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    Cap-Nature: la consultation était «biaisée», accusent les promoteurs

    Selon l’OCPM, le projet immobilier souffre d’un «problème majeur d’acceptabilité sociale»

    Le lieu du projet est l’un des derniers grands espaces verts de l’île de Montréal.
    Photo: Ville de Montréal Le lieu du projet est l’un des derniers grands espaces verts de l’île de Montréal.

    Les promoteurs du projet immobilier de Pierrefonds-Ouest rejettent les conclusions de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui dans son rapport publié vendredi invoque un « problème majeur d’acceptabilité sociale ». L’Office a été « pris en otage par des opposants professionnels » et sa consultation est « biaisée », accusent les promoteurs.

     

    À la suite des consultations menées au printemps dernier, l’OCPM conclut que le projet immobilier comporte encore trop d’inconnues. Le manque de transparence et les lacunes en matière de gouvernance ont polarisé les opinions et suscité la suspicion chez les citoyens, écrivent les commissaires dans un rapport très critique.

     

    « Le projet soulève un problème majeur d’acceptabilité sociale », indique l’OCPM, qui signale que les promoteurs et propriétaires fonciers auraient été associés à la planification du projet depuis une dizaine d’années. Ainsi, écrivent-ils, il peut paraître paradoxal qu’une « consultation en amont » ait été menée alors qu’un Programme particulier d’urbanisme (PPU) semble déjà être en élaboration depuis des années.

     

    L’OCPM recommande donc aux autorités de terminer les études sur plusieurs aspects du dossier relativement au plan de protection de la biodiversité, aux bénéfices collectifs, aux transports et à la mobilité ainsi qu’au respect des engagements internationaux en matière d’environnement.

     

    Il presse aussi la Ville de poursuivre la planification du secteur en incluant, cette fois, toutes les parties prenantes, dont les citoyens et groupes environnementaux. L’Office suggère à la Ville de proposer plusieurs scénarios, « allant de la protection intégrale du territoire à un ratio différent de protection et de développement immobilier ».

     

    Prise d’otage

     

    Les promoteurs du projet Cap-Nature déplorent que peu de citoyens de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro aient participé à la consultation. « La voix des citoyens de Pierrefonds-Roxboro n’a pas été entendue et l’OCPM ne peut conclure, sur cette base, à un problème d’acceptabilité sociale », a commenté le porte-parole des promoteurs, Adam Daifallah, dans un communiqué. « Il n’y a qu’un pas à franchir pour conclure que cette consultation est biaisée et que l’OCPM a été pris en otage par un grand nombre d’opposants professionnels, agissant soit par le biais d’organisations, soit par leurs membres à titre individuel. »

     

    Une majorité des citoyens de l’arrondissement appuient le projet, affirment les promoteurs.

     

    Rappelons que le projet Cap-Nature prévoit la construction de 5500 logements de 185 hectares, la protection de 180 hectares de milieux naturels et l’agrandissement du parc-nature de l’Anse-à-l’Orme. Il alimente une vive controverse depuis plus d’un an. Selon une étude publiée par la Fondation David Suzuki, le site abriterait 17 espèces de reptiles et d’amphibiens ainsi que 219 espèces d’oiseaux.

     

    Campagne électorale

     

    « Si l’OCPM avait dit qu’on n’a pas le droit de construire, ça aurait changé le paradigme. Mais ils n’ont pas dit ça. Ils ont demandé plus de réponses et de planification. On va l’analyser », a expliqué le maire Denis Coderre. « Les propriétaires ont des droits. Il y a des choses qu’on peut faire autrement. […] Il faut retenir les familles. Pour ça, il faut s’assurer qu’elles ont un endroit pour se loger. »

     

    Favorable à la protection intégrale du site, la candidate à la mairie de Pierrefonds-Roxboro et chef du Vrai Changement pour Montréal, Justine McIntyre, demande qu’un moratoire soit décrété jusqu’à ce que les questions laissées en suspens trouvent réponses. Selon elle, ce dossier risque de devenir un enjeu important dans l’arrondissement dans le cadre de la campagne électorale en cours.

     

    De son côté, le Conseil régional de l’environnement (CRE) a accueilli favorablement le rapport de l’OCPM et presse maintenant la Ville d’appliquer les recommandations de l’OCPM.
     













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