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    Turquie: l’état d’urgence prolongé de trois mois

    18 juillet 2017 | Lefteris Pitarakis - Associated Press à Istanbul | Actualités internationales
    Depuis le putsch avorté, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées.
    Photo: Ozan Kose Agence France-Presse Depuis le putsch avorté, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées.

    Istanbul — La Turquie a prolongé lundi de trois mois l’état d’urgence instauré après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, a rapporté l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

     

    Sur proposition du gouvernement, le Parlement a voté l’extension de l’état d’urgence qui arrivait à expiration mercredi, a indiqué Anadolu.

     

    Cette décision survient au surlendemain de l’anniversaire du putsch avorté qui a été souligné par des rassemblements massifs dans toute la Turquie.

     

    L’état d’urgence, promulgué le 20 juillet, avait déjà été prolongé trois fois, en octobre, en janvier et en avril.

     

    Gulenistes traqués

     

    Dans le cadre de l’état d’urgence, les autorités turques traquent inlassablement les partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir piloté le coup de force, ce que l’intéressé nie.

     

    Mais au-delà des putschistes présumés, les purges ont également frappé des opposants prokurdes, des médias critiques et des ONG.

     

    Depuis le putsch avorté, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées.

     

    Le dirigeant du principal parti d’opposition (CHP, social-démocrate), Kemal Kiliçdaroglu, a exhorté samedi le gouvernement à lever l’état d’urgence qui, a-t-il dit, « est devenu permanent ».

     

    Mais le président Erdogan a plusieurs fois répété que l’état d’urgence ne serait levé « que lorsque tous les troubles auront disparu ».

     

    Comparutions

     

    Aussi, une dizaine de militants des droits de la personne, dont la directrice d’Amnesty International en Turquie, ont été emmenés lundi dans un tribunal d’Istanbul pour y être interrogés par un procureur en vue d’une possible inculpation, a rapporté l’ONG.

     

    Huit militants des droits de la personne, dont la directrice d’Amnesty pour la Turquie, Idil Eser, ont été arrêtés début juillet lors d’un atelier de formation au management et à la sécurité informatique, sur l’île de Büyükada, rattachée à Istanbul.

     

    Un Suédois et un Allemand, formateurs lors de cet atelier, ont également été interpellés et placés en garde à vue.

     

    Soupçonnés par les autorités turques d’« appartenance à une organisation terroriste armée », les 10 militants ont été présentés lundi à un procureur pour la première fois depuis leur interpellation.

     

    « De deux choses l’une : soit ils vont enfin être remis en liberté. Soit ces personnes seront malheureusement placées en détention dans l’attente d’un procès », a déclaré devant le tribunal Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty.

     

    « C’est un test pour la justice turque. La Turquie sera en disgrâce aux yeux du monde si ces militants sont mis en prison pour avoir défendu les droits de l’Homme », a-t-il estimé.

     

    La semaine dernière, M. Erdogan a publiquement accusé les militants arrêtés de mener des activités s’inscrivant « dans la continuité du [putsch] du 15 juillet », sans autre précision.

     

    L’interpellation des militants des droits de la personne a suscité l’inquiétude des partenaires occidentaux d’Ankara. Le Conseil de l’Europe, dont fait partie la Turquie, a ainsi exigé leur libération « immédiate ».













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