Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Plus d’un million de demandeurs d’asile toujours en attente en Europe

    22 septembre 2017 |Sarah R. Champagne | Europe
    Des migrants ont reçu de la nourriture et de l’eau, après avoir débarqué d’un bateau au port d’Héraklion sur l’île de Crête, en Grèce, au début du mois.
    Photo: Costas Metaxakis Agence France-Presse Des migrants ont reçu de la nourriture et de l’eau, après avoir débarqué d’un bateau au port d’Héraklion sur l’île de Crête, en Grèce, au début du mois.

    Des 2,2 millions de demandeurs d’asile qui ont frappé aux portes de l’Europe en 2015 et 2016, 560 000 ont déjà été refusés. Plus de la moitié du total, soit 1,1 million de personnes, sont encore dans les limbes jusqu’à deux ans après avoir déposé leur dossier.

     

    Environ 40 % du total des demandes a déjà été accepté. Un nouveau rapport du centre de recherche américain PEW met en lumière le sort de ces demandeurs, dont l’accélération des arrivées avait été particulièrement médiatisée à l’automne 2015. Les données diffusées à travers Eurostat par les 28 pays de l’Union européenne (UE), par la Norvège et par la Suisse ont servi à cette analyse statistique.

     

    Des 560 000 demandes déjà refusées, ce sont 385 000 qui sont en instance d’appel. Ce sont 75 000 personnes qui ont été expulsées du territoire alors que les autorités ont perdu la trace de 100 000 autres.

     

    La « plus grande vague de demandeurs d’asile depuis la Seconde Guerre mondiale » a engorgé les systèmes nationaux d’octroi de l’asile, écrit Philip Connor, le chercheur principal de cette étude.

     

    L’Allemagne, qui a reçu près de la moitié du total, réussit tout de même à figurer parmi les pays où les décisions sont rendues le plus rapidement. Les procédures accélérées pour les réfugiés syriens ont été particulièrement efficaces, puisque 89 % des 420 000 demandes de 2015 et 2016 sont maintenant approuvées.

     

    En comparaison, 94 % des migrants sont encore en attente d’une décision en Hongrie, et 90 % en Grèce. Les requérants en provenance de l’Afghanistan comptent le plus de dossiers en suspens, plus de 240 000 à l’échelle continentale, alors que ceux de l’Albanie sont en attente à 89 %.

     

    Fin de la « crise », début du refoulement

     

    Le dénouement de longs parcours migratoires s’annonce en outre plus malheureux aujourd’hui, à cause de mesures prises dans les deux dernières années par l’UE pour endiguer ces flots.

     

    Un pacte migratoire avait d’abord été conclu entre la Turquie et l’UE en mars 2016. L’accord prévoyait le renvoi systématique des migrants arrivés en Grèce vers la Turquie, y compris des demandeurs d’asile, en contrepartie d’un soutien financier de la part de l’Europe. Le flot a diminué après cet accord, mais les arrivées ont continué de l’Afrique du Nord vers l’Italie, à travers la Méditerranée. Plus de 5000 personnes ont toutefois trouvé la mort en mer en 2016, un bilan plus lourd que l’année précédente, malgré une baisse générale des traversées.

     

    Depuis le début de 2017, l’UE a également renforcé ses liens avec la Libye, en injectant des millions de dollars dans ce pays pour « améliorer la gestion des migrations » selon le texte de la Commission européenne.

     

    En pratique, des milliers de migrants sont ramenés dans cet État très instable après avoir été interceptés par des garde-côtes libyens. Ils sont ensuite détenus dans des centres où les conditions sont « infernales », a dénoncé Médecins sans frontières (MSF) la semaine dernière.

     

    Le système de détention en Libye « consiste en une entreprise prospère d’enlèvement, de torture et d’extorsion », a décrit sa présidente, Joanne Liu, secouée après avoir visité certains de ces endroits. Elle accuse les gouvernements de légitimer ces réseaux criminels.

     

    « Soyons clairs : nous ne faisons pas seulement face à une crise des réfugiés ; nous faisons face à une crise de solidarité », a pour sa part exprimé mardi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres dans son discours en assemblée générale. « La migration sécuritaire ne peut se limiter à l’élite mondiale », a-t-il ajouté.

     

    Jeudi, au moins 100 migrants ont été portés disparus après le naufrage de leur embarcation au large de la Libye, a rapporté l’Agence France-Presse. Sept personnes ont été rescapées après avoir passé trois jours en mer avant l’arrivée des secours.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.