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    Chelsea Manning dit avoir «peur», mais veut se «battre»

    8 octobre 2017 18h38 |Agence France-Presse | États-Unis
    L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning
    Photo: Thos Robinson / Getty Images / Agence France-Presse L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning

    New York — L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning a expliqué dimanche avoir « peur » depuis sa sortie de prison en mai, mais qu’elle entendait se « battre » sur plusieurs fronts, notamment pour les droits des personnes transgenres.

     

    « J’ai peur. Mais si je suis ici, c’est parce que j’ai peur », a expliqué l’ancienne analyste de l’armée américaine lors d’une intervention dans le cadre du festival du magazine The New Yorker, à New York.

     

    « Des gens m’ont dit : “peut-être que tu ne devrais pas prendre autant la parole publiquement”. Et c’est pour ça que je le fais », a expliqué celle qui reste légalement une soldate de l’armée américaine, dans l’attente de l’examen de l’appel de sa condamnation. « Je ne pourrais pas imaginer faire autre chose aujourd’hui. »

     

    Condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels relatifs aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, Chelsea Manning a passé sept ans en prison (dont 3 de détention provisoire) avant que sa peine ne soit commuée par l’ancien président Barack Obama.

     

    « Je pensais que les choses redeviendraient normales », a-t-elle expliqué au sujet de sa sortie de prison. « J’avais cette image de retrouver ma vie d’avant. Mais ce n’est pas possible. Et je réalise aujourd’hui que ce n’est pas une mauvaise chose. »

     

    « Les choses font vraiment peur aujourd’hui et je ne veux pas prendre ma retraite », a-t-elle ajouté.

     

    La jeune femme qui fêtera ses trente ans le 17 décembre est née garçon, avec le prénom Bradley, et a effectué sa transition pour devenir Chelsea, une fille, une fois en détention.

     

    Dossiers secrets

     

    Sept ans après avoir plongé les États-Unis dans l’embarras en faisant notamment fuiter plus de 250 000 câbles diplomatiques, elle estime que l’État use trop systématiquement du secret.

     

    « Cette excuse de dire “ça protège ceci ou cela” est tellement utilisée [par le gouvernement] comme un bouclier, qui devient de plus en plus grand, et de plus en plus inquiétant », a alerté la native de l’Oklahoma.

     

    « Où devrait se trouver la limite [du secret] ? Je pense que c’est à nous d’en décider, pas au gouvernement », a-t-elle fait valoir.

     

    Elle a également exhorté le grand public à se saisir davantage de la question de la protection des données personnelles sur Internet.

     

    « Nous comprenons » que beaucoup de nos données personnelles circulent sur Internet hors de notre contrôle, a-t-elle dit. « Nous espérons que quelqu’un va régler le problème pour nous, mais personne ne va le régler pour nous. »













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