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    Ankara exhorte Washington à annuler la suspension des visas

    Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de brouille entre la Turquie et les pays occidentaux

    10 octobre 2017 | Gokan Gunes - Agence France-Presse à Istanbul | États-Unis
    L'ambassade américaine à Ankara, en Turquie
    Photo: Adem Altan Agence France-Presse L'ambassade américaine à Ankara, en Turquie

    La Turquie a exhorté lundi les États-Unis à annuler leur décision de suspendre la délivrance des visas, une mesure prise sur fond de vives tensions après l’inculpation d’un employé du consulat américain à Istanbul.

     

    Mais la convocation adressée lundi par la justice turque à un autre employé du consulat américain risque au contraire d’envenimer les rapports entre ces deux pays alliés au sein de l’OTAN qui vivent l’une de leurs pires crises depuis un demi-siècle.

     

    Après l’inculpation pour « espionnage » mercredi d’un employé turc du consulat américain à Istanbul, Washington a suspendu dimanche les activités de la totalité des services de délivrance des visas de ses missions en Turquie, hors visas d’immigration.

     

    Les autorités de la Turquie ont pris une mesure similaire, mais ont dans le même temps demandé aux Américains de revenir sur leur décision, estimant qu’elle ouvrait la voie à une « escalade inutile », tandis que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’en disait « peiné ».

     

    Cette guerre des visas survient après des mois de dissensions croissantes entre Ankara et Washington, liées notamment à des désaccords sur la Syrie, l’arrestation d’un pasteur américain et plusieurs affaires judiciaires impliquant des responsables turcs aux États-Unis.

     

    Les tensions avec les États-Unis s’inscrivent dans un contexte plus large de brouille entre la Turquie et les pays occidentaux, notamment l’Allemagne, depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, suivie de dizaines de milliers d’arrestations.

     

    Crise « historique »

     

    Parallèlement, les relations entre la Turquie et la Russie se sont spectaculairement réchauffées et ces deux pays, qui ont récemment conclu un important contrat d’armement, coopèrent étroitement sur le dossier syrien.

     

    Il s’agit « sans aucun doute d’un plus bas historique dans les relations » entre la Turquie et les États-Unis, a déclaré à l’AFP Soner Cagaptay, un chercheur du Washington Institute of Near East Policy.

     

    Selon lui, la précédente crise d’une ampleur comparable remonte à celle déclenchée en 1974 par l’invasion par l’armée turque de la partie nord de Chypre.

     

    Sont concernés par la suspension américaine les visas délivrés à ceux qui se rendent aux États-Unis pour le tourisme, des traitements médicaux, les affaires, un travail temporaire ou des études.

     

    L’étincelle a été cette fois l’inculpation pour « espionnage », mercredi dernier, d’un employé turc du consulat américain accusé d’être lié au prédicateur Fethullah Gülen, qui s’est exilé aux États-Unis et qu’Ankara accuse d’être le cerveau du putsch manqué.

     

    Sans explicitement mentionner cette affaire, l’ambassade des États-Unis, qui a annoncé la suspension de la délivrance des visas, a déclaré que le gouvernement américain était forcé de réévaluer « l’engagement » de la Turquie à l’égard de la sécurité des services et du personnel des missions diplomatiques.

     

    Des mois de dispute

     

    Pour aggraver les choses, le procureur général d’Istanbul a annoncé lundi la convocation d’un autre employé du consulat américain, dont l’épouse et le fils ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur l’organisation de M. Gülen.

     

    D’après le quotidien Hürriyet, l’employé en question s’est réfugié au consulat américain à Istanbul.

     

    Cette crise inédite survient après des mois de disputes sur plusieurs fronts, à commencer par la Syrie, où la Turquie reproche aux États-Unis d’appuyer des milices kurdes qu’elle considère comme des «terroristes».

     

    Autre sujet de discorde, l’extradition du prédicateur Gülen réclamée, sans succès, par Ankara depuis la tentative de coup d’État.













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