes vrai en théorie. Mais, en pratique, réfuter une idée à laquelle des gens tiennent comme à la vie, cela exclut-il toujours le mépris de ceux qui la professent ? L’expérience humaine permet au moins d’en douter." est-ce que M Lapierre nous invite pas à modérer voir taire nos crtiques envers l'Islam sous prétexte que des personnes pourrait percevoir cela comme du mépris à leur égard ? Est-ce que le passage cité de M Lapierre ne conforte pas justement la thèse de P Bruckner , thèse dont vous doutez ? Plus généralement va-t-on limiter le droit à la critique d'une doctrine, d'une religion sous prétexte qu'on ne maïtrise pas tous les effets que cela peut produire ? Si la réponse est oui alors on est sur une pente dangeureuse !

      Pierre Leyraud

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 mars 2017 11 h 32

      À Irène Doiron et Pierre Leyraud :

      Je m’excuse si je n’ai pas été suffisamment clair.

      Dans nos sociétés, il est parfaitement légitime de ne pas aimer une religion ou d’être hostile à ses préceptes.

      Malheureusement, le mot ‘islamophobie’ est ambigu. Littéralement, il signifie ‘peur de l’islam’. Mais dans les faits, on utilise ce mot pour parler de l’hostilité à l’endroit de la religion musulmane et/ou de ceux qui la pratiquent. Or ce sont deux choses bien différentes.

      Certains fondamentalistes musulmans profitent de cette ambigüité pour accuser ceux qui critiquent la religion musulmane de propager l’islamophobie, insinuant ainsi qu’ils propagent la haine contre les fidèles de cette religion.

      C’est à cette tentative de culpabilisation à laquelle s’attaque la thèse de Pascal Brucker (sous-titrée ‘Ismamophobie et culpabilité’).

      J’ai écrit le texte ‘Le prosélytisme de l’Arabie saoudite’ qui s’attaque à l’Islam politique propagé par la dictature saoudienne. Et j’ai écrit de nombreux textes qui s’opposent à la propagande hostle aux Québécois musulmans propagée par la Droite et l’Extrême-Droite québécoise.

      Si M. Bruckner se sent muselé par les accusations d’islamophobie, c’est son problème.

      En France et au Québec, tout comme dans les pays anglo-saxons, la jurisprudence est du côté de la liberté d’expression — plus précisément du droit au blasphème — et non du côté des ‘islamo-gauchistes’ auxquels il s'attaque.

      De plus, des millions de personnes alimentent déjà les médias sociaux de propos haineux à l’égard de l’Islam et des Musulmans. Au point que certains se sentent investis de la mission de les ‘punir’ pour ce qu’on leur reproche.

      Bref, la thèse de M. Bruckner est une brillante construction intellectuelle à partir de matériaux empruntés au réel mais où, au final, la victimisation fantasmée de la majorité non musulmane fait figure de réalité.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 14 mars 2017 15 h 41

      Vous écrivez avec raison'Certains fondamentalistes musulmans profitent de cette ambigüité pour accuser ceux qui critiquent la religion musulmane de propager l’islamophobie, insinuant ainsi qu’ils propagent la haine contre les fidèles de cette fédreligion.' mais comment appelez vous les personnes qui comme la députée fédérale qui a proposée la motion M-103 en sachant très bien l'ambiguîté du terme islamophobie, sachant l'amalgame qu'il effectue à tort, sachant que sa motion aurait pu avoir le même sens sans le mot islamophobie et qui malgré tout elle a persisté à l'utiliser ?
      Cette députée n'est pas une fondamentaliste mais vise, en faisant ce qu'elle a fait, à faire taire les critiques envers l'Islam. Faut-il attendre une loi contre l'Islamophobie pour que ça devienne notre problème, votre problème ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 mars 2017 17 h 10

      Irène Doiron et Pierre Leyraud écrivent : «…comment appelez vous les personnes qui comme la députée fédérale qui a proposé la motion M-103 en sachant très bien l'ambigüité du terme islamophobie…»

      Si Pascal Bruckner vivait au Canada, il est probable qu’il utiliserait cet exemple à l’appui de sa thèse.

      Mais malheureusement pour M. Bruckner, la probabilité que cette motion soit adoptée est nulle.

      Je pense que cette jeune députée a cru naïvement que sa proposition (qui n’a pas de portée contraignante) pouvait rallier les élus autour d’une condamnation symbolique de l’intolérance à l’égard des Canadiens musulmans.

      Malheureusement, elle a ouvert un panier de crabes. Comme vous le signalez si justement, sa proposition utilise à deux reprises le mot ‘islamophobie’ au lieu de cibler spécifiquement la haine contre les Canadiens musulmans.

      Le discours haineux est déjà interdit en vertu du Code civil. Ses dispositions n’ont pas besoin d’être précisées.

      Le problème est que personne n’entreprend de poursuite contre ceux qui incitent à la violence contre nos concitoyens musulmans. En somme, on ne fait pas respecter le Code civil. C’est ça, le problème.

