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    L’Europe songe à une loi sur l’obsolescence programmée

    À ce stade, aucun projet législatif européen n’est sur les rails pour s’attaquer à ce problème, mais le Parlement a réclamé à la Commission qu’elle s’y attelle.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À ce stade, aucun projet législatif européen n’est sur les rails pour s’attaquer à ce problème, mais le Parlement a réclamé à la Commission qu’elle s’y attelle.

    Strasbourg — Le Parlement européen a demandé mardi à la Commission de légiférer contre l’obsolescence programmée, par laquelle les industriels commercialisent sciemment des produits à faible durée de vie et irréparables, ce qui entraîne la mise au rebut d’énormes quantités de téléphones intelligents et autres appareils électroménagers usagés.

     

    Il est urgent d’agir pour « sortir d’une logique d’une société du déchet, du jetable et du gaspillage », a résumé le rapporteur du texte, l’élu écologiste français Pascal Durand.

     

    À ce stade, aucun projet législatif européen n’est sur les rails pour s’attaquer à ce problème, mais le Parlement a justement fait usage de son droit d’initiative pour réclamer à la Commission qu’elle s’y attelle.

     

    Cela devrait passer par « l’adoption de critères de résistance minimum couvrant entre autres la robustesse, la réparabilité et l’évolutivité pour chaque catégorie de produits dès leur conception », estiment les eurodéputés dans leur résolution non contraignante.

    Il faudrait « décourager, sauf pour des raisons de sécurité », la pratique consistant à rendre inamovibles certains composants essentiels des appareils, tels que les piles et les ampoules DEL, de sorte qu’on est obligé de jeter l’appareil lorsque l’un de ces composants est en panne, soulignent encore les députés.

     

    « Quand on jette, quand on remplace et quand on ne répare plus les produits qu’on achète, on cause la perte d’un savoir-faire, d’un artisanat, la perte également de métiers de la “réparabilité” et du service. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui ont disparu sur le continent européen », a encore argumenté M. Durand, qui a appelé à prendre exemple sur la Suède où la fiscalité incite à privilégier la réparation.

     

    Compromis

     

    « Je suis sûr que beaucoup d’entre nous ont été frustrés en constatant qu’un appareil ménager était tombé en panne, mais que le faire réparer coûtait autant, sinon plus, que d’en racheter un neuf », a souligné de son côté le commissaire Vytenis Andriukaitis, au nom de l’exécutif européen.

     

    « Entre garder un produit pendant 20 ans et acheter la dernière version, il y a des compromis à faire en matière de coûts, d’énergie et de consommation de ressources », a dit le commissaire. « Mais les consommateurs doivent avoir le choix et la possibilité de conserver un produit plus longtemps », a-t-il ajouté, sans préciser cependant si l’exécutif européen comptait légiférer sur cette question.

    Je suis sûr que beaucoup d’entre nous ont été frustrés en constatant qu’un appareil ménager était tombé en panne, mais que le faire réparer coûte autant, sinon plus, que d’en racheter un neuf.
    Le commissaire européen Vytenis Andriukaitis

    « Nous sommes déjà en train de travailler sur certaines des suggestions » avancées par les eurodéputés et « nous allons réfléchir en détail à certaines autres », a-t-il simplement déclaré.













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