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    Kenya: trois morts au lendemain de la réélection de Kenyatta

    12 août 2017 | Actualités internationales
    Cyril Bélaud - Agence France-Presse respectivement à Kisumu et à Nairobi
    Tristan McConnell - Agence France-Presse
    Un homme blessé par des policiers est aidé dans les bidonvilles de Kawangware à Nairobi le 11 août 2017.
    Photo: Patrick Meinhardt Agence France-Presse Un homme blessé par des policiers est aidé dans les bidonvilles de Kawangware à Nairobi le 11 août 2017.

    Au moins trois personnes ont été tuées au Kenya depuis l’annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta, le gouvernement assurant que les violences restaient localisées et que l’essentiel du pays était calme.

     

    Sitôt la proclamation par la Commission électorale (IEBC) de la réélection de M. Kenyatta, 55 ans, pour un second mandat de cinq ans, des violences ont éclaté dans les bastions de l’opposition, qui a dénoncé « une mascarade » électorale.

     

    Persuadés que la victoire leur a une nouvelle fois été volée, ses supporteurs ont laissé éclater leur colère dans l’ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, tels Kibera, Mathare ou Kawangware.

     

    Depuis vendredi soir, au moins trois personnes, dont un enfant de neuf ans, ont été tuées. Deux décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya, de sources hospitalières et policières.

     

    L’enfant a été tué par balle samedi matin à Mathare, alors qu’il se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble, selon un journaliste de l’AFP.

     

    Selon un décompte de l’AFP, les violences liées à l’élection ont fait au moins 9 morts depuis mercredi dans ce pays de quelque 48 millions d’habitants.

     

    La nuit a été agitée, marquée par des émeutes à Kisumu et des scènes de pillage à Kibera de commerces supposés appartenir à des sympathisants du pouvoir.

     

    Les troubles ont continué dans la matinée à Kisumu et ses environs, où les manifestants ont bloqué des axes routiers. À Kibera, des jeunes munis de pierres ont allumé des feux et bloqué des rues, avant d’être pourchassés par la police. La même scène a été observée à Mathare par un journaliste de l’AFP.

     

    Manifestants tirés par des policiers

     

    Mettant ces incidents sur le dos « d’éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés », le ministre de l’Intérieur, Fred Matiangi, a assuré que « la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays ».

     

    La réponse de la police a été implacable, même si le ministre a certifié que « la police n’a pas fait d’usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays ».

     

    Un photographe de l’AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d’émeutiers dans la nuit à Kibera. À Kisumu, un témoin interrogé par l’AFP, Truphena Achieng, dont le frère a été blessé, a accusé la police d’avoir fait feu sur des personnes qui manifestaient « pacifiquement ».

     

    Le président tend la main

     

    Crédité de 54,27 % des voix, M. Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à son principal rival Raila Odinga (44,74 %), dans une adresse à la Nation.

     

    « Nous devons travailler ensemble […] nous devons ensemble faire grandir ce pays », avait-il lancé, appelant l’opposition à ne pas « recourir à la violence ».

     

    Il y a dix ans, plus de 1100 personnes avaient été tuées et 600 000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, les pires depuis l’indépendance en 1963, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par M. Odinga.

     

    Ce souvenir ne signifie cependant pas forcément que le pays se dirige dans la même direction. Même si elles remettent en lumière de vieilles divisions tribales, les violences sont pour l’instant circonscrites aux bastions de l’opposition.

     

    Le calme régnait dans une bonne partie de Nairobi, dans le centre du pays, ainsi qu’à Mombasa, sur la côte. Et seule l’ethnie Luo, celle de M. Odinga, semblait se mobiliser, les autres composantes de la coalition d’opposition (Nasa), les Luhya et Kamba, restant pour l’heure à l’écart des violences.













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