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    Un an après le putsch raté en Turquie, Erdogan promet d’«arracher la tête des traîtres»

    15 juillet 2017 20h57 | Actualités internationales
    Fulya Ozerkan - Agence France-Presse à Istanbul
    Gokan Gunes - Agence France-Presse
    Le président turc inaugurait samedi soir à Istanbul un monument en hommage aux 249 personnes tuées la nuit du putsch manqué.
    Photo: Gouvernement turc / Agence France-Presse Le président turc inaugurait samedi soir à Istanbul un monument en hommage aux 249 personnes tuées la nuit du putsch manqué.

    Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans toute la Turquie pour commémorer l’anniversaire de la tentative coup d’État du 15 juillet 2016 à Istanbul, où le président Recep Tayyip Erdogan a promis d’« arracher la tête des traîtres ».

     

    « Avant tout, nous arracherons la tête de ces traîtres », a lancé M. Erdogan lors d’un discours au vitriol près du pont des Martyrs du 15 juillet enjambant le Bosphore, où s’est déroulé l’un des épisodes les plus sanglants du putsch avorté.

     

    Des centaines de milliers de personnes étaient rassemblées près du pont afin de commémorer la tentative de putsch qui a fait quelque 250 morts et profondément marqué la Turquie. M. Erdogan y a inauguré un mémorial dédié aux victimes après avoir récité une prière.

     

    Alors que l’échec du putsch a été salué par M. Erdogan comme une « victoire de la démocratie », sa riposte musclée a suscité l’inquiétude de pays européens et d’ONG quant au respect des droits de l’Homme.

     

    Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d’être derrière le putsch, ce que nie l’intéressé, Ankara a lancé des purges d’une ampleur sans précédent contre ses partisans présumés : plus de 50 000 personnes ont été arrêtées, plus de 100 000 limogées par vagues successives.

     

    Vendredi encore, plus de 7000 militaires, policiers et employés de plusieurs ministères ont été radiés par décret-loi.

     

    M. Erdogan s’est par ailleurs dit en faveur d’une tenue « unique » pour les putschistes présumés en train d’être jugés, « comme à Guantánamo », en référence à la tenue orange portée par les détenus de la prison militaire américaine située à Cuba.

     

    Le président turc devait se rendre à Ankara dans la nuit pour y prononcer un discours à 23 h 32 GMT, heure à laquelle les putschistes ont bombardé l’Assemblée nationale dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016.

     

    « Ne pas oublier »

     

    « Notre nation n’oubliera pas le 15 juillet, et ne permettra pas qu’il soit oublié », a déclaré le premier ministre Binali Yildirim lors de la cérémonie à Istanbul, rendant hommage aux « martyrs » qui ont « donné leur vie pour « leur patrie, leur drapeau, leur foi ».

     

    Dans tout le pays, des statues ont été érigées à leur gloire et leurs portraits s’affichent en posters dans le métro d’Istanbul. Des vidéos sponsorisées par le gouvernement racontant l’« épopée du 15 juillet » étaient diffusées à la télévision.

     

    L’un des épisodes les plus marquants s’est déroulé sur le pont des Martyrs du 15 juillet, ainsi rebaptisé après le coup de force. La reddition, au petit matin du 16 juillet, des putschistes qui en avaient pris le contrôle avait symbolisé la mise en échec du coup d’État.

     

    « Nous sommes là pour les victimes, pour la démocratie, pour notre pays, pour notre peuple, pour notre drapeau », a déclaré à l’AFP Hakan, un Stambouliote venu participer au rassemblement près du pont.

     

    Un an après avoir vécu la plus violente forme de contestation de son pouvoir, M. Erdogan, qui dirige la Turquie depuis 2003, se dresse plus puissant que jamais. Une révision constitutionnelle controversée lui permet en théorie de se maintenir jusqu’en 2029.

     

    Ses opposants l’accusent de dérive autocratique depuis la tentative de coup d’État, mais il a balayé les critiques, notamment occidentales, dénonçant un « manque d’empathie » des pays européens avec lesquels les relations se sont tendues.

     

    « Justice anéantie »

     

    Les purges menées depuis un an ont bouleversé les institutions : 4000 magistrats ont été radiés et l’armée turque, la deuxième de l’OTAN, est affaiblie, avec le limogeage d’au moins 150 généraux.

     

    Le gouvernement turc affirme que de telles mesures d’exception, prises dans le cadre de l’état d’urgence en place depuis un an, sont nécessaires pour nettoyer l’État des éléments gulénistes qui l’ont méthodiquement infiltré pendant des décennies.

     

    Mais, dépassant le cadre des partisans présumés de M. Gülen, cette traque a aussi touché les milieux prokurdes, dont les principaux dirigeants politiques ont été écroués, des journalistes critiques ou encore des ONG.

     

    Ces développements ont profondément polarisé la société entre pro et anti-Erdogan. Alors que tous les partis politiques avaient fait vœu d’unité après le traumatisme du 15 juillet, un an après, le paysage politique est plus fracturé que jamais.

     

    Un mouvement de protestation pour défendre « la justice » conduit par le leader du principal parti d’opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, est ainsi parvenu à mobiliser des centaines de milliers de mécontents.

     

    « Au cours de l’année écoulée, […] les poursuites sont sorties du cadre du droit, la justice a été anéantie », a déploré samedi M. Kiliçdaroglu lors d’une session parlementaire extraordinaire.













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