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    La protection des milieux humides fait débat à Québec

    Régis Labeaume réclame les pleins pouvoirs, ce qui inquiète certains groupes

    Au fil des ans et des développements, de nombreux milieux humides ont été perturbés quand ils n’ont pas carrément disparu.
    Photo: Archives Le Devoir Au fil des ans et des développements, de nombreux milieux humides ont été perturbés quand ils n’ont pas carrément disparu.

    Alors que Régis Labeaume presse le gouvernement de laisser les villes gérer seules les milieux humides, des organismes plaident que les villes ont déjà trop de pouvoirs en la matière et ont échoué à protéger les milieux humides dans le passé.

     

    « Commettre des erreurs, c’est une chose, mais il faut apprendre d’elles pour ne plus les répéter », a soutenu jeudi Nature Québec dans un communiqué. L’organisme juge les villes en partie responsables du fait que 567 km2 de milieux humides aient été perturbés depuis 22 ans.

     

    Les villes, plaide-t-il, ont davantage intérêt à construire pour récolter des impôts fonciers qu’à protéger les milieux humides.

     

    Nature Québec n’est pas seul à trouver que l’on confie trop de responsabilités au monde municipal. L’Union des producteurs agricoles (UPA) se dit « préoccupée » par la « responsabilité remise au monde municipal en matière de délimitation et de catégorisation des milieux humides et hydriques ».

     

    La Fédération des producteurs forestiers déplore quant à elle que le contrôle sur le terrain sera exercé par un inspecteur municipal qui ne dispose pas d’expertise en la matière.

     

    À l’autre bout du spectre, Régis Labeaume est venu demander au ministre de laisser sa ville gérer seule le dossier. « On a toutes les ressources et les connaissances pour faire aussi bien que le ministère », a plaidé le maire.

     

    Le gouvernement gère comme si les maires étaient tous « des [Gilles] Vaillancourt », a-t-il dit en référence à l’ex-maire de Laval.

     

    Questionné par le Parti québécois sur l’intérêt supérieur des villes à récolter des taxes foncières, M. Labeaume a rétorqué qu’un maire se ferait « lyncher » sur la place publique s’il osait détruire un milieu humide.

     

    Le sort des milieux humides, faut-il le rappeler, est devenu particulièrement délicat dans la foulée des inondations au Québec, puisque leur présence permet de réduire les risques d’événements de ce genre.

     

    Enthousiasme à degrés variables

     

    À l’heure actuelle, les promoteurs qui souhaitent intervenir dans un milieu humide doivent à la fois obtenir un permis de la municipalité et un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement. C’est ce partage que déplore M. Labeaume.

     

    Le projet de loi 132 sur les milieux humides donne néanmoins déjà des pouvoirs accrus aux communautés métropolitaines et aux MRC. S’il est adopté, elles seraient chargées de faire l’inventaire des milieux humides et d’élaborer un plan d’action pour les protéger.

     

    Or si le milieu rural et les MRC sont assez à l’aise avec cette approche, les grandes villes se sont montrées plus sceptiques. Outre Québec, Laval est venue dire que le projet de loi n’était pas assez clair. L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a fait valoir que le gouvernement empiétait sur les compétences des villes et l’a référé au rapport Perreault sur la décentralisation, dont le titre est Faire confiance.

     

    Son représentant, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a souligné que les règles du jeu n’étaient pas claires pour les zones agricoles situées dans le périmètre urbain (l’équivalent de 70 % du territoire de Lévis, par exemple).

     

    Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les villes — et l’étalement urbain — ne sont responsables que de 9 % des perturbations dans les milieux humides. Les activités agricoles (44 %) et sylvicoles (26 %) ont un rôle à jouer de loin supérieur.

     

    Or, fait-on valoir, les effets des interventions agricoles et sylvicoles sont réversibles, ce qui n’est pas le cas des constructions d’autoroutes et des développements immobiliers.













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