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    Le Canada n’est pas prêt, dit la commissaire à l’environnement

    Le pays a raté et ratera sans doute encore ses cibles de réduction de gaz à effet de serre, déplore aussi Julie Gelfand

    La commissaire à l’environnement, Julie Gelfand
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La commissaire à l’environnement, Julie Gelfand

    Ottawa — La commissaire à l’environnement affirme que le gouvernement fédéral est loin d’être prêt à faire face à des tempêtes majeures ainsi qu’à l’augmentation prévue du nombre d’inondations et d’incendies que risquent d’entraîner les changements climatiques.

     

    Dans ses rapports annuels de l’automne, Julie Gelfand se demande si Ottawa sera en mesure de protéger des actifs fédéraux évalués à plus de 66 milliards, tels des ponts, des routes et des aéroports, et s’il pourrait continuer à offrir des services en période de crise. La réponse, selon la commissaire, est non.

     

    « Le gouvernement a raté son coup », a dit Mme Gelfand dans une vidéo publiée avec les rapports mardi. Seulement 5 organisations gouvernementales, sur les 19 étudiées, ont pleinement évalué les risques liés aux changements climatiques et pris des mesures pour y remédier.

     

    Ressources naturelles Canada, par exemple, a indiqué les impacts que des inondations et des incendies importants pourraient causer aux forêts et aux mines. Transport Canada a pour sa part relevé que l’augmentation des niveaux de la mer et les ondes de tempête pourraient avoir des impacts sur les ports. Ces organisations gouvernementales ont mis en place certaines mesures pour atténuer les risques nommés.

     

    Par contre, bien que les 14 autres organisations aient toutes indiqué qu’il serait utile de déterminer de tels risques, elles n’ont rien fait pour que cela se réalise. En conséquence, le gouvernement fédéral est loin d’avoir une vue globale des menaces que représentent les changements climatiques pour ses actifs et les services qu’il offre.

     

    Julie Gelfand critique aussi le gouvernement pour s’être commis à quatre reprises sur la scène internationale afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre depuis 1991 sans jamais s’approcher des cibles fixées. En fait, les émissions canadiennes ont augmenté de 15 % durant cette période.

     

    Le Canada s’était fixé une première cible en 1992 au sommet de la Terre de Rio. Il visait une réduction annuelle des émissions de 613 millions de tonnes avant l’an 2000. L’objectif a été raté par 131 millions de tonnes.

     

    Le protocole de Kyoto de 2005 fixait les émissions annuelles à 576 millions de tonnes pour 2012, mais les résultats obtenus ont été insuffisants de 142 millions de tonnes.

     

    En 2012, le Canada avait signé l’accord de Copenhague, acceptant de se limiter à 620 millions de tonnes en 2020. Trois ans plus tard, le gouvernement canadien abandonnait cette cible, et il entend maintenant respecter l’Accord de Paris en limitant ses émissions de gaz à effet de serre à 523 millions de tonnes d’ici 2030.

     

    Bien loin de l’objectif

     

    Selon les plus récentes données disponibles, en 2015 le Canada était en deçà de cet objectif de près de 200 millions de tonnes. La commissaire à l’environnement et au développement durable note qu’en tenant compte des hausses d’émissions prévues dans certains secteurs d’activité, le retard à rattraper se situe davantage autour de 230 millions de tonnes.

     

    Mme Gelfand ajoute que seulement deux réglementations ont été mises en place afin d’assurer le respect des cibles fixées. Elle note aussi l’échec de l’encadrement des industries polluantes telles les pétrolières et gazières.

     

    Sur une note positive, la commissaire rapporte que trois fonds qui appuient le développement de projets de démonstration de technologies énergétiques propres fonctionnent généralement bien. Julie Gelfand précise que l’argent a été bien dépensé, mais que le Canada doit mieux être en mesure de démontrer les impacts positifs des fonds, notamment en indiquant quel investissement a généré quelle réduction spécifique des émissions.













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