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    Chine

    Pékin réagit avec colère aux critiques concernant son traitement de Liu Xiaobo

    15 juillet 2017 | Becky Davis - Agence France-Presse à Shenyang | Actualités internationales
    Liu Xiaobo est le premier Prix Nobel de la paix à mourir en détention depuis un pacifiste allemand emprisonné par les nazis et décédé en 1938.
    Photo: Kin Cheung Associated Press Liu Xiaobo est le premier Prix Nobel de la paix à mourir en détention depuis un pacifiste allemand emprisonné par les nazis et décédé en 1938.

    Pékin a réagi vendredi avec colère au flot de critiques des pays étrangers au lendemain du décès en détention du dissident Liu Xiaobo, mais sans écarter catégoriquement une libération de la veuve du prix Nobel de la paix, la poétesse Liu Xia.

     

    Pékin a protesté officiellement auprès des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et des Nations unies, a fait savoir le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

     

    Détenu pendant plus de huit ans pour « subversion », l’opposant politique est décédé jeudi à l’âge de 61 ans, succombant à un cancer du foie quelques semaines après avoir été placé en liberté conditionnelle dans un hôpital de Shenyang, dans le nord-est du pays. Pékin avait rejeté les appels de pays occidentaux à le libérer pour qu’il puisse suivre un traitement à l’étranger.

     

    Liu Xiaobo est le premier prix Nobel de la paix à mourir en détention depuis un pacifiste allemand emprisonné par les nazis et décédé en 1938. Le comité Nobel a accusé Pékin de porter « une lourde responsabilité » dans son décès.

     

    Plusieurs dirigeants étrangers — de l’Américain Donald Trump au Français Emmanuel Macron et à l’Allemande Angela Merkel — ont rendu hommage au défenseur de la démocratie.

     

    Le porte-parole de la diplomatie chinoise a rejeté ces critiques, les qualifiant d’ingérences dans les affaires intérieures du pays et affirmant que la condamnation de Liu Xiaobo n’avait « rien à voir avec la liberté d’expression ».

     

    Revenant sur l’attribution du Nobel 2010, M. Geng a estimé que le prix avait été « blasphémé » par la désignation d’un « prisonnier condamné conformément aux lois de la Chine ».

     

    L’ex-président du comité Nobel norvégien, Thorbjorn Jagland, toujours membre du comité, a justifié vendredi cette attribution.

     

    « La lutte pour les droits humains contribue à la paix, a-t-il dit. C’est pour cela que le comité que je présidais avait remis le prix de la paix à Liu Xiaobo. »

     

    « Diabolisation »

     

    Alors que les médias chinois se gardaient d’évoquer la mort du dissident, dont le nom reste tabou dans son pays, le quotidien Global Times faisait exception à la règle avec un éditorial attaquant des « forces étrangères » non précisées.

     

    « Elles ont utilisé la maladie de Liu afin d’améliorer leur image et de diaboliser la Chine », a dénoncé le journal étroitement contrôlé par le parti au pouvoir.

     

    Lors d’une conférence de presse jeudi soir à Shenyang, les médecins de Liu Xiaobo ont assuré qu’ils avaient fait leur possible pour sauver le malade, dont l’état se serait subitement dégradé après que des médecins occidentaux admis à son chevet eurent offert de l’hospitaliser à l’étranger.

     

    Les médecins chinois ont précisé que l’opposant était mort entouré de sa femme, Liu Xia, placée en résidence surveillée depuis 2010, soit pendant le plus clair de la détention de son mari.

     

    Les États-Unis et l’Union européenne ont appelé Pékin à remettre Liu Xia en liberté et à la laisser quitter le pays si elle le désire.

     

    Interrogé sur cette éventualité, le porte-parole des Affaires étrangères ne l’a pas catégoriquement écartée, déclarant simplement qu’il ne se prononçait pas à ce sujet.

     

    Mme Liu n’a pas de contact avec l’extérieur et n’a jamais pu être interrogée par la presse étrangère sur l’état de santé de Liu Xiaobo. Liu Xia « reste sous très étroite surveillance », a déclaré Patrick Poon, responsable Chine d’Amnesty International.

    Hong-Kong : quatre élus hostiles à la Chine disqualifiés Hong-Kong — La justice hongkongaise a disqualifié vendredi quatre élus pro-démocratie du Parlement de l’ex-colonie britannique, ce qui risque de renforcer les craintes d’une augmentation du contrôle de Pékin sur le petit territoire. Parmi les quatre députés figure notamment le jeune leader étudiant Nathan Law, qui avait été une des figures de proue des grandes manifestations pro-démocratie de l’automne 2014. La Haute cour avait été saisie par l’exécutif de Hong-Kong, politiquement aligné sur Pékin, qui demandait la disqualification des quatre élus du Conseil législatif (LegCo) au motif qu’ils avaient modifié leur prestation de serment pour y manifester leur hostilité vis-à-vis de l’influence de la Chine. L’Assemblée nationale populaire chinoise, dans une interprétation exceptionnelle de la Loi fondamentale, la mini-constitution hongkongaise, avait réaffirmé à l’automne, que les prestations de serment devaient se faire de façon « sincère et solennelle ». Vendredi, la Haute cour a estimé que cette interprétation s’imposait à toutes les juridictions hongkongaises. « Le mot “solennel” est porteur d’une signification comprise par tous, qui est celle de digne et formel », peut-on lire dans le jugement.












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