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    Changement d’humeur de Donald Trump à l’égard de l’ALENA

    13 janvier 2018 | Éric Desrosiers - Avec La Presse canadienne | Actualités économiques
    L’échéance de la renégociation avait d’abord été fixée à la fin de 2017, mais a été reportée de trois mois cet automne devant l’ampleur du fossé qui séparait notamment le camp américain et ses vis-à-vis canadien et mexicain.<br />
 
    Photo: Judi Bottoni La Presse canadienne L’échéance de la renégociation avait d’abord été fixée à la fin de 2017, mais a été reportée de trois mois cet automne devant l’ampleur du fossé qui séparait notamment le camp américain et ses vis-à-vis canadien et mexicain.
     

    Donald Trump se montre aujourd’hui mieux disposé à l’égard de la renégociation de l’ALENA qu’on ne l’avait dit plus tôt durant la semaine, allant jusqu’à affirmer que les discussions ont fait « beaucoup de progrès » et à ouvrir la porte à leur éventuelle prolongation.

     

    En entrevue au Wall Street Journal jeudi, le président américain a dépeint les négociations en cours sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sous un meilleur jour qu’on s’y serait attendu, à entendre ce qu’en disent ses propres représentants depuis des mois, mais aussi ce que rapportaient certaines sources officielles canadiennes qui le disaient cette semaine déjà décidé à retirer son pays de l’entente.

     

    « On a fait beaucoup de progrès. Nous avançons bien », a déclaré Donald Trump à propos des discussions entre son pays, le Canada et le Mexique.

     

    Il a bien sûr répété à quel point l’accord actuel est selon lui « désastreux » ainsi que sa menace voulant que « si [les États-Unis n’obtiennent] pas un bon accord, [il mettra] un terme à l’ALENA ». Mais « il n’y a pas d’urgence», a-t-il toutefois précisé. Il se dit même « flexible » quant à l’échéance officielle du 31 mars, disant comprendre la réserve grandissante des négociateurs mexicains à l’approche des élections générales dans leur pays le 1er juillet.

     

    Poli mais ferme

     

    Ces déclarations de Donald Trump ont été bien accueillies par le Canada. « C’est une suggestion sensée du président », a commenté vendredi la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. « Nous avons toujours senti qu’il n’était pas question d’imposer une date butoir artificielle. Et nous avons toujours compris qu’il s’agissait d’une négociation complexe. »

     

    L’échéance avait d’abord été fixée à la fin de 2017, mais a été repoussée de trois mois cet automne devant l’ampleur du fossé qui séparait notamment le camp américain et ses vis-à-vis canadien et mexicain. On disait cependant à l’époque que le flottement causé par les élections au Mexique pourrait s’étendre des mois après leur tenue.

     

    Citant des sources officielles canadiennes anonymes, des médias avaient rapporté cette semaine qu’Ottawa avait de plus en plus la conviction que Washington s’apprêtait à annoncer son retrait de l’ALENA. La nouvelle avait créé un certain émoi sur les places financières nord-américaines, plombant notamment le huard canadien et le peso mexicain.

     

    Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a répété en conférence de presse vendredi que le Canada resterait « poli » et « ferme » dans les négociations, et qu’il se préparait à toutes les éventualités, mais qu’on restait « optimiste ». « Nous savons que le président américain peut être imprévisible. »

     

    Des experts américains ont dit voir, dans les nouvelles bonnes dispositions de Donald Trump, l’effet de la pression grandissante des intérêts politiques et économiques favorables au succès des négociations aux États-Unis.

     

    Pensée créative

     

    Chrystia Freeland avait admis, jeudi, que les enjeux les plus litigieux n’ont pas avancé d’un pouce depuis le début des négociations en août. Elle ajoutait que le camp canadien essaie très fort de faire preuve de « pensée créative » pour trouver une façon acceptable de répondre aux demandes américaines.

     

    Elle a expliqué notamment qu’on proposerait à Montréal une nouvelle façon de calculer le contenu national dans la fabrication automobile. Les Américains réclament que, pour être exemptés de tarifs, les véhicules présentent un contenu nord-américain minimum non plus de 62,5 %, mais de 85 %, et qu’on ajoute à cela qu’au moins 50 % de ce contenu provienne des États-Unis. Le Canada fera valoir que les normes actuelles ne tiennent pas suffisamment compte des nouvelles sources de carburant, des batteries, des matériaux légers, des caméras et des technologies sans fil qui entrent de plus en plus dans la fabrication des véhicules, et omettent notamment la contribution importante de la propriété intellectuelle, un secteur dans lequel les États-Unis sont un leader mondial.













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