Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Le gouvernement tunisien annonce des mesures sociales après la contestation

    13 janvier 2018 18h25 | Kaouther Larbi - Agence France-Presse à Tunis | Actualités internationales
    Des manifestants tunisiens confrontent des policiers qui leur bloquent l'accès aux bureaux du gouvernement, à Tunis, le 12 janvier.
    Photo: Sofiene Hamdaoui Agence France-Presse Des manifestants tunisiens confrontent des policiers qui leur bloquent l'accès aux bureaux du gouvernement, à Tunis, le 12 janvier.
    Le gouvernement tunisien a annoncé samedi une batterie de mesures sociales après une semaine de contestation contre l’austérité émaillée de heurts, espérant ainsi calmer la colère d’une partie de la population sept ans après la révolution.

    Plusieurs manifestations étaient prévues dans la matinée de dimanche pour marquer l’anniversaire de la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali, chassé le 14 janvier 2011 par un mouvement de protestation contre le chômage, la vie chère et la corruption.

    Le plan d’action gouvernemental, qui doit toucher plus de 120 000 bénéficiaires, coûtera plus de 70 millions de dinars (36 millions de dollars canadiens), a indiqué à la presse le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi.

    Il prévoit une aide à l’accès à la propriété pour les familles pauvres, des mesures visant à assurer « une couverture médicale pour tous », et une augmentation de l’allocation sociale en faveur des familles nécessiteuses, qui passera de 150 dinars (77 dollars) à 180 et 210 dinars (92 et 107 dollars) en fonction du nombre d’enfants, soit une augmentation d’au moins 20 %.

    « C’est un projet de loi très avancé, qui a été soumis au Parlement et sera discuté d’ici une semaine », a indiqué une source gouvernementale sous couvert d’anonymat, assurant que le gouvernement y travaillait dès avant les contestations. « Nous pouvons le financer », a-t-elle ajouté sans préciser si ces mesures avaient déjà été budgétées.

    Des manifestations pacifiques et des émeutes nocturnes ont eu lieu la semaine passée dans plusieurs villes de Tunisie, une contestation alimentée par un chômage persistant — 15 % officiellement-- malgré la croissance, et par des hausses d’impôts grignotant un pouvoir d’achat déjà éprouvé par une importante inflation (plus de 6 % fin 2017).

    Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a rencontré samedi les responsables des partis au pouvoir, du patronat et du syndicat UGTT, a reconnu : « le climat social et le climat politique ne sont pas bons en Tunisie », tout en assurant que « la situation reste positive ».

    « Nous sommes capables de maîtriser les problèmes », a-t-il insisté.

    Il a prévu de se rendre dimanche matin dans un quartier déshérité de Tunis, où des heurts ont eu lieu cette semaine.

    Échauffourées

    M. Essebsi a par ailleurs accusé la presse étrangère d’avoir « amplifié » les faits.

    Vendredi, l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières a condamné des pressions sur les journalistes après l’interpellation d’un correspondant français et d’un reporter tunisien qui couvraient les rassemblements.

    Les heurts nocturnes avaient éclaté lundi soir opposant des jeunes jetant des pierres et des cocktails molotov à des policiers faisant usage de gaz lacrymogènes dans plusieurs villes de Tunisie. Ils se sont reproduits jusqu’à jeudi soir.

    Des bâtiments publics ont été attaqués et des magasins pillés. Un homme est mort dans des circonstances peu claires durant une manifestation dans la ville de Tebourba, à 30 km à l’ouest de Tunis.

    Vendredi, quelques centaines de manifestants ont protesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre), lançant un « carton jaune » au gouvernement sur l’austérité à l’appel du mouvement « Fech Nestannew » (« Qu’est-ce qu’on attend »).

    Ce mouvement de la société civile a lancé en début d’année la contestation contre le budget 2018 voté en décembre, la hausse des prix et la corruption. Il réclame davantage de justice sociale.

    Le calme est revenu globalement dans le pays depuis jeudi soir. Samedi soir, des incidents ont eu lieu à Siliana (centre).

    Au total 803 personnes ont été arrêtées, a indiqué samedi à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khlifa Chibani.

    Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, « ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s’étaient mobilisés en 2011 et n’ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux ».

    La révolution du Jasmin avait été déclenchée par l’immolation par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, une ville dans l’arrière pays déshérité, d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.