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    Trump compte éliminer le programme de restauration des Grands Lacs

    La première proposition budgétaire du nouveau président prévoit l’élimination du financement de l’Initiative de restauration des Grands Lacs.
    Photo: Carlos Osorio Associated Press La première proposition budgétaire du nouveau président prévoit l’élimination du financement de l’Initiative de restauration des Grands Lacs.
    Pour lire le document budgétaire présenté par le président Donald Trump

    Le président américain, Donald Trump, compte éliminer complètement le programme de restauration des Grands Lacs, selon ce qui est inscrit dans la proposition de budget déposée jeudi. Un document qui met par ailleurs la hache dans la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques.

     

    La première proposition budgétaire du nouveau président, qui mise sur une hausse des dépenses militaires, prévoit ainsi l’élimination du financement de l’Initiative de restauration des Grands Lacs. Le gouvernement républicain justifie sa décision en renvoyant la responsabilité de tels programmes « aux États et aux entités locales ».

     

    Ce programme, mis sur pied en 2010, devait bénéficier d’un financement de 300 millions de dollars par année, et ce, au cours des cinq prochaines années. Cela équivaut à une enveloppe totale de 1,5 milliard de dollars. À titre de comparaison, le président Trump souhaite augmenter les dépenses publiques annuelles pour la défense de 54 milliards, en plus d’allouer dès cette année un montant de 2,6 milliards au projet de construction d’un mur avec le Mexique.

     

    Dépollution menacée

     

    Cette initiative environnementale, financée à même les fonds de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), est destinée à améliorer la santé des cinq Grands Lacs, un écosystème qui draine à lui seul 18 % des réserves mondiales d’eau douce.

     

    Les fonds de l’initiative sont utilisés pour la lutte contre les espèces envahissantes, dont la carpe asiatique, l’assainissement de secteurs particulièrement pollués, la réduction de l’écoulement des éléments nutritifs responsables des efflorescences d’algues toxiques et de la contamination de l’eau potable, mais aussi la restauration et la protection des habitats et des milieux humides.

     

    La fin du financement signifierait en effet l’abandon de plusieurs mesures mises en place pour lutter contre la propagation de plus en plus problématique de la carpe asiatique, une espèce qui a fait des ravages dans les cours d’eau américains. D’autres programmes destinés à la lutte contre les cyanobactéries (toxiques pour les sources d’eau potable) ou à la réduction des rejets polluants des villes riveraines passeraient carrément à la trappe.

     

    Heurtel inquiet

     

    Président de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui regroupe 127 municipalités, Denis Coderre a qualifié d’« épouvantable » la décision de supprimer le programme de restauration. Il a toutefois dit que des rencontres sont prévues avec des élus américains afin de tenter de modifier la proposition d’ici l’adoption du budget. « Ce sera un combat de tous les instants », a laissé tomber le maire de Montréal.

    Le ministre de l’Environnement du Québec, David Heurtel, a réagi jeudi en soulignant l’inquiétude que soulève l’abolition du financement américain consacré à la restauration des Grands Lacs. « C’est une mesure inquiétante. Il y a lieu d’être très préoccupé », a-t-il dit.

     

    « Les actions qui sont posées sur les Grands Lacs ont une influence directe sur le fleuve Saint-Laurent, donc nous sommes concernés », a ajouté le ministre. Selon lui, il est « très important » de maintenir le financement actuel, mais aussi « la collaboration » avec les États américains en faveur de la protection de l’eau.

     

    M. Heurtel a toutefois rappelé que le dépôt de la proposition budgétaire n’est que le début du processus qui mène à son adoption. Avant celle-ci, une longue bataille avec le Congrès s’annonce, puisque c’est lui, et non la Maison-Blanche, qui tient les cordons de la bourse. Or si les deux chambres sont contrôlées par les républicains, la majorité et le président ne sont pas, tant s’en faut, à l’unisson. Plusieurs poids lourds républicains ont d’ores et déjà pris leurs distances avec certaines idées avancées.

    Le cabinet de la ministre de l’Environnement du Canada, Catherine McKenna, n’a pas répondu aux courriels et aux appels du Devoir. Mercredi, la ministre a toutefois prononcé un discours à Washington, discours au cours duquel elle a souligné l’importance de la restauration des Grands Lacs, en collaboration avec les États-Unis.

     

    L’environnement écope

     

    En plus de mettre fin à ce programme, la proposition budgétaire du président Trump compte plus largement mettre la hache dans le budget de l’EPA, qui subirait une baisse de 31 % de son budget, soit une réduction de 2,6 milliards. Pas moins de 3200 postes seraient du même coup supprimés, soit environ 20 % du total.

     

    Les États-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, pourraient en outre supprimer leur financement des programmes de l’ONU liés à la lutte contre les changements climatiques. Donald Trump souhaite en particulier mettre fin à la participation américaine au Fonds vert de l’ONU pour le climat.

     

    Une mesure qui s’inscrit dans le cadre de son plan énergétique « L’Amérique d’abord », précise le document budgétaire. Celui-ci mise sur le développement pétrolier et gazier en sol américain, mais aussi sur la relance de l’industrie du charbon.

     

    Avec l’Agence France-Presse













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