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    L’économie mondiale devrait continuer de croître, selon le FMI

    11 octobre 2017 | Delphine Touitou - Agence France-Presse à Washington | Actualités économiques
    «Ces évolutions positives donnent des raisons d’être plus confiants, mais ni les politiques ni les marchés ne doivent s’en contenter», a prévenu le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld.
    Photo: Manan Vatsyayana Agence France-Presse «Ces évolutions positives donnent des raisons d’être plus confiants, mais ni les politiques ni les marchés ne doivent s’en contenter», a prévenu le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld.

    Le FMI s’est montré plus optimiste mardi sur la croissance mondiale en relevant sa prévision, mais a exhorté les pays à mettre le cap sur les réformes pour asseoir durablement la reprise face à la persistance de risques multiples.

     

    Après une hausse de 3,2 % en 2016, le PIB mondial devrait progresser de 3,6 % cette année, et de 3,7 % l’an prochain, soit une légère amélioration de 0,1 point par rapport aux précédentes prévisions de juillet, indique le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport semestriel sur la conjoncture mondiale. « La reprise mondiale se poursuit, et ce, à un rythme plus rapide », a résumé le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld au cours d’une conférence de presse, relevant que « la photographie est très différente de l’an passé quand l’économie mondiale était aux prises avec une croissance chancelante et des turbulences sur les marchés financiers ».

     

    Les pays de la zone euro, la Chine, le Japon, le Canada et les États-Unis ont notamment contribué au regain d’optimisme du FMI. Pour 2017, leurs prévisions sont ainsi relevées respectivement à +2,1 %, +6,8 %, +1,5 %, +3 % et +2,2 %.

     

    L’actuelle accélération de la croissance est d’autant plus remarquable que, pour la première fois depuis le début de la décennie, elle concerne un plus grand nombre de pays, a souligné M. Obstfeld. La reprise est observée dans près des trois quarts des pays.

    Ces évolutions positives donnent des raisons d’être plus confiants, mais ni les politiques ni les marchés ne doivent s’en contenter
    Le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld
     

    Tous ne profitent pas de l’embellie

     

    À court terme, les risques sont plutôt limités : la reprise pourrait même se renforcer encore, soutenue par une confiance des ménages et des entreprises solides dans les pays développés. « Ces évolutions positives donnent des raisons d’être plus confiants, mais ni les politiques ni les marchés ne doivent s’en contenter », a néanmoins prévenu Maurice Obstfeld. La reprise mondiale pourrait en effet ne pas être durable dans la mesure où elle n’est pas totale puisque 25 % des pays ne profitent toujours pas de cette embellie.

     

    En Europe, la prévision du Royaume-Uni est, elle, restée inchangée à +1,7 % après avoir été abaissée de 0,3 point de pourcentage en juillet. Le FMI montre du doigt à la fois le ralentissement de la consommation et l’incertitude à moyen terme liée aux conséquences du Brexit. Sur ce point, le chef économiste a souhaité que les négociations soient constructives, ajoutant que « c’est dans l’intérêt de tout le monde, mais les délais sont très courts ».

     

    Il a par ailleurs souligné que « la situation en Espagne est très préoccupante ». Il a mis en garde contre l’impact négatif potentiel sur d’autres pays en Europe.

     

    Se tournant vers les pays émergents et pays pauvres exportateurs de matières premières — en particulier d’énergies —, l’institution de Washington note qu’ils sont aux prises avec des troubles civils et politiques que ce soit au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et subsaharienne ou en Amérique Latine. Et d’autres risques sont à l’horizon. Le FMI s’inquiète en particulier de la possibilité que les autorités chinoises ne parviennent pas à maîtriser l’expansion du crédit. L’envolée de l’endettement public et privé a certes conforté la croissance chinoise, mais elle a diminué la stabilité financière.

     

    Comme en avril, l’institution de Washington souligne que la tentation du protectionnisme pourrait par ailleurs fragiliser la croissance mondiale. Elle cite en outre des facteurs de risques non économiques comme les tensions géopolitiques, les clivages politiques, une gouvernance faible, la corruption ou encore les événements climatiques extrêmes, le terrorisme et les questions de sécurité. « Ces risques sont particulièrement interconnectés et peuvent se renforcer mutuellement », observe le FMI.

     

    Dans ce contexte, les décideurs politiques doivent garder les yeux rivés sur le long terme et saisir l’occasion de mener des réformes structurelles et fiscales nécessaires pour accroître les capacités de résistance en cas de chocs à venir.

     

    La semaine dernière, la directrice générale du FMI avait elle-même appelé les pays à prendre la voie des réformes. « Nous devons trouver les moyens de créer de nouveaux emplois », avait déclaré Christine Lagarde dans un discours en prélude de l’assemblée générale du FMI qui se tient cette semaine dans la capitale américaine. Elle avait notamment cité l’exemple réussi du Mexique, dont l’évolution de la législation a permis aux jeunes d’entrer plus facilement sur le marché du travail.

    Plus optimiste pour le Canada Toronto — Le Fonds monétaire international croit que la performance de l’économie canadienne comptera parmi les plus robustes des pays développés cette année et l’an prochain. Le FMI prédit une croissance de 3 % pour l’économie canadienne en 2017, soit un demi-point de pourcentage de plus que la prévision annoncée en juillet. Cela placerait le Canada devant tous les autres pays du G7 ; les États-Unis arriveraient en deuxième place avec une prévision de croissance de 2,2 %. Le FMI explique que l’accélération de la croissance canadienne est stimulée par la hausse du prix des hydrocarbures, les dépenses publiques et les politiques de la banque centrale. L’économie canadienne devrait s’améliorer de 2,1 % l’an prochain, soit 0,2 point de plus que la croissance prédite en juillet. Le Canada arriverait alors en deuxième place au sein du G7, derrière les États-Unis et leur croissance de 2,3 %.












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