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    Israël prêt à une nouvelle poussée de colonisation, y compris à Hébron

    11 octobre 2017 | Laurent Lozano - Agence France-Presse à Jérusalem | Actualités internationales
    La création de logements de colonisation s’annonce particulièrement délicate à Hébron, où quelque 800 juifs vivent sous haute protection militaire parmi 200 000 Palestiniens.
    Photo: Hazem Bader Agence France-Presse La création de logements de colonisation s’annonce particulièrement délicate à Hébron, où quelque 800 juifs vivent sous haute protection militaire parmi 200 000 Palestiniens.

    Israël va faire avancer différents projets pour la construction de plus de 3700 logements de colonisation en Cisjordanie occupée, y compris pour la première fois depuis des années dans la ville palestinienne d’Hébron.

     

    Le responsable israélien qui a donné cette information sous le couvert de l’anonymat n’a pas précisé quand les autorités se prononceraient officiellement.

     

    Mais la commission statuant sur de tels projets et relevant du ministère de la Défense doit se réunir les 17 et 18 octobre, a indiqué Hagit Ofran, une responsable de l’organisation israélienne anti-colonisation La Paix maintenant.

     

    Ce sont 3736 logements pour colons qui sont appelés à recevoir une approbation à différents stades de l’instruction des dossiers, a dit le responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Certains, déjà existants, pourraient en fait être reconnus rétroactivement.

     

    Les projets de colonies franchissent une succession d’étapes procédurales avant une approbation définitive et la mise en chantier.

     

    « Au total, environ 12 000 logements auront été approuvés en 2017, a dit ce responsable, soit quatre fois plus qu’en 2016. »

     

    La colonisation, c’est-à-dire la construction d’implantations civiles en territoire occupé, est illégale au regard du droit international. Elle est considérée par une grande partie de la communauté internationale comme faisant obstacle à la paix qui se fait attendre depuis des décennies entre Israéliens et Palestiniens.

     

    Une poudrière

     

    La création de logements de colonisation s’annonce particulièrement sensible à Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie où quelque 800 juifs vivent sous haute protection militaire parmi 200 000 Palestiniens.

     

    « Il s’agira [de l’annonce] la plus spectaculaire parce que c’est à Hébron que l’occupation présente son visage le plus laid », a dit Hagit Ofran, de La Paix maintenant.

     

    Selon elle, c’est la première fois depuis 2002 que de nouveaux logements de colons sont destinés à voir le jour à Hébron. La coexistence des Palestiniens et des juifs à Hébron est une source de tensions et de violences permanentes.

     

    L’UNESCO a inscrit en juillet la vieille ville d’Hébron sur la liste du patrimoine mondial en danger. Cette décision et la caractérisation par l’UNESCO d’Hébron comme ville islamique ont provoqué la fureur d’Israël, les juifs revendiquant une présence de 4000 ans à Hébron.

     

    Non seulement la colonisation rogne le territoire sur lequel les Palestiniens aspirent à former un État indépendant qui coexisterait avec Israël, mais en fragmentant la continuité des territoires, elle menace de rendre impossible la création d’un État palestinien et donc la réalisation de la solution dite à deux États, référence diplomatique de la communauté internationale, disent ses détracteurs.

     

    La colonisation continue « à grande échelle » et « rend la solution à deux États de plus en plus inaccessible », s’est ainsi alarmé en septembre l’envoyé spécial de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

     

    Le gouvernement israélien, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, conteste l’idée que la colonisation entrave la paix et impute l’enlisement du conflit au refus palestinien de reconnaître l’existence d’un État juif dans quelque frontière que ce soit.

     

    Le premier ministre Benjamin Nétanyahou est soumis à la surenchère de ses rivaux de droite et du lobby de la colonisation, partisans d’une construction débridée en Cisjordanie et, pour nombre d’entre eux, d’une annexion d’au moins une partie du territoire.

     

    L’appui des États-Unis

     

    Pour expliquer que la colonisation ne progresse pas aussi vite que le voudraient ses partisans, les responsables israéliens distillent dans la presse la notion que le gouvernement Trump refrénerait discrètement les ardeurs colonisatrices pour ne pas nuire à ses efforts pour relancer les discussions de paix.

     

    Après le gouvernement Obama, très critique de la colonisation, l’élection de Donald Trump avait créé un appel d’air et Israël avait procédé à plusieurs annonces de colonisation portant sur plus de 6000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

     

    Les Palestiniens sont de plus en plus frustrés de l’absence d’opposition ferme de la part du gouvernement Trump à la colonisation et d’engagement en faveur de la solution dite à deux États.

     

    Un responsable du département d’État avait répété lundi que la colonisation « irréfrénable ne favorise pas les perspectives de paix ».

     

    Mais, ajoutait-il, « le gouvernement [américain] reconnaît que les exigences passées de gel de la colonisation n’ont pas contribué au progrès des discussions de paix ».













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