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    Environnement

    Combien valent les milieux humides?

    Des scientifiques estiment leur valeur jusqu’à 20 000$ par hectare par année

    Dans la grande région de Montréal, quelque 85 % des milieux humides auraient déjà disparu.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Dans la grande région de Montréal, quelque 85 % des milieux humides auraient déjà disparu.

    Après des décennies de destruction des milieux humides au profit du développement du territoire, il est plus que jamais nécessaire de préserver ceux qui sont toujours intacts. Ces milieux naturels rendent d’ailleurs des services environnementaux d’une grande valeur économique à la société québécoise, selon le consortium de recherche Ouranos.

     

    « De tous les milieux naturels, les milieux humides sont ceux qui valent le plus. C’est le type de milieu prioritaire. C’est celui qui rend le plus de services écologiques », a souligné mardi le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque, dans le cadre de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 132, sur la conservation des milieux humides et hydriques.

     

    Le document présenté par M. Bourque, en présence du ministre de l’Environnement David Heurtel, indique en effet que « les premières évaluations économiques des milieux humides réalisées au Québec montrent que leur valeur financière est très grande quand on tient compte de tous les services écologiques qu’ils fournissent ».

     

    Selon les données citées par le directeur général d’Ouranos, « les milieux humides permettent de générer une valeur ajoutée de 10 000 à 20 000 $ par hectare par année ». Et encore, ces montants ne représentent que la valeur de trois « services écologiques » rendus par ces milieux naturels, « soit la régulation des débits (atténuation des crues et des étiages), l’habitat de qualité (biodiversité) et la filtration des sédiments (qualité de l’eau) ».

     

    Climat bouleversé

     

    Alain Bourque a d’ailleurs souligné le « risque » que représente le fait de remblayer ces milieux, qui jouent un rôle important lors de phénomènes destructeurs, comme les inondations que connaît le Québec depuis plusieurs semaines.

     

    « Compte tenu de la dégradation des dernières décennies, c’est majeur et déterminant de maintenir ces systèmes-là », a-t-il insisté. « La compensation devrait être la solution de dernier recours. Les milieux naturels qui se sont développés au cours des décennies valent beaucoup plus cher que ce qu’on peut réussir à compenser », a-t-il ajouté.

     

    Spécialisé dans la recherche sur les changements climatiques, le consortium Ouranos estime en outre que la protection des milieux humides permet de réduire notre « vulnérabilité » aux impacts inévitables des bouleversements du climat. À titre d’exemple, « la présence de milieux humides améliore significativement la qualité des eaux de surface et souterraines du bassin versant », peut-on lire dans le document présenté mardi.

     

    Les milieux humides occupent environ 10 % du territoire québécois. Dans les régions du sud de la province, le développement urbain a toutefois mené à la destruction de 50 % à 80 % de ces milieux naturels, selon les régions. Dans la grande région de Montréal, quelque 85 % des milieux humides auraient déjà disparu.













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