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    Des ouragans à l’intensité dopée par les changements climatiques

    6 septembre 2017 | Céline Serrat - Agence France-Presse à Paris | Actualités sur l'environnement
    L'ouragan «Harvey» a fait des dégâts importants au Texas à la fin du mois dernier.
    Photo: Thomas B. Shea Agence France-Presse L'ouragan «Harvey» a fait des dégâts importants au Texas à la fin du mois dernier.

    Les ouragans comme Irma, qui a touché mercredi les Caraïbes, se nourrissent de l’énergie dégagée par les océans : du coup, les scientifiques prévoient que l’intensité de ces événements, également appelés cyclones ou typhons, se renforce, mais pas leur fréquence à l’échelle du globe.

     

    Le terme cyclone (ou cyclone tropical) est réservé à l’océan Indien et au Pacifique Sud. On parle d’ouragan en Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord-Est, et de typhon dans le Pacifique Nord-Ouest.

     

    Incertitudes
     

    Faute de données satellitaires à l’échelle planétaire avant 1970, il n’est pas possible de dire comment l’activité cyclonique a évolué au XXe siècle. Avant la mise en place d’une surveillance satellitaire complète, des ouragans même très intenses ont pu passer inaperçus s’ils n’ont pas touché les terres par exemple. Leur nombre réduit participe aussi à la faiblesse des données statistiques et rend leur exploitation plus difficile.

     

    Dans l’Atlantique Nord, depuis une vingtaine d’années, une augmentation de la fréquence des ouragans a été constatée, mais c’était l’inverse entre 1970 et 1995, selon Franck Roux, de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse.

     

    En fait, les chercheurs se sont aperçus que l’activité cyclonique dans cette région suit des cycles de plusieurs dizaines d’années et estiment qu’il n’est pas encore possible de dire si la hausse dans cette région relève d’une variabilité naturelle ou du changement climatique.

     

    Dans le Pacifique Nord-Ouest, il y a eu une légère diminution de l’activité cyclonique entre 1980 et 2010.

     

    Moins fréquents, mais plus intenses?
     

    Les modèles informatiques simulant le climat font état d’un renforcement de l’intensité des cyclones (vents et pluies) et d’une possible baisse de leur fréquence au niveau du globe à l’avenir.

     

    « Des cyclones d’une intensité plus grande sont l’une des conséquences attendues du changement climatique », explique Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, groupe de référence au niveau mondial sur le climat.

     

    « Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre », explique la climatologue. « On considère qu’il y a 7 % d’humidité en plus dans l’atmosphère par degré de réchauffement », précise-t-elle.

     

    « Le changement climatique ne crée pas ces tempêtes, mais il accentue leurs impacts », résume Anders Levermann du Potsdam Institute for Climate Impact Research.

     

    Le double effet du niveau des mers
     

    L’augmentation du niveau des océans est l’un des marqueurs du réchauffement de la planète. La hausse, variable selon les régions du globe, a été en moyenne de 20 cm au XXe siècle et pourrait atteindre jusqu’à près d’un mètre à l’horizon 2100.

     

    Or, les cyclones produisent aussi une houle qui génère des « marées de tempête ». Les deux effets conjugués contribueront à exposer davantage constructions et populations côtières.

     

    Déplacement des cyclones
     

    Des travaux montrent, selon Météo France, que « la latitude à laquelle les cyclones ont atteint leur intensité maximale a migré vers les pôles au cours des 35 dernières années dans les deux hémisphères ».

     

    Cela pourrait être lié à l’expansion de la ceinture tropicale, c’est-à-dire des zones de part et d’autre de l’Équateur où règne un climat chaud et humide.

     

    « Des endroits qui sont plus habitués et mieux préparés aux cyclones pourraient être moins exposés et d’autres, moins bien préparés, pourraient l’être davantage », renchérit James Kossin de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).













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