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    GES: le Québec peut-il rattraper son retard?

    Les environnementalistes ne partagent pas l’optimisme du ministre Heurtel

    11 mars 2017 | Alexandre Shields - Avec Karl Rettino-Parazelli | Actualités sur l'environnement
    Le secteur des transports demeure le principal émetteur de GES, étant responsable de 41 % des émissions totales du Québec en 2014.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le secteur des transports demeure le principal émetteur de GES, étant responsable de 41 % des émissions totales du Québec en 2014.

    Le Québec continue d’accuser un sérieux retard dans l’atteinte de ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, selon ce qui se dégage de l’inventaire québécois publié vendredi. Le ministre David Heurtel demeure néanmoins confiant, tandis que les groupes environnementaux prédisent déjà l’échec du plan climatique de la province.

     

    Les plus récentes données annuelles disponibles, soit celles de 2014, indiquent que les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec ont atteint 82,1 millions de tonnes cette année-là. Cela représente une diminution d’à peine 8 % par rapport au niveau de 1990, alors que l’objectif de réduction pour 2020 est de 20 %.

     

    Le bilan publié par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) démontre même que les émissions ont connu en 2014 une légère hausse par rapport à 2013. Cette année-là, les émissions atteignaient 81,2 millions de tonnes, en baisse de 8,6 % par rapport à 1990. Elles ont donc augmenté de 900 000 tonnes entre 2013 et 2014.

     

     

    Transport polluant

     

    Selon ce que précise par ailleurs le MDDELCC dans le communiqué publié vendredi, « la baisse enregistrée depuis 1990 au Québec est principalement attribuable à la diminution des émissions dans les secteurs de l’industrie, du chauffage des bâtiments et des déchets ».

     

    A contrario, les émissions dans le secteur de l’agriculture ont augmenté de 3 % durant la même période, tandis qu’elles ont bondi de plus de 20 % dans le secteur des transports.Sans surprise, ce dernier demeure le principal émetteur de GES, puisqu’il était responsable de 41 % des émissions totales du Québec en 2014. Le transport routier représentait à lui seul 82 % des émissions du secteur.

     

    Les émissions de GES de l’industrie arrivaient au deuxième rang, avec 31,4 % du total provincial. Le reste des émissions se répartit entre les secteurs du chauffage des bâtiments (10,4 %), de l’agriculture (9,4 %), des déchets (7,5 %) et de la production d’électricité (0,3 %).

     

    Échec en vue

     

    Ces nouvelles données permettent de constater que le Québec est toujours très loin de son objectif de réduction de ses émissions de 20 % par rapport à 1990 d’ici 2020. Le gouvernement Couillard a également établi une cible de réduction de 37,5 % d’ici 2030, toujours par rapport à 1990. Le communiqué publié vendredi ne fait pas mention de cet objectif, pourtant inscrit dans la politique énergétique du Québec à l’horizon 2030.

     

    Malgré l’ampleur de la tâche qui attend le Québec pour atteindre les objectifs fixés pour les prochaines années, le ministre de l’Environnement David Heurtel se dit persuadé d’y parvenir.

     

    « Le Québec est en route vers la cible qu’il s’est fixée pour 2020 », a assuré son attachée de presse, Émilie Simard, dans une réponse écrite. « Le Québec continue d’agir en matière de lutte contre les changements climatiques et est pleinement dédié à réduire ses émissions de GES. Le marché du carbone est le fer de lance de notre action en matière de lutte contre les changements climatiques », a-t-elle ajouté.

     

    Pour Karel Mayrand, directeur de la Fondation David Suzuki pour le Québec, les nouvelles données du MDDELCC sont au contraire très décevantes. « La tendance des trois dernières années est très inquiétante. Alors que le rythme des réductions devrait s’accélérer, le Québec fait du surplace et risque de rater ses cibles en interne pour 2020 et 2030 », a-t-il commenté.

     

    Même son de cloche du côté de Greenpeace. « Il n’y a eu aucun changement majeur au Québec au cours des dernières années, notamment dans le secteur des transports », a souligné son porte-parole, Patrick Bonin. Qui plus est, des projets industriels comme la cimenterie de Port-Daniel et les projets pétroliers en Gaspésie risquent selon lui d’alourdir le bilan de GES. « À moins d’un changement radical, nous allons échouer lamentablement pour 2020, et il est encore plus improbable d’atteindre la cible de 2030. »

     

    À l’échelle canadienne, le Québec fait néanmoins bonne figure, puisque les émissions par habitant sont les plus faibles de toutes les provinces. La principale province émettrice demeure l’Alberta, avec plus du tiers de toutes les émissions de GES au pays. Celles-ci dépassent les émissions combinées du Québec et de l’Ontario.













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