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    Éditorial

    UNESCO: la mauvaise voie

    Guy Taillefer
    13 octobre 2017 |Guy Taillefer | États-Unis | Éditoriaux

    Trump en train de défaire l’ALENA, Trump critiquant l’ONU, Trump sur le point de « décertifier » l’accord international sur le nucléaire iranien… Il ne faut pas se surprendre de voir les États-Unis se retirer de l’UNESCO pour cause de « partis pris anti-israéliens persistants » de la part de l’organisation onusienne — ni de voir Israël lui emboîter le pas presque immédiatement jeudi. C’est une décision qui s’inscrit tout naturellement dans la nouvelle logique américaine de réduction du monde à des rapports de force bilatéraux et, ce faisant, d’économies budgétaires sur le dos des institutions multilatérales.

     

    Décision regrettable sans être inattendue : c’est aussi l’aboutissement d’une guerre diplomatique déclarée depuis longtemps. L’admission de l’Autorité palestinienne comme membre de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) avait provoqué d’énormes remous, provoquant l’arrêt des financements américain et israélien. Les conflits avec les États-Unis et Israël n’ont depuis jamais cessé de s’envenimer. En juillet dernier, ils ont déchiré leur chemise après la décision du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO de classer la vieille ville d’Hébron, située dans le sud de la Cisjordanie, en tant que site palestinien « d’une valeur exceptionnelle », alors que la ville est également sacrée pour les juifs et les chrétiens. Semblable explosion de courroux avait eu lieu, en octobre 2016, quand l’UNESCO s’était portée à la défense de Jérusalem-Est au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien, faisant l’impasse sur l’importance multimillénaire que représente pourtant pour les juifs le mont du Temple.

     

    L’UNESCO a joué un rôle utile, en 2011, en entrouvrant la porte à la reconnaissance internationale de la Palestine. Il n’empêche cependant que les résolutions subséquentes de l’organisation sur la question palestinienne, portée par des dynamiques internes manipulées par les pays arabes, ont en effet témoigné de « partis pris anti-israéliens persistants ». Juste retour des choses, d’une certaine manière, vu l’équilibre des forces à l’ONU. À ainsi s’idéologiser, l’organisation est bien loin de sa mission consistant à « construire la paix dans l’esprit des hommes à travers l’éducation, la science et la culture »

     

    Entendu que l’UNESCO n’est en santé ni politiquement ni financièrement. Éparpillée et mal gérée, elle traverse depuis quelques années une crise particulièrement vive. Mais c’est aussi une organisation dont la mission culturelle et éducative demeure fondamentale et qui, donc, mériterait qu’on s’emploie à la réformer. M. Trump a plutôt choisi la voie trop facile consistant à s’en laver les mains. Au moment précis où l’organisation se choisit un nouveau directeur général, claquer la porte n’arrangera rien.













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