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    Tir groupé contre Donald Trump au One Planet Summit

    13 décembre 2017 08h36 | Alexandre Shields à Paris | Actualités sur l'environnement
    «Les États-Unis ne se sont pas sortis de l’Accord de Paris. Donald Trump a sorti Donald Trump de l’Accord de Paris», a lancé l’ancien gouverneur républicain de la Californie, Arnold Schwarznegger.
    Photo: Eric Feferberg Agence France-Presse «Les États-Unis ne se sont pas sortis de l’Accord de Paris. Donald Trump a sorti Donald Trump de l’Accord de Paris», a lancé l’ancien gouverneur républicain de la Californie, Arnold Schwarznegger.

    Il n’était même pas invité au One Planet Summit de Paris, organisé à l’initiative de la France. Mais le président Donald Trump a été présent dans les discours de plusieurs participants, qui ont voulu démontrer que le dirigeant américain est plus isolé que jamais sur le front climatique.

     

    « Les États-Unis ne se sont pas sortis de l’Accord de Paris. Donald Trump a sorti Donald Trump de l’Accord de Paris. Nos villes et nos États sont toujours engagés, mais aussi nos entreprises, nos gouverneurs, etc. Nous sommes tous encore dans l’Accord et nous allons agir », a lancé l’ancien gouverneur républicain de la Californie Arnold Schwarznegger, invité vedette de la rencontre parisienne.

     

    Tandis que des incendies particulièrement dévastateurs ravagent son État, l’actuel gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a lui aussi vivement dénoncé le « climato-négationniste » en poste à Washington. Il a d’ailleurs lancé une mise en garde contre la multiplication des catastrophes naturelles en raison du réchauffement global. « Le monde n’est pas sur la voie du paradis, mais sur celle de l’enfer. Le temps nous manque et nous ne pouvons pas attendre un changement de cap du gouvernement fédéral. »

     

    Mauvaise décision

     

    Rappelant lui aussi que le temps presse pour infléchir la course vers un réchauffement catastrophique, le président français, Emmanuel Macron, a déploré la « mauvaise décision » annoncée en juin de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris, pourtant signé par le gouvernement Obama.

     

    Il estime d’ailleurs que ce retrait du deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète a « fragilisé » l’Accord de Paris. « On ne va pas assez vite, a ajouté le président Macron lors de la plénière de conclusion du sommet. Nous nous dirigeons actuellement vers une hausse des températures d’au moins trois degrés Celsius. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on s’est engagés à faire. »

     
    Le peuple américain veut mettre en oeuvre l’Accord de Paris. Et les États prennent déjà des décisions en faveur du développement des énergies renouvelables.
    L'ancien secrétaire d’État américain, John Kerry
     

    En vertu de l’accord conclu en décembre 2015, les États qui ont ratifié l’entente s’engagent à agir pour maintenir l’augmentation prévisible de la température « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », tout en promettant de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ». Une demande chère aux pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques.

     

    Mais quelle que soit la cible qui serait respectée, les efforts pour y parvenir seront colossaux. Il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70 % d’ici 2050 (et les faire disparaître en 2100) pour espérer rester sous les 2 °C et les baisser de 70 à 95 % pour rester sous 1,5 °C, selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

     

    Trump vs les États-Unis

     

    L’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lui aussi critiqué ouvertement le président américain, jugeant que celui-ci avait choisi de se placer « du mauvais côté de l’histoire ».

     

    Un choix politique qui ne s’appuie sur « aucun fondement scientifique », a fait valoir l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry dans le cadre d’un point de presse improvisé. « Le peuple américain veut mettre en oeuvre l’Accord de Paris, a-t-il insisté. Et les États prennent déjà des décisions en faveur du développement des énergies renouvelables. »

     

    L’ancien maire de New York Michael Bloomberg, devenu un porte-étendard de l’engagement du secteur privé en faveur de la lutte contre les changements climatiques, a pour sa part blagué en soulignant que la position défendue par Donald Trump a stimulé l’engagement de ceux qui veulent agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Le fait que le président a un point de vue différent sur la question [des changements climatiques] a suscité un ralliement chez ceux qui sont favorables à l’action environnementale. Donc, je le remercie pour son aide », a-t-il laissé tomber au cours d’un point de presse.

     

    Sur la bonne voie

     

    « Oui, je souhaiterais qu’il revienne sur sa décision, comme une personne normale le ferait en prenant connaissance de nouvelles informations qui peuvent l’amener à changer sa position », a ajouté M. Bloomberg. Mais il a soutenu que le secteur privé agit déjà, malgré le pouvoir en place à Washington. « Les entreprises agissent parce qu’elles n’ont tout simplement pas le choix. C’est la façon de recruter du personnel, mais c’est aussi ce que demandent les consommateurs. Le gouvernement fédéral n’y change rien. »

     

    Selon lui, le pays est d’ailleurs en bonne position pour atteindre son objectif pour 2025, soit une réduction de 25 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005. Il a ainsi rappelé que plusieurs centrales au charbon ont déjà fermé leurs portes, dans un contexte où les États se tournent vers des énergies moins polluantes, ou encore vers les sources renouvelables, dont les coûts ont diminué significativement au cours des dernières années.

     

    « Les gens disent que nous ne sortirons jamais des énergies fossiles. Mais nous le ferons, étape par étape. Nous allons créer un futur basé sur les énergies propres », a d’ailleurs affirmé mardi Arnold Schwarzenegger.

     

    Le président Trump, qui a déjà qualifié le réchauffement climatique de « canular », a au contraire promis de relancer l’industrie du charbon, de plus en plus moribonde aux États-Unis. Donald Trump a également placé Scott Pruitt, un climato-négationniste, à la tête de l’Agence de protection de l’environnement. Ce dernier a notamment nié le fait que le CO2 est le moteur des bouleversements climatiques, malgré les preuves scientifiques établies depuis plusieurs années.













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