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    Corée du Nord

    «Il le regrettera», dit Trump

    Le président reste sourd aux appels à la retenue

    12 août 2017 | Jérôme Cartillier - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Donald Trump est au cœur d’une surenchère sans précédent entre son pays et la Corée du Nord.
    Photo: Jim Watson Agence France-Presse Donald Trump est au cœur d’une surenchère sans précédent entre son pays et la Corée du Nord.

    Donald Trump est resté sourd vendredi aux appels à la retenue sur le dossier nord-coréen, qui suscite une inquiétude internationale grandissante, mettant directement en garde Kim Jong-un et soulignant que l’armée américaine était prête à agir si nécessaire.

     

    Devant une surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang, la Chine a enjoint aux deux pays de « faire preuve de prudence » et a exhorté Pyongyang à éviter les « démonstrations de force ». L’Allemagne, de son côté, a martelé qu’il n’existait pas de solution militaire à ce conflit.

     

    Mais depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances, le président américain a persisté dans le registre belliqueux adopté depuis trois jours : « S’il fait quoi que ce soit visant Guam, ou un autre territoire américain, ou un allié des États-Unis, il le regrettera vraiment et il le regrettera rapidement », a-t-il lancé, évoquant le jeune leader nord-coréen.

     

    Son attitude ne contribue-t-elle pas à faire monter la tension à un niveau dangereux ? « Mes détracteurs disent cela parce que c’est moi. Si quelqu’un d’autre disait exactement la même chose, ils diraient : “Quelle grande déclaration !” » a-t-il répondu, assurant que des « dizaines de millions d’Américains » étaient heureux qu’un président « parle enfin haut et fort » pour leur pays et ses alliés.

     

    Quelques heures plus tôt, M. Trump — qualifié par Pyongyang d’« odieux fanatique de la guerre nucléaire » — avait souligné sur Twitter que les solutions militaires étaient « complètement en place » et « prêtes à l’emploi » si la Corée du Nord se comportait imprudemment.

     

    Après plusieurs jours d’escalade verbale, aucun signe d’apaisement n’était perceptible. Or les prochains exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, durant lesquels les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s’aggraver, commencent prochainement, autour du 21 août.

     

    Moscou est « très inquiet »

     

    Cette montée des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord pèse sur les marchés financiers et inquiète de nombreux dirigeants mondiaux.

     

    « Nous appelons toutes les parties à faire preuve de prudence dans leurs mots et leurs actions, et à agir davantage pour apaiser les tensions », a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

     

    À Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s’est dit « très inquiet » des risques de conflit « très élevés » entre les États-Unis et la Corée du Nord.

     

    « Il est manifestement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions », a renchéri Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

     

    « Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit […] Je considère l’escalade verbale comme une mauvaise réponse », a mis en garde vendredi la chancelière allemande, Angela Merkel.

     

    M. Trump a balayé ces propos d’un revers de la main, estimant que Mme Merkel parlait seulement pour son pays. « Peut-être qu’elle parle de l’Allemagne. Elle ne parle certainement pas des États-Unis, je peux vous le dire. »

     

    L’armée américaine a indiqué vendredi être « prête à combattre » si le président américain en donne l’ordre.


    Le Canada condamne Pyongyang La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a condamné vendredi les récentes actions du régime nord-coréen, estimant que son programme nucléaire est une « grave menace pour le monde » qui « doit cesser », tout en prônant une désescalade des tensions. « Nous devons chercher des moyens d’apaiser la situation », a-t-elle mentionné lors d’une conférence de presse. La ministre canadienne a également rappelé que le Canada « soutient très fortement » ses alliés, dont les États-Unis. « Quand ils sont menacés, nous sommes présents. »












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