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    Vos finances

    Cette correction boursière qui ne vient toujours pas

    Longtemps évoqué, jamais venu (air connu)… Le recul des marchés boursiers ne surviendrait qu’en 2018. Et ce ne serait qu’une correction dans ce long marché haussier appelé à persister. Les prévisionnistes font confiance au gradualisme de la Réserve fédérale (Fed) dans le resserrement des conditions monétaires et la normalisation de son bilan.

     

    L’échantillon est petit. Il comprend une trentaine de grands spécialistes de l’investissement répartis sur quatre continents. Dans ce sondage mené par l’agence financière Bloomberg, la réponse médiane ancre l’amorce de la prochaine récession aux États-Unis au premier semestre de 2019. La correction de cette longue phase haussière à Wall Street, la deuxième de son histoire par sa durée, viendra plus rapidement. Au quatrième trimestre de 2018, selon la médiane des répondants, deux d’entre eux situant plutôt le début de cette contraction des cours de 20 % au plus tôt durant le quatrième trimestre de 2017, a-t-on pu lire dans The Globe and Mail cette semaine.

     

    On y fait une corrélation entre le resserrement des conditions monétaires de la Fed, son impact sur le marché du crédit et les arbitrages actions-obligations amplifiés par cette phase haussière d’après-crise nourrie par ces liquidités en surabondance. Si la Fed a déjà emprunté la voie d’une remontée de ces taux cibles, elle a indiqué cette semaine que la prochaine étape, la normalisation de son bilan, sera lancée « assez vite ». Le dégonflement de son bilan devrait donc être bien engagé au premier semestre de 2018, avec les banques centrales d’Europe et du Japon y faisant écho.

     

    Le risque de voir la Réserve fédérale agir de manière excessive arrive au sommet des inquiétudes parmi ce petit groupe de gestionnaires de portefeuille. Selon leur réponse médiane, la prochaine correction du marché du crédit devrait débuter au troisième trimestre de 2018, devançant de trois mois celle du marché boursier et de neuf mois la prochaine récession américaine. L’accroissement des liquidités dans les portefeuilles et l’achat des titres boursiers sur faiblesse vont devenir la voie à suivre pour plusieurs d’entre eux.

     

    Surévaluation de 28 %

     

    Ce scénario de correction s’en trouve alimenté par la cherté des cours tels que mesurés par l’indice américain S&P 500. En multipliant par 26 le bénéfice des 12 derniers mois, ce ratio n’est battu que par ceux mesurés à la fin des années 1990, avant l’effondrement des valeurs technologiques. Sur une base prévisionnelle, le ratio cours-bénéfice du S&P 500 est calculé à 21, soit 28 % au-dessus de sa moyenne historique des 50 dernières années de 16,4.

     

    Et les analystes ne sont pas sans rappeler la relation inverse entre le multiple du marché et le taux des bons du Trésor américains sur dix ans. Sur 50 ans, le multiple moyen de 16,4 fois se compare à un taux moyen de 6,2 %. Aujourd’hui, c’est 21 contre 2,4 %, retrouve-t-on sur Equities.com. D’où l’inquiétude soutenant l’actuel découplage chez les investisseurs, les institutionnels se méfiant de la complaisance des marchés alors que les petits investisseurs s’en remettent massivement aux actions.

     

    Il a déjà été dit que l’histoire est riche en corrélations voyant l’entrée massive des investisseurs individuels sur le marché des actions agir tel un précurseur à une correction boursière. Goldman Sachs a également mesuré une réduction notable des primes sur les stratégies défensives et rappelé que le VIX, l’indice de volatilité du S&P 500, est tombé sous les 11 points. Une telle complaisance est souvent associée à l’atteinte d’un sommet pour le S&P 500.













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