      Et ce laxisme permet l’émergence des mouvements d’Extrême-Droite au Québec, plus particulièrement dans les régions où la Droite québécoise domine déjà le discours ambiant et crée un terreau qui leur est fertile.

      Et c’est ce qui rend dangereuse la thèse de Pascal Bruckner. En réussissant à convaincre ses lecteurs que les Islamistes tentent de les museler, il contribue à la paranoïa collective voulant que les vilains Musulmans soient en train de prendre le contrôle de nos pays et de pervertir notre culture.

      N’est-ce pas ce qu’on disait des Juifs, il n’y a pas si longtemps ?

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 15 mars 2017 07 h 36

      Il faudrait que vous fixiez votre point de vue .
      Vous l'écrivez ''Certains fondamentalistes musulmans profitent de cette ambigüité pour accuser ceux qui critiquent la religion musulmane de propager l’islamophobie, ....'indiquant de la part des fondamentalistes musulmans ( les islamistes )une volonté de museler les critiques de l'islam.
      Vous écrivez aussi '..En réussissant à convaincre ses lecteurs que les Islamistes tentent de les museler'
      Finalement est-ce vrai ou une histoire montée par Bruckner ?
      D'autre part quand vous écrivez 'Si Pascal Bruckner vivait au Canada, il est probable qu’il utiliserait cet exemple à l’appui de sa thèse.

      Mais malheureusement pour M. Bruckner, la probabilité que cette motion soit adoptée est nulle.' je ne vois pas en quoi votre remarque invalide sa thèse et je ne pense pas que notre attitude envers une motion dangeureuse doive être guidée par sa probabilité d'être adoptée.
      Pierre Leyraud

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 15 mars 2017 13 h 32

      Irène Doiron et Pierre Leyraud écrivent : « Il faudrait que vous fixiez votre point de vue.»

      Certains fondamentalistes musulmans _tentent_ de museler les autres. Sans succès. Donc, ne nous énervons pas.

      Au contraire, Pascal Bruckner tente de prouver que nous sommes _victimes_ de cela. Comme le loup serait victime de l’agneau qui trouble son breuvage.

      En réalité, nous sommes les sujets d’une tentative inefficace de musèlement. Mais nous n’en somme pas _victimes_ parce cette tentative est sans effet.

      Sur les médias sociaux, des millions de personnes critiquent la religion musulmane et ceux qui la pratiquent.

      Les victimes, ce sont ceux qui servent de cible au ressentiment alimenté par les écrits de M. Bruckner. En réalité, Pascal Bruckner est le chantre de l’Extrême-Droite occidentale.

      La thèse de la victimisation de la majorité par une minorité est fondamentale chez Bruckner. Or l’Histoire nous a montré encore et encore la dangerosité de la diabolisation des minorités.

      Le Pakistan est la capitale mondiale de la haine justement parce la diabolisation des minorités y est généralisée; tout y sert de prétexte à tuer des minorités religieuses, accusées de tous les maux.

      Que Bruckner s’en prenne à la religion musulmane, pas de problème. Qu’il s’en prenne aux croyants musulmans à l’Étranger, pas de problème. Qu’il s’en prenne aux imams de nos pays à la solde de l’Arabie saoudite, pas de problème.

      Mais qu’il incite ses lecteurs d’ici à diaboliser les Québécois musulmans, j’y suis totalement opposé. On a suffisamment cassé de sucre sur le dos des Québécois musulmans. Avec le résultat qu’on sait.

      Ce point de vue est-il suffisamment fixé à votre gout ?

  • Claude Bernard - Abonné 14 mars 2017 14 h 17

    Il n'y a pas de catholicophobie

    Elle a déjà eu cours.
    Ici même au Québec et encore plus en pays orangiste dans une province pas loin de chez vous.
    Cela est passé de mode.
    De même, une haine de tout ce qui est musulman ou islamique est facile à trouver sur les réseaux sociaux.
    On n'y fait pas la subtile nuance entre pratiquants et religion que les "philosophes" aiment tant.
    Nos philosophes à la mode disent, la main sur le coeur, avoir le droit de critiquer les préceptes religieux sans être accusés de phobie, mais curieusement, une seule attire leurs profondes analyses.
    Avant les attentats et la montée de Daesh, qui se fendait de publication sur les horreurs du Coran?
    On sait que Daesh est le successeur d'al Qaïda et on connait son origine dans la stupide guerre de Bush en Irak.
    Ce n'est plus la revanche des nerds mais la revanche des islamistes fanatisés non pas par les enseignements de l'Islam (qui n'ont pas changés depuis des siècles) mais par un sentiment de rejet et d'humiliation qui a donné naissance aux mau mau aussi bien qu'aux décembristes, sentier lumineux, brigade rouge et autres terroristes.
    Il ne s'agit pas des crimes de l'homme blanc mais des laissés pour compte de l'histoire.
    Les sanglots de l'homme blanc ne sont ni la cause ni ceux qui les versent les collabos de Daesh.
    Ils n'en sont que le choeur des pleureuses accompagnées par les anti sanglots de Pascal Bruckner.