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    Les cendres du Nobel chinois Liu Xiaobo dispersées en mer

    16 juillet 2017 20h39 | Becky Davis - Agence France-Presse - à Shenyang | Actualités internationales
    Une cérémonie funéraire a été organisée à l'abri des regards pour Liu Xiaobo.
    Photo: Shenyang Municipal Information Office via Associated Press Une cérémonie funéraire a été organisée à l'abri des regards pour Liu Xiaobo.

    Les cendres du dissident chinois Liu Xiaobo ont été dispersées en mer samedi, quelques heures après une discrète cérémonie funéraire à laquelle a assisté la veuve du Nobel de la paix, dont le sort reste incertain.

     

    Les autorités ont diffusé une vidéo montrant son épouse Liu Xia et d’autres personnes mettant à l’eau une urne blanche, deux jours après le décès de l’opposant de 61 ans, figure de la lutte pour la démocratie en Chine, suite à un cancer.

     

    La dépouille de Liu Xiaobo avait été incinérée à l’aube samedi à Shenyang, ville où il était hospitalisé jusqu’à sa mort, loin du regard des médias, tenus à l’écart des proches du dissident.


    « Les autorités ont peur que si quelqu’un d’aussi emblématique que Liu Xiaobo a une tombe, elle devienne un endroit où ses partisans se réuniront », a déclaré à l’AFP Ye Du, un dissident proche de la famille. « Elles ne pouvaient autoriser qu’il soit enterré. »

    « En Chine, on ne trouvera plus aucun endroit où commémorer Liu Xiaobo », a déploré Hu Jia, militant et ami du couple.
     

    La dispersion des cendres du lauréat du prix Nobel de la paix en 2010 implique qu’il n’aura pas de sépulture pouvant servir de lieu de recueillement.

     

    Mais son frère aîné Liu Xiaoguang a défendu ce choix samedi après-midi lors d’une conférence de presse. Défendant « le système socialiste », il a remercié les autorités pour leur « humanité » et assuré qu’elles avaient agi « selon la volonté des membres de la famille ».

     

    Des propos dont la sincérité ne pouvait être vérifiée, les autorités verrouillant depuis le début toute information sur Liu Xiaobo et l’accès à ses proches. Les médias n’ont pas pu interroger le frère du dissident à l’issue de sa déclaration.

     

    L’opposant est mort jeudi des suites d’un cancer du foie, sans que le régime communiste ne le laisse finir ses jours en liberté à l’étranger. Cela vaut depuis à Pékin une pluie de critiques.

     

    Liberté ?

     

    Écrivain et professeur, Liu Xiaobo avait été arrêté en décembre 2008 puis condamné un an plus tard pour subversion à 11 ans de prison. Il avait bénéficié d’une liberté conditionnelle et été hospitalisé à la suite de la détection de son cancer fin mai.

     

    Des photos diffusées par les autorités samedi montraient son épouse en pleurs devant le corps de son mari, ainsi que des proches s’inclinant devant la dépouille entourée de fleurs.

     

    Vivant depuis 2010 en résidence surveillée sans qu’aucune charge n’ait jamais été portée contre elle, la poétesse et photographe a été autorisée à se rendre au chevet de son mari avant son décès, mais ses contacts avec le monde extérieur restent extrêmement limités.

     

    Les États-Unis et l’Union européenne ont appelé Pékin à la libérer et à la laisser quitter la Chine si elle le souhaite.

     

    « D’après ce que je sais, Mme Liu Xia est libre », a assuré samedi lors d’une conférence de presse Zhang Qingyang, un responsable de la municipalité de Shenyang.

     

    Une déclaration mise en doute par des proches de la famille, qui restaient sans contact avec Liu Xia. Son beau-frère a laissé entendre qu’elle pourrait à son tour être hospitalisée.

     

    « L’Occident utilise Liu Xiaobo »

     

    « Il est préférable pour elle qu’elle ne reçoive pas trop de sollicitations extérieures durant cette période de deuil. C’est le souhait de la famille », a affirmé le responsable municipal pour justifier le silence de Mme Liu.

     

    Le comité Nobel norvégien s’est dit vendredi « profondément inquiet » pour Liu Xia, appelant Pékin à la laisser quitter le pays.

     

    « Le monde doit se mobiliser pour la sauver, et rapidement », a estimé vendredi l’avocat de Liu Xiaobo aux États-Unis, Jared Genser. « Elle mérite de vivre le reste de ses jours en dehors de la Chine, conformément à sa volonté, à l’abri de la peur, et dans la paix et la tranquillité ».

     

    Les conditions du décès de M. Liu ont été critiquées par plusieurs pays qui avaient appelé Pékin à ce qu’il puisse être soigné à l’étranger. La Chine dit avoir protesté officiellement auprès des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et des Nations unies.

     

    « L’Occident utilise Liu Xiaobo comme une carte dans son jeu contre la Chine », a dénoncé samedi le journal chinois Global Times, connu pour son ton nationaliste, décrivant le dissident comme « paranoïaque, naïf et arrogant ».













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