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    Relation turco-allemande

    Erdogan s’en prend de plus belle à Merkel

    20 mars 2017 | Europe
    Stuart Williams - Agence France-Presse à Istanbul
    Yacine Le Forestier - Agence France-Presse
    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan
    Photo: Adem Altan Agence France-Presse Le président turc, Recep Tayyip Erdogan

    L’Allemagne a reproché dimanche au président turc d’avoir « franchi une limite » en accusant personnellement la chancelière allemande Angela Merkel de pratiques « nazies », alors que les relations entre les deux pays ne cessent de s’envenimer.

     

    Les relations entre Ankara et l’Union européenne, l’Allemagne en particulier, traversent une crise aiguë à l’approche du référendum du 16 avril qui doit renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

     

    Les refus successifs depuis le début du mois de l’Allemagne et d’autres pays de l’UE comme les Pays-Bas de laisser des ministres turcs participer sur leur sol à des réunions électorales auprès de la diaspora, en faveur du oui au référendum, ont suscité l’ire de l’homme fort d’Ankara.

     

    Il avait déjà affirmé faire face à des pratiques dignes du nazisme en Europe. Dimanche il est allé encore plus loin en s’en prenant nommément à la chancelière allemande.

     

    « Quand on les traite de nazis, cela ne leur plaît pas. Ils manifestent leur solidarité. En particulier Merkel », a déclaré M. Erdogan dans un discours télévisé.

     

    « Mais tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies », a-t-il lancé à l’adresse de la dirigeante allemande.

     

    « Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles », lui a répliqué le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel dans le quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi.

     

    « J’ai donc fait savoir très clairement à mon homologue turc [Mevlut Cavusoglu] qu’une limite avait été ici franchie » suite aux propos « choquants » de M. Erdogan, a-t-il ajouté.

     

    L’Allemagne est au centre du bras de fer du président Erdogan avec l’Europe, car elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

     

    Jusqu’ici, les responsables allemands ont préféré la retenue face aux provocations, persuadés que la surenchère ne ferait que faire le jeu du chef de l’État turc, soupçonné de vouloir se poser en victime pour mobiliser les indécis au projet de réforme constitutionnelle.

     

    Mais la patience de Berlin arrive à ses limites. « Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits ? » s’est interrogée une proche de Mme Merkel et vice-présidente de son parti conservateur CDU, Julia Klöckner.

     

    Elle a demandé l’arrêt des subventions européennes en faveur de la Turquie, prévues pour l’aider à se rapprocher de l’UE.

     

    Dans un nouvel accès de fureur, la Turquie a annoncé dimanche avoir convoqué l’ambassadeur d’Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d’une manifestation de Kurdes lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie, et avaient été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.













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