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    Démonstration de force des indépendantistes avant leur référendum en Catalogne

    12 septembre 2017 | Europe
    Daniel Bosque - Agence France-Presse à Barcelone
    Adrien Vicente - Agence France-Presse
    Des centaines de milliers de Catalans ont manifesté dans les rues de Barcelone, lundi.
    Photo: Josep Lago Agence France-Presse Des centaines de milliers de Catalans ont manifesté dans les rues de Barcelone, lundi.

    « Adieu l’Espagne ! » : des centaines de milliers de Catalans ont manifesté lundi à Barcelone pour revendiquer l’indépendance de leur région et promettre de participer, le 1er octobre, à un référendum d’autodétermination interdit par les institutions espagnoles.

     

    La police municipale de Barcelone a annoncé sur Twitter qu’« environ un million de personnes » avaient pris part à la manifestation. Mais une porte-parole de la préfecture, représentant l’État espagnol dans la région, a parlé de 350 000.

     

    Vus du ciel, les cortèges formaient sur deux artères une gigantesque croix : une référence au « X » que les indépendantistes comptent inscrire dans la case du « oui » si le référendum a bien lieu.

     

    « Ça va faire des histoires dans les prochaines semaines, mais nous allons voter », a déclaré Mari Carmen Pla, du haut de ses 70 ans, au milieu des drapeaux indépendantistes. « J’ai passé l’âge où on me disait ce que je pouvais faire ou ne pas faire. Je compte voter et je le ferai, même s’ils devaient me mettre en prison », assurait cette retraitée.

     

    Sur les pancartes, les messages en catalan étaient clairs : « nous voterons » et « Adeu Espanya » (« Adieu l’Espagne »).

     

    Les organisateurs de cette Diada (fête nationale catalane) souhaitaient que cela soit la dernière avant l’indépendance de la « République catalane » que le gouvernement de Carles Puigdemont compte proclamer si le « oui » l’emporte au référendum.

     

    Sever Salvador, un fonctionnaire de 63 ans, assurait qu’il participerait au référendum, bien qu’il ait été déclaré anticonstitutionnel : « Nous devons démontrer que si quelqu’un menace les urnes, nous sortirons tous pour les défendre, pacifiquement bien sûr ».

     

    Comme tous les 11 septembre, la manifestation a commencé à 17 h 14, pour rappeler la prise de Barcelone en 1714 par les troupes du roi Felipe V qui supprima l’autonomie de la région. Le cortège s’est ébranlé après une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats djihadistes ayant fait 16 morts en Catalogne le mois dernier.

     

    À la Diada de 2016, 805 000 manifestants avaient été dénombrés, dans cinq villes. En 2015, ils avaient été 1,4 million à Barcelone.

     

    Une question qui divise

     

    En Catalogne, une région de 7,5 millions d’habitants grande comme la Belgique et qui fournit 20 % du PIB espagnol, la société est très partagée sur cette question de l’indépendance. Selon le dernier sondage publié en juillet par le Centre d’étude de l’opinion, dépendant du gouvernement catalan, 41,1 % la souhaitent et 49,4 % sont contre.

     

    Pour les non-indépendantistes, le slogan de la manifestation — « une Diada pour le oui » — était synonyme d’exclusion.

     

    « Cela fait des années que la Diada n’est plus la Diada de tous les Catalans, mais là, c’est la démonstration claire que l’on cherche à exclure ceux qui ne sont pas favorables à l’indépendance », a regretté Inès Arrimadas, représentante en Catalogne du parti libéral et anti-indépendantiste Ciudadanos, première force d’opposition régionale.

     

    « Il n’y aura pas de référendum et je ferai tout le nécessaire pour cela, car c’est mon obligation […] de préserver l’unité nationale », avait répété samedi le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, appelant les séparatistes à « faire marche arrière » afin d’éviter de « plus grands maux ».

     

    L’indépendantisme prospère en Catalogne depuis que son parti a obtenu en 2010 de la Cour constitutionnelle qu’elle réduise les compétences plus larges accordées en 2006 à cette région par le Parlement espagnol.

     

    « S’ils nous avaient laissés voter il y a quelques années, le non l’aurait emporté, parce qu’en général le Catalan n’est pas indépendantiste », assurait Esther Miret, comptable de 45 ans, manifestant avec son bébé dans une poussette. « Mais ils n’ont rien voulu entendre […] et les gens se sont rendu compte qu’il n’y a rien à faire en Espagne. »

     

    Madrid fait valoir qu’une telle question touchant à la souveraineté nationale doit être réglée par l’ensemble des Espagnols. Le parquet a annoncé des poursuites contre M. Puigdemont et les membres de son gouvernement pour avoir convoqué ce référendum en dépit de son interdiction par la Cour constitutionnelle. Mais le président de la Catalogne soutient que le vote aura lieu, soulignant qu’à l’étranger, il a déjà commencé.

     

    « Peut-être qu’en Catalogne on ne pourra pas voter, mais moi c’est fait », a ainsi affirmé à l’AFP Salvador Macip, un chercheur en oncologie vivant en Angleterre, après avoir posté son bulletin sur Twitter.













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