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    Vos finances

    Les commissions intégrées restent dans la mire

    Les autorités réglementaires mènent des consultations publiques sur les commissions intégrées dans l’industrie des fonds d’investissement. Au terme de la période du dépôt des mémoires, terminée vendredi, tout indique que les partisans du statu quo n’ont pu infléchir le biais réglementaire favorisant une transition ordonnée vers les honoraires et autres mécanismes de rémunération directe.

     

    L’enjeu est majeur pour l’industrie financière et ses conseillers. Selon les données publiées par le média spécialisé Finance et investissement à partir d’un sondage mené auprès des cabinets multidisciplinaires, la part des commissions de suivi dans les revenus bruts des représentants dépasse les 50 %. Celle accaparée par les commissions à la vente, comme les frais d’acquisition reportés, est en chute rapide, à 37 %, alors que la pratique à honoraires compte pour 5 % des revenus. Mais les comptes à honoraires explosent et abritent toujours plus d’actif sous gestion. Ainsi, déjà, on se prépare dans l’industrie à une inversion des pôles tant on croit que le choix des autorités réglementaires est arrêté.

     

    Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières avaient déjà affiché leurs couleurs dès le début des consultations. Parlant d’« éléments probants » recueillis, pour elles, « le paiement de commissions intégrées soulève des enjeux de protection des investisseurs et d’efficience du marché, ce qui donne à penser qu’il y a lieu d’envisager une transition vers des mécanismes de rémunération directe dans le cadre laquelle l’investisseur verse directement au courtier sa rémunération ».

     

    Les autorités retenaient notamment que ces commissions de suivi étaient source de conflits d’intérêts potentiel entraînant « un décalage entre les intérêts des gestionnaires de fonds, des courtiers et des représentants et ceux des investisseurs ». Et qu’elles « ne concordent généralement pas avec les services fournis aux investisseurs ».

     

    Pour les partisans de l’interdiction, ces commissions ont pour effet de gonfler les frais de gestion et ne seraient pas étrangères au fait que les frais de gestion de l’industrie des fonds d’investissement au Canada sont parmi les plus élevées. Pour sa part, la firme de recherche Morningstar anticipe un déplacement accéléré vers les fonds négociés en Bourse, là où les frais de gestion se situent à une fraction de ceux exigés par les fonds d’investissement traditionnels. Au demeurant, Morningstar évoque la prolifération des conseillers robots pour défaire l’argumentaire qu’un petit investisseur serait privé de conseils financiers avec l’abolition des commissions intégrées.

     

    Car chez les partisans du maintien de ces commissions intégrées, on joue effectivement la carte du petit investisseur. S’inspirant de l’expérience vécue dans les pays qui comme le Royaume-Uni, l’Australie, les Pays-Bas et l’Afrique du Sud ont aboli ces commissions de suivi, l’on craint que ce petit investisseur voie son accès au conseil financier réduit, voire fermé ou hors prix. L’approche par honoraires favorise les plus gros comptes. Au Royaume-Uni, les firmes ont rehaussé le solde minimal requis dans les comptes, souligne-t-on.

     

    L’Institut des fonds d’investissement au Canada est du nombre. L’IFIC écrit que 79 % des ménages canadiens détenant des placements entrent dans la catégorie des petits investisseurs. L’organisation ajoute que 90 % des porteurs de parts de fonds communs canadiens investissent par l’intermédiaire d’un représentant. Et cite l’étude de Cirano indiquant que, comparativement aux investisseurs solitaires, ceux qui font appel à des représentants en services financiers voient leur épargne fructifier 2,9 fois plus rapidement après sept ans, et 3,9 fois plus lorsqu’ils continuent d’avoir recours aux services d’un représentant pendant 15 ans.

     

    L’IFIC reprend également les données d’Investor Economics voulant que la commission de suivi moyenne soit de 0,78 %, alors que les taux commencent habituellement à 1,5 % dans les réseaux de frais à honoraires.













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