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    Vos finances

    L’interruption d’un long cycle haussier

    La cherté des actions alimente une inquiétude qui s’étend aux conseillers et se généralise. L’effet Trump se dissipant en Bourse, les marchés deviennent plus vulnérables à une correction.

     

    Il en était question au début de mars. Wall Street carburait alors à l’enthousiasme économique du président Trump, soutenue par un retour en force des petits investisseurs devenus moins frileux à la prise de risque. Le ralliement boursier post-élections américaines provoquait un découplage chez les investisseurs, les institutionnels se méfiant de la complaisance des marchés alors que les petits investisseurs n’hésitaient plus à reluquer les « bêta » plus élevés.

     

    Cette méfiance s’est étendue depuis aux conseillers financiers. Et elle se répand. Selon un sondage du spécialiste en fonds négociés en Bourse (FNB) ETFs Management (Canada), 70 % des conseillers au Canada affichent désormais un certain pessimisme face aux perspectives de rendement offertes par les actions, canadiennes et américaines. Du moins pour les trois prochains, ils sont « bearish » face à 13 des 14 catégories d’actif évoquées dans le sondage.

     

    Partant d’un optimisme élevé lors des deux trimestres précédents, une majorité de conseillers se dit désormais pessimistes face au marché des actions canadiennes. Ce sentiment s’appuie sur une surévaluation des cours et sur des prix pétroliers redevenus déprimés. Le même changement dans la zone de confort des conseillers est observé à l’égard des actions américaines, qui ne cessent pourtant de multiplier les records. Ils ne sont plus que 47 %, contre 65 % l’automne dernier, à croire au potentiel de rendement des titres composant les indices S&P 500 et Nasdaq sur un horizon de trois mois. Là encore, la surévaluation est mentionnée. On parle, même, d’actions américaines « très dispendieuses » selon la plupart des instruments de mesure.

     

    Troisième rang

     

    Déjà au 31 décembre dernier, Wall Street occupait le troisième rang des marchés boursiers les plus chers au monde avec un ratio cours/bénéfice de plus de 26, contre 20 fois au Canada. New York était dépassé par le Danemark et l’Irlande, selon les données de BMO Gestion mondiale d’actif. À la fin de mars, l’indice symbolique Dow Jones avait complété le plus long cycle haussier de son histoire, le point de départ de cette phase ascendante étant mars 2009. Et les records ne cessent toujours pas depuis.

     

    Seules les actions des marchés émergent, composant l’indice MSCI des marchés émergents, s’attirent l’optimisme des conseillers. L’on mise sur une réduction du risque de ces économies et sur un retour en forme de l’économie chinoise. Surtout, il existe une conviction profonde que l’économie mondiale s’engage globalement dans un nouveau cycle inflationniste.

     

    Dans son plus récent commentaire Alfred Lee, vice-président, gestionnaire de portefeuille et stratège en placement chez BMO gestion d’actif, rappelle également que l’« effet Trump » s’est dissipé. Le rendement total du S&P 500 a été de 6 % entre la victoire électorale de Donald Trump et son investiture. Les actions ne se nourrissaient alors que d’optimisme.

     

    Actions privilégiées

     

    Le spécialiste en FNB de BMO demeure optimiste quant aux actions à moyen-long termes. Il pense toutefois qu’il faut revoir à la baisse le rythme des futurs gains et qu’un repli à court terme est probable. Le jeu des anticipations accorde désormais plus de poids aux mauvaises qu’aux bonnes nouvelles. « Les actions moins cycliques gagnent déjà du terrain sur l’ensemble du marché », dit-il dans son dernier commentaire. Avec, en toile de fond une réduction des risques dans les portefeuilles associée au vieillissement de la population, « les FNB à faible volatilité continuent d’être au coeur de notre stratégie de portefeuille ».

     

    Dans l’univers boursier le spécialiste soupondère les actions européennes — ces marchés étant soumis à de nombreux rendez-vous géopolitiques cette année les condamnant à la volatilité — pour reconfirmer sa préférence aux actions américaines. Il jette son dévolu sur les actions moins cycliques et propose les actions privilégiées américaines, qui viennent réduire la volaitilité globale du portefeuille et augmenter le revenu. Au Canada, les secteurs défensifs devraient recevoir un peu plus d’attention et la conjoncture reste favorable aux actions privilégiées à taux révisable, disait-il un peu plus tôt cette année.













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