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    Compromis sur le climat aux effets incertains au G20

    9 juillet 2017 | Fabien Zamora - Agence France-Presse à Hambourg | Actualités sur l'environnement
    Un sommet climat a été convoqué en décembre en France sur l’aspect financier notamment de la lutte contre le réchauffement.
    Photo: Stefi Loos Agence France-Presse Un sommet climat a été convoqué en décembre en France sur l’aspect financier notamment de la lutte contre le réchauffement.

    Le G20 est parvenu à éviter la rupture totale avec les États-Unis de Donald Trump sur le climat, maintenant une porte ouverte pour un retour hypothétique dans l’Accord de Paris, mais au prix de concessions risquées.

     

    Après la décision le 1er juin du président américain de se retirer de l’accord international de lutte contre le réchauffement climatique, le sommet du G20, réunissant les pays responsables de la plus grande partie des émissions polluantes de la planète, était particulièrement attendu.

     

    Au final, le texte validé isole sur le papier les États-Unis en jugeant l’accord « irréversible ».

     

    Le principal risque pour les défenseurs de l’Accord de Paris était en effet de voir d’autres pays se solidariser avec la démarche de Donald Trump.

     

    Mais le front uni n’a tenu que quelques heures : le président turc a menacé à la sortie du G20 de ne pas ratifier l’Accord de Paris s’il n’obtenait pas des avantages financiers.

     

    « Après la décision prise par les États-Unis, notre position va dans la direction d’une non-ratification par le parlement », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

     

    « Irréversible »

     

    Fait exceptionnel, les 19 autres pays ont concédé à Donald Trump un passage de la déclaration spécifiquement pour les États-Unis.

     

    Dans ce passage américain, les États-Unis disent s’engager en faveur d’une baisse des émissions, compatible néanmoins avec la croissance économique.

     

    Ce point « est le plus intéressant », estime Andrew Light, du World Ressource Institute.

     

    « Il y a un contraste marqué avec le message que le président Trump a fourni dans les jardins de la Maison-Blanche quand il s’est retiré des Accords de Paris, affirmant que le respecter serait néfaste à l’économie », relève-t-il.

     

    Pour Céline Bak, du Centre canadien pour l’innovation sur la gouvernance internationale (CIGI), « c’est clairement une victoire pour le G20 qui a su émettre un communiqué qui permettrait au président Trump de réintégrer l’accord de Paris ».

     

    Car tous n’ont pas perdu espoir de ramener les États-Unis dans le giron mondial contre le réchauffement climatique.

     

    « Je ne désespère jamais de convaincre », a déclaré samedi le président français Emmanuel Macron. Et Theresa May juge un tel retour de M. Trump « possible ».

     

    « C’est bien d’être optimiste, mais à un moment ça devient de la naïveté. Oui les États-Unis peuvent revenir dans les accords de Paris, mais là, concrètement, les États-Unis se désengagent », estime Jean-François Julliard, de Greenpeace France.

     

    Du reste, la chancelière allemande Angela Merkel a dit elle, a contrario, ne « pas partager l’optimisme » de ceux qui croient à un retour des États-Unis.

     

    Énergies fossiles

     

    D’autant que le passage américain du communiqué porte en germe un danger pour l’unité mondiale sur la lutte contre le réchauffement climatique.

     

    Les États-Unis y affirment leur volonté de promouvoir les énergies fossiles, à contre-courant de la tendance mondiale et avec le risque d’un affaiblissement supplémentaire de l’Accord de Paris.

     

    « La force de l’accord de Paris était qu’il était universel. Aujourd’hui on a un pays, et pas n’importe lequel, qui va se lancer dans un processus de négociation parallèle avec des pays qui veulent se lancer dans les énergies fossiles », se désole M. Julliard.

     

    Pour Alden Meyer, de l’organisation scientifique américaine USC, cette concession va « ralentir la bascule des énergies fossiles polluantes vers une économie bâtie sur une énergie propre, renouvelable ».

     

    Pour Andrew Light, néanmoins, « c’est une victoire vide de sens, car elle ne fait que confirmer ce que chacun savait déjà qu’ils allaient faire ».

     

    Fondamentalement, ce que les Américains ont en tête, c’est de faire la promotion de leurs énormes ressources de gaz et pétrole de schiste à l’étranger, notamment aux pays d’Europe de l’Est dépendant du gaz russe.

     

    « Le discours et la visite de M. Trump en Pologne [jeudi] en sont témoins », relève Mme Bak.

     

    Face aux incertitudes et aux turbulences provoquées par les États-Unis, les autres pays du G20 entendent eux continuer d’avancer, à l’exception notable de la Turquie qui entend faire pression pour obtenir ce qu’elle souhaite.

     

    Un sommet climat a été convoqué en décembre en France sur l’aspect financier notamment de la lutte contre le réchauffement.













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