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    Une nouvelle génération entre à l’Élysée

    15 mai 2017 | Christian Rioux - Correspondant à Paris | Europe
    Au milieu d’une journée protocolaire dimanche à Paris, le nouveau président a remonté les Champs-Élysées dans un véhicule de combat pour aller rallumer la flamme du Soldat inconnu.
    Photo: Charly Triballeau Agence France-Presse Au milieu d’une journée protocolaire dimanche à Paris, le nouveau président a remonté les Champs-Élysées dans un véhicule de combat pour aller rallumer la flamme du Soldat inconnu.

    C’est en toute complicité que s’est déroulée la passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron. Le plus jeune président de la Ve République, élu au terme d’une campagne totalement inédite, a pris ses fonctions dimanche à l’Élysée sous un ciel changeant, mais avec un ton solennel résolument tourné vers l’avenir.

     

    Tout au long d’une journée marquée par de nombreuses cérémonies protocolaires, le nouveau locataire de l’Élysée, largement élu contre Marine Le Pen mais avec un taux d’abstention et de votes blancs historique, a voulu donner un ton d’optimisme à cette passation des pouvoirs. Dans la matinée, Emmanuel Macron s’est entretenu avec François Hollande pendant plus d’une heure, un record pour un tel entretien. Signe d’une connivence évidente avec celui qui en avait fait son conseiller économique avant d’en faire son ministre de l’Économie, Emmanuel Macron a longuement raccompagné le président sortant vers sa voiture dans la cour de l’Élysée et l’a même applaudi. On se souviendra qu’en 2012 François Hollande n’avait pas daigné descendre les marches du perron avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, lui tournant même le dos avant qu’il eût quitté la cour.

     

    Dans une salle des fêtes bondée, où l’on reconnaissait les principaux représentants de l’État, des personnalités du monde économique et culturel, mais aussi les proches et les principaux soutiens politiques de l’ancien candidat, le 8e président de la Ve République a reçu les insignes de Grand Maître de la Légion d’honneur. Citant Chateaubriand, le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, a déclaré que, « pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps. » Reprenant la phrase au vol, le nouveau maître des lieux a prononcé un discours qui voulait tourner le dos à l’image d’une France en déclin.

     

    Une renaissance

    Photo: Alain Jocard Agence France-Presse
     

    « Depuis des décennies, la France doute d’elle-même, a déclaré le président. Elle se sent menacée dans sa culture, dans son modèle social, dans ses croyances profondes, elle doute de ce qui l’a faite. Voilà pourquoi mon mandat sera guidé par deux exigences. La première sera de rendre aux Français cette confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie. […] Je convaincrai nos compatriotes que la puissance de la France n’est pas déclinante, mais que nous sommes à l’orée d’une extraordinaire renaissance. »

     

    Le président, qui dit vouloir « libérer » le travail et « refonder » l’Europe, s’est aussi adressé à ces six Français sur dix qui ont enregistré un vote protestataire en s’abstenant, en votant blanc ou pour Marine Le Pen. « Les Français qui se sentent oubliés par le vaste mouvement du monde seront mieux protégés, dit-il. L’égalité face aux accidents de la vie sera renforcée. La France est un pays où on peut vivre sans avoir peur, la laïcité sera défendue. »

     

    Le nouveau président prend ses quartiers dans une maison qu’il connaît mieux que quiconque. À titre de secrétaire général adjoint de l’Élysée pendant tout le début du quinquennat de François Hollande, il a été de toutes les décisions et de tous les déplacements du chef de l’État. Il a par ailleurs nommé Alexis Kohler secrétaire général de l’Élysée. Cet énarque de 44 ans, qui est passé par le Fonds monétaire international, est issu du monde de la finance comme Emmanuel Macron.

    Je convaincrai nos compatriotes que la puissance de la France n’est pas déclinante, mais que nous sommes à l’orée d’une extraordinaire renaissance 
    Emmanuel Macron, président de la France

     

    Un PS en miettes

    Sitôt sorti de l’Élysée, François Hollande a rejoint le siège du Parti socialiste. Devant des militants et des proches, dont plusieurs tenaient une rose rouge à la main, il a estimé qu’il laissait « la France dans un état bien meilleur que celui [dans lequel il l’avait] trouvée » en 2012. Alors que le PS n’a jamais été aussi mal en point depuis 1971, quand François Mitterrand en prit la direction, François Hollande a incité les socialistes à ne pas s’abandonner à « l’incantation » et à « l’illusion ». Bref, à ne pas se cantonner dans l’opposition. À Paris, on est convaincu que l’ancien président ne s’éloignera pas du monde politique. Dans l’immédiat, il présidera une fondation consacrée à la jeunesse.

     

    Soucieux de contrer les critiques qui le disaient faible et peu expérimenté sur les grandes questions régaliennes, le nouveau président a remonté les Champs-Élysées dans un véhicule de combat pour aller rallumer la flamme du Soldat inconnu. Dans l’après-midi, il a aussi rendu une visite discrète à des soldats blessés à l’hôpital militaire Percy de Clamart. À la fin de la semaine, il devrait se rendre au Mali visiter les troupes françaises. Alors qu’il veut créer un « statut de première dame » et qu’en campagne il a toujours mis son épouse en l’avant, le rôle de Brigitte Macron a été très discret lors de ces cérémonies. Peut-être une façon de tenir compte des critiques qui lui ont été faites. À l’Élysée comme à la mairie de Paris, où il s’est rendu en fin de journée, les foules étaient enthousiastes, mais clairsemées.

     

    On connaîtra ce matin le nom de son premier ministre. On s’attend à ce qu’il nomme une personnalité issue de la droite afin de permettre le ralliement d’élus des Républicains. Sans ces ralliements, Emmanuel Macron affronterait dans une situation difficile les prochaines élections législatives qui se tiendront les 11 et 18 juin prochains. Lundi, son premier déplacement à l’étranger sera à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, qui fut la première à saluer son élection.













